FRAN­ÇOIS JOBARD

La Montagne (Brive) - - Jeux -

Pré­vi­sion­niste à Mé­téo-france

En quoi les in­tem­pé­ries de ces der­niers jours sont-elles ex­cep­tion­nelles ? L’épi­sode est tout à fait ex­cep­tion­nel au ni­veau des quan­ti­tés d’eau re­cueillies. En 72 heures, de di­manche à mar­di, on a ob­ser­vé sur les ré­gions Pi­car­die, Bas­sin pa­ri­sien, nord de la ré­gion Centre, l’équi­valent de deux mois de pré­ci­pi­ta­tions. Ja­mais dans ces ré­gions on n’avait ob­ser­vé des pluies si du­rables et si in­tenses. Cet évé­ne­ment a une du­rée de re­tour de 100 ans : ce­la si­gni­fie qu’en moyenne des in­tem­pé­ries plu­vieuses si in­tenses se pro­duisent une fois par siècle. Ça ne veut pas dire que le pro­chain évé­ne­ment se pro­dui­ra dans cent ans, mais que chaque an­née, on a une chance sur cent d’avoir de telles pré­ci­pi­ta­tions.

Com­ment peut-on ex­pli­quer ces in­tem­pé­ries ? Entre sa­me­di et di­manche, il y a eu une dé­gra­da­tion ora­geuse mar­quée sur le pays, et à par­tir de di­manche, une dé­pres­sion s’est creu­sée entre le nord-est de la France et l’al­le­magne. A par­tir de di­manche, s’est consti­tuée une per­tur­ba­tion plu­vio-ora­geuse très ac­tive, avec des orages très plu­vieux en Al­le­magne qui sont re­ve­nus par la Bel­gique. La per­tur­ba­tion s’est en­suite en­rou­lée et ra­bat­tue par le nord de la France en di­rec­tion de l’ile-de-france, du Centre. L’épi­sode est ter­mi­né, mais un autre re­tour plu­vieux va ar­ri­ver par la Bel­gique [ce ma­tin]. Il se­ra d’in­ten­si­té moindre, mais il faut s’at­tendre à une crue im­por­tante de la Seine.

Y a-t-il un lien avec le chan­ge­ment cli­ma­tique ? Le chan­ge­ment cli­ma­tique n’ex­plique pas di­rec­te­ment cet épi­sode plu­vieux. C’est vrai­ment la si­tua­tion mé­téo­ro­lo­gique sy­nop­tique, c’est-à-dire la po­si­tion des an­ti­cy­clones et des dé­pres­sions, pu­re­ment due au ha­sard, à la part chao­tique de l’at­mo­sphère, qui fait qu’on a une dé­pres­sion à ce ni­veau-là et du coup des in­tem­pé­ries. Néan­moins, on est dans une an­née très chaude. Du coup, on a un air plus chaud, plus ca­pable de conte­nir de la va­peur d’eau. On a donc peu­têtre des per­tur­ba­tions plus plu­vieuses du fait du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique, mais c’est dif­fi­cile à dire. Il est cer­tain qu’une si­tua­tion dé­pres­sion­naire avec de l’air plus chaud condui­ra à plus de pluie qu’une si­tua­tion dé­pres­sion­naire avec de l’air moins chaud.

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