« Il faut qu’on nous fasse confiance »

La Montagne (Brive) - - Sports Basket-ball - Mat­thieu Ma­rot Twit­ter : @Mat­thieuma­rot7

Dé­si­reux de faire une sorte de « Par­ti­zan à Li­moges » lors de l’ar­ri­vée de Dus­ko Vu­jo­se­vic, Fré­dé­ric Forte ne par­vient pas à convaincre les pro­met­teurs joueurs fran­çais de si­gner au CSP. ■ La baisse du bud­get al­loué au centre de for­ma­tion a pro­vo­qué les dé­parts du di­rec­teur Jean-françois Jou­haud et du coach Ber­trand Van But­sele (lire ci-des­sous). Comment en­vi­sa­gez-vous l’ave­nir ? On doit faire face à une di­mi­nu­tion de bud­get de 35 %. Avec plus de 5 mil­lions d’eu­ros, nous se­rons au­des­sus de la moyenne des clubs de Pro A mais on doit ré­par­tir cette baisse à tous les ni­veaux du club. La masse sa­la­riale des pros se­ra la plus im­pac­tée mais l’ef­fort doit être fait par tout le monde. ■ Le bud­get du centre de for­ma­tion de Pro A était dé­jà l’un des moins éle­vés de Pro A… On va re­ve­nir à un bud­get de l’ordre de 300.000 eu­ros comme il y a deux ans (il était d’en­vi­ron 340.000 la sai­son der­nière, ndlr). La baisse par rap­port à l’an dernier n’est pas très im­por­tante d’au­tant plus qu’avec la si­gna­ture de son pre­mier contrat pro, Vincent Fau­ché ne se­ra plus à la charge du centre de for­ma­tion. On re­garde pour faire ve­ nir d’autres joueurs dans son pro­fil qui évo­lue­ront avec les es­poirs et les pros. Après, les chiffres ne veulent pas dire grand­chose. Tout dé­pend de ce que l’on met dans le bud­get.

« Faire chan­ger les choses »

■ La baisse du bud­get du centre de for­ma­tion va à l’en­contre du dis­cours que vous te­niez lorsque Dus­ko Vu­jo­se­vic est arrivé au CSP… Quand Dule est arrivé, on vou­lait sau­ver la sai­son et es­sayer de se qua­li­fier pour une Coupe d’eu­rope. Mais aus­si tra­vailler sur la sai­son pro­ chaine pour faire une sorte de « Par­ti­zan à Li­moges ». Quand on a pris Dule, l’idée était aus­si de par­tir sur un re­cru­te­ment dif­fé­rent tout en es­sayant de ren­for­cer la struc­ture du centre de for­ma­tion. ■ La for­ma­tion n’a ja­mais été dans la culture du club. Les meilleurs ca­dets ou es­poirs fran­çais n’in­tègrent pas le centre de for­ma­tion du CSP… On es­saie de faire chan­ger les choses. L’ar­ri­vée de Dule va dans ce sens. Tout ce que l’on a vou­lu mettre en place à son ar­ri­vée a juste été dé­ ca­lé. Après, his­to­ri­que­ment nous ne sommes pas un club for­ma­teur et les jeunes qui sont do­mi­nants en es­poirs pré­tendent à évo­luer avec les pros. Ce­la est ra­re­ment arrivé chez nous. On a aus­si vu des pro­fes­sion­nels qui se di­saient très forts phy­si­que­ment et men­ta­le­ment se cra­sher ici. Du coup, les jeunes se de­mandent si c’est le meilleur en­droit pour faire leurs armes. On a aus­si un cer­tain re­tard au ni­veau du re­cru­te­ment par rap­port à d’autres clubs qui bé­né­fi­cient éga­le­ment d’un bas­sin de po­pu­la­tion plus im­por­tant. Mais on es­saie de rat­tra­per notre re­tard.

« On es­saie de rat­tra­per notre re­tard »

■ Pour Jean-françois Jou­haud, « le centre de for­ma­tion d’un club est le re­flet de sa gou­ver­nance »… Dans un club, il y a une lo­co­mo­tive et des wa­gons. La lo­co­mo­tive, c’est l’équipe pro. C’est elle qui gé­nère plein de choses pour le club. Mais au­jourd’hui, on es­saie d’in­suf­fler une nou­velle dy­na­mique et de chan­ger la vi­sion ex­té­rieure que les gens peuvent avoir du CSP. ■ Comment voyez-vous le re­cru­te­ment pour la sai­son pro­chaine ? On fait une équipe par rap­port au coach que l’on a. On au­ra un groupe de 8­9 pros, des joueurs éta­blis avec peu­têtre des noms pas ron­flants mais une men­ta­li­té dif­fé­rente, et trois jeunes. Dule veut un groupe avec des at­ti­tudes et un fonc­tion­ne­ment dif­fé­rents de ce qu’il a vu cette sai­son. La men­ta­li­té et le po­ten­tiel se­ront dé­ter­mi­nants. Pas le pas­se­port. Après, ce­la ne lui pose pas de pro­blème si le joueur a 18 ou 35 ans mais il pré­fé­re­rait qu’il en ait 18. ■ Au-de­là des es­poirs, les Fran­çais pro­met­teurs comme Ya­bu­sele, Cor­di­nier ou Les­sort ne veulent pas si­gner au CSP… On s’est po­si­tion­né sur tous. Mais on n’est pas connu pour être un club for­ma­teur et les agents, qui ont vu cer­tains de leurs joueurs se brû­ler les ailes ici, se posent des ques­tions. Il faut qu’on nous fasse confiance. On veut chan­ger mais ça prend du temps. Je ne dis pas qu’on va y ar­ri­ver. ■

PHOTO THO­MAS JOUHANNAUD

FOR­MA­TION. Fré­dé­ric Forte veut chan­ger l’image du Li­moges CSP.

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