Les nau­fra­gés de l’au­to­route

L’au­to­route Cler­mont­pa­ris a été cou­pée, hier, à hau­teur d’or­léans

La Montagne (Brive) - - Jeux -

Ils ont été un peu plus de 120 à pas­ser la nuit, de mar­di à mer­cre­di, au Pa­lais des Sports d’or­léans après avoir pas­sé des heures, blo­qués dans leur voi­ture sur l’au­to­route A10, à cause des inondations.

LS­té­pha­nie Ca­chi­ne­ro et Alexandre Char­rier

eurs noms : Agnès, Jo­siane, San­drine, Ah­med, Guillaume, Gla­dys. Mar­di, l’au­to­route A 10 de­vait les conduire en va­cances ou sur leur lieu de tra­vail. Mais tous se sont re­trou­vés pié­gés des heures du­rant dans leur voi­ture avant que tout ne s’ac­cé­lère, en fin de jour­née, lorsque les mi­li­taires ont fait leur ap­pa­ri­tion, char­gés de ra­tions. Di­rec­tion Or­léans (Loi­ret) et son Pa­lais des Sports. Ils étaient pré­ci­sé­ment 126 à y pas­ser la nuit. Sur des lits de camp.

Leurs voi­tures res­te­ront blo­quées en­core plu­sieurs jours sur l’au­to­route, « ce piège » qui s’est re­fer­mé sur eux. « Chaque fois que nous pom­pons l’eau, “l’éponge” qu’est de­ve­nu le sol de la fo­rêt d’or­léans rem­plit de nou­veau les “lacs” qui se sont for­més sur les voies. Il nous fau­ dra plu­sieurs jours pour les vi­der », est ve­nu leur ex­pli­quer, hier, le pré­fet de la ré­gion Centre­val de Loire, Na­cer Med­dah.

Ce n’est qu’après que les 25 dé­pan­neuses ré­qui­si­tion­nées pour­ront en­fin éva­cuer les 200 poids lourds et les 250 vé­hi­cules lé­gers. Hier ma­tin, les nau­fra­gés de l’a 10 ont d’ailleurs re­mis les clés de leur voi­ture aux au­to­ri­tés, lais­sant au pas­sage un nu­mé­ro de té­lé­phone afin d’être te­nus in­for­més de l’évo­lu­tion de la si­tua­tion. En­core cri­tique hier.

Les plus au­to­nomes ont été in­vi­tés à ré­ser­ver une chambre d’hô­tel, à ap­pe­ler un taxi. Ceux qui veulent re­par­tir se sont fait conduire jus­qu’à une agence de lo­ca­tion de vé­hi­cule. « Pen­sez bien à vous faire faire des jus­ti­fi­ca­tifs pour que nous puis­sions vous rem­bour­ser », lance une sa­la­riée de Vin­ci, l’ex­ploi­tant de l’au­to­route A10, via sa fi­liale Co­fi­route.

Les chauf­feurs font de la ré­sis­tance

Quatre­vingt­dix rou­tiers ont, eux, pas­sé la nuit de mar­di à mer­cre­di dans leur cou­chette sur cette même au­to­route. Hier après­mi­di, le pré­fet a dé­ci­dé de les faire éva­cuer à leur tour alors que le ni­veau de l’eau conti­nuait de mon­ter. L’ac­cueil fait aux mi­li­taires et aux gen­darmes char­gés de les faire mon­ter dans les ca­mions a été gla­cial. « Dans mon ca­mion, j’ai tout ce qu’il faut, c’est ma pe­tite mai­son, je n’ai pas très en­vie de par­tir pour être par­qué dans un gym­nase avec 300 per­sonnes », lance Ch­ris­tian.

Les chauf­feurs ont fait le pro­cès des au­to­ri­tés et de Vin­ci, poin­tant du doigt leur manque de ré­ac­ti­vi­té. « Je suis ren­tré sur l’au­to­route à 8 heures, à Ar­te­nay. Il y avait mar­qué “A10 dé­con­seillé” : ça veut dire quoi ? Si c’était pour nous ar­rê­ter quinze mi­nutes après, il fal­lait fer­mer tout de suite ! », s’agace un chauf­feur.

« On sait quand on part mais on ne sait pas quand on re­vien­dra », lance, fa­ta­liste, Ju­lien. Il fau­dra at­tendre en­core plu­sieurs jours avant que l’a10 – cou­pée en di­rec­tion d’or­léans, de­puis Saint­ar­noult et Tours – soit de nou­veau pra­ti­cable. ■

PHO­TO LA RÉ­PU­BLIQUE DU CENTRE

OR­LÉANS. Deux cents poids lourd ont été pris au piège sur l’a10. Ils pour­raient res­ter blo­qués en­core plu­sieurs jours, des « lacs » ali­men­tés par la fo­rêt voi­sine s’étant for­més sous la chaus­sée.

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