L’opé­ra­tion dé­mi­nage est amor­cée

Che­mi­nots, rou­tiers, aé­rien : le gou­ver­ne­ment mul­ti­plie les conces­sions ca­té­go­rielles

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

À l’ap­proche de l’eu­ro et à un an de la présidentielle, le gou­ver­ne­ment, confron­té à une fronde so­ciale sans pré­cé­dent, mul­ti­plie les conces­sions, ac­cé­dant à des re­ven­di­ca­tions par­fois sans lien di­rect avec la loi Tra­vail.

La mi­nistre du Tra­vail, My­riam El Khom­ri, a clai­re­ment re­con­nu, hier, que le gou­ver­ne­ment était en train de « ré­gler cha­cune des si­tua­tions », « au cas par cas », « no­tam­ment la ques­tion de la réforme fer­ro­viaire qui n’a pas grand­chose à voir avec la loi Tra­vail ».

« Le gou­ver­ne­ment tente de dé­mi­ner le mou­ve­ment en es­sayant de lâ­cher du lest sur les de­mandes des mou­ve­ments pro­fes­sion­nels, mais il se trompe lour­de­ment avec cette tac­tique, la lutte va conti­nuer et mon­ter en puis­sance », a pour sa part es­ti­mé Fa­brice An­géi, un haut res­pon­sable CGT. ■ Rou­tiers. Les rou­tiers, qui crai­gnaient une « baisse drastique » de la ré­mu­né­ra­tion de leurs heures sup­plé­men­taires du fait de la loi Tra­vail, avaient mul­ti­plié – pen­dant une se­maine à par­tir du 17 mai – les blo­cages de voies de cir­cu­ la­tion, ponts et zones por­tuaires. Le se­cré­taire d’état aux Trans­ports, Alain Vi­da­lies, leur a pro­mis que le pro­jet de loi ne mo­di­fie­rait pas leur ré­gime « dé­ro­ga­toire » sur les heures sup­plé­men­taires. ■ Che­mi­nots. Alain Vi­da­lies a mis sur la touche le week­end dernier la di­rec­tion de la SNCF, qui né­go­ciait pour­tant de­puis fin mars un nou­vel ac­cord sur l’or­ga­ni­sa­tion du temps de tra­vail.

Contre l’avis du président Guillaume Pe­py, il a pro­mis aux syn­di­cats de che­mi­nots, en grève illi­mi­tée de­puis mar­di soir, le main­tien de l’es­sen­tiel de leur ré­gle­men­ta­tion ac­tuelle, ba­layant les es­poirs de gains de pro­duc­ti­vi­té for­més par la di­rec­tion. ■ Car­bu­rants. Le ré­seau du groupe To­tal, qui compte 2.200 sta­tions sur les 11.500 re­cen­sées en France, ne com­pre­nait plus que 153 sta­tions en rup­ture to­tale (47) ou par­tielle (106), contre 323 la veille et 815 au plus fort de la crise, le 26 mai. À la raf­fi­ ne­rie de Donges, le per­son­nel s’est dé­cla­ré, hier, « fa­vo­rable à 94 % » à la re­prise du tra­vail. ■ In­ter­mit­tents. Face à la me­nace de nou­velles ac­tions à l’ap­proche des fes­ti­vals, le gou­ver­ne­ment s’est en­ga­gé à mettre en oeuvre dès juillet l’ac­cord de branche sur le ré­gime spé­ci­fique d’as­su­rance chô­mage des in­ter­mit­tents, sans cla­ri­fier la part de son propre fi­nan­ce­ment. Cet ac­cord his­to­rique avait été una­ni­me­ment conclu, fin avril, avec la pro­fes­sion après plu­sieurs oc­cu­pa­tions de théâtres et salles de spec­tacle, dont l’odéon à Pa­ris. ■ Fonc­tion­naires, en­sei­gnants. Le gou­ver­ne­ment, qui avait an­non­cé, dès sep­tembre, une re­va­lo­ri­sa­tion des ré­mu­né­ra­tions de tous les fonc­tion­naires, en contre­par­tie d’un al­lon­ge­ment des car­rières, a dé­voi­lé sa tra­duc­tion concrète sur les feuilles de paie des en­sei­gnants à par­tir de 2017. La Cour des comptes a éva­lué le coût glo­bal de la me­sure, dé­jà ap­pli­cable de­puis jan­vier 2016 à cer­taines ca­té­go­ries d’agents publics, entre 4,5 et 5 mil­liards d’eu­ros à l’ho­ri­zon 2020. ■

AFP

BAR­RAGES LE­VÉS. Les rou­tiers ont ob­te­nu sa­tis­fac­tion.

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