Clap de fin pour Go­der­zi Sh­ve­lidze ho­no­ré par le CABCL

La Montagne (Brive) - - La Une - Ben­ja­min Pom­mier Twit­ter : @Ben­ja­minpom­mier

Di­manche, le chas­seur qu’est Go­der­zi Sh­ve­lidze ti­re­ra sa « der­nière car­touche » comme il le dit lui­même. À 38 ans, le gau­cher du CABCL dis­pu­te­ra le dernier match de sa car­rière face à Pau.

38ans, seize pas­sés au haut ni­veau, trois Coupes du monde au comp­teur, 62 sé­lec­tions na­tio­nales, une avec les Bar­ba­rians, un titre en Chal­lenge Eu­ro­péen avec Cler­mont et un… 200e match de Top 14 à fê­ter, ce di­manche, face à la Sec­tion Paloise. Les chiffres sont élo­quents, la car­rière de Go­der­zi Sh­ve­lidze n’est plus à faire.

Di­manche, aux alen­tours de 23 heures, le pi­lier géor­gien en au­ra même ter­mi­né de sa vie de joueur de rugby. Pas ques­tion, tou­te­fois, pour le fu­tur re­trai­té de rac­cro­cher les cram­pons. Le Bri­viste s’ima­gine fa­ci­le­ment en­dos­ser un nou­veau cos­tume. Ce­lui d’en­traî­neur. ■ Go­der­zi, dans quel état d’es­prit êtes-vous à deux jours de votre fin de car­rière? C’est évi­dem­ment une se­maine spéciale pour moi. Tous les joueurs me chou­choutent de­puis lun­di, on me sert le ca­fé quand j’ar­rive au stade, on fait même at­ten­tion à ce que je ne me blesse pas à l’en­traî­ne­ment (rires). ■ Qu’est-ce que ce­la re­pré­sente d’avoir l’op­por­tu­ni­té de ter­mi­ner sur le ter­rain ? Je pense à mon grand ami Thi­baut Pri­vat. Lui, il n’a pas eu l’oc­ca­sion de jouer pour faire ses adieux à son public, c’est dur. Je sais le pri­vi­lège qui m’est don­né de ter­mi­ner ma car­rière sur le ter­rain. Quand j’étais plus jeune, ça date hein, je voyais des an­ciens ar­rê­ter et pou­voir jouer leur dernier match de­vant leur femme et leurs en­fants. Je m’étais alors dit que j’ai­me­rais vivre ça quand l’heure son­ne­rait. ■ La voi­là, cette fa­meuse heure… Oui, ça y est… Je ne sais pas s’il y a de la peur mais je sais qu’il va y avoir beau­coup d’émo­tions au­tour de cette ren­contre. Je vais es­sayer de ne pas pleu­rer à la fin du match mais je ne ga­ran­tis rien. Pour l’ins­tant, je ne me­sure pas en­core ce que ce­la re­pré­sente, je n’ai pas en­vie de me po­ser trop de ques­tions. ■ Quel est le se­cret pour conti­nuer de jouer à 38 ans ? Il n’y a pas de re­cette mi­racle mais il faut pou­voir gar­der la maî­trise de son corps, le res­pec­ter et ne pas faire n’im­porte quoi. Tu peux faire la fête bien sûr, mais il y a un mo­ment pour tout. Pour­quoi tu crois que cer­tains joueurs ar­rêtent leur car­rière à moins de 30 ans après de graves bles­sures ? ■ Quel re­gard por­tez-vous sur vos seize an­nées pas­sées dans le rugby pro ? Que des bons sou­ve­nirs. Très hon­ nê­te­ment, je ne re­grette rien. Et si je de­vais re­faire les mêmes choix, je n’hé­si­te­rais pas. Il faut se rendre compte que nous sommes des pri­vi­lé­giés de pou­voir vivre de notre pas­sion. Moi, quand je suis arrivé en France, je n’avais pas un cen­time en poche. La France m’a beau­coup ai­dé. J’ai presque gran­di ici, mes en­fants sont nés en France. Je dois beau­coup à ce pays. J’ai d’ailleurs pris la double na­tio­na­li­té en 2006, c’était im­por­tant pour moi.

« Pour du­rer, tu dois res­pec­ter ton corps »

■ Comment ima­gi­nez-vous la suite main­te­nant ? Je veux dé­jà ga­gner le match di­manche ! Avant de dé­bu­ter une nou­velle vie, je veux fi­nir sur une bonne note. ■ Et fi­nir sur une trans­for­ma­tion, comme l’a fait Clar­kin à Bor­deaux, ça vous dit ? Mais je n’ai ja­mais ta­pé dans le bal­lon moi (éclat de rire). Je ne sais pas faire moi un truc comme ça mais pour­quoi pas. Tout dé­pen­dra du scé­na­rio du match mais je n’y pense pas du tout. ■ Quels sont vos pro­jets d’après-car­rière ? Avec ma femme, il y a deux ans, nous nous étions po­sés la ques­tion de notre ave­nir. On se de­man­dait si on al­lait res­ter à Brive mais la ré­ponse a été vite trou­vée. Nous sommes bien ici, nos en­fants aus­si. J’ai réus­si mon bre­vet fé­dé­ral et, en sep­tembre, je vais pas­ser mon di­plôme d’état d’en­traî­neur. ■ On va donc vous re­voir aux bords des ter­rains ? Oui, mais je veux dé­sor­mais abor­der le rugby au­tre­ment. À la ren­trée, je vais aus­si me rap­pro­cher du centre de for­ma­tion du club et de cer­taines équipes de jeunes. J’ai­me­rais faire pro­fi­ter de mon ex­pé­rience aux jeunes gé­né­ra­tions. La sé­lec­tion géor­gienne ? C’est en­core beau­coup trop tôt mais pour­quoi pas un jour…. ■

PHOTO FRED LHERPINIÈRE

CLAP DE FIN. Pas­sé par Bé­ziers, Cler­mont, Mon­tau­ban et Montpellier, Go­der­zi Sh­ve­lidze a vé­cu­quatre sai­sons sous le maillot du CABCL.

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