Pres­sée d’en fi­nir, la SNCF veut « ac­cé­lé­rer » la né­go­cia­tion

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

La SNCF s’est ré­so­lue, hier, à « ac­cé­lé­rer » la né­go­cia­tion sur le temps de tra­vail des che­mi­nots, en avan­çant à au­jourd’hui l’ul­time réu­nion, sous la pres­sion des syn­di­cats ré­for­mistes et du gou­ver­ne­ment, qui a for­cé l’en­tre­prise à main­te­nir l’es­sen­tiel des règles ac­tuelles.

La grève à l’appel de trois syn­di­cats (CGT, Un­sa, SUD) a été sui­vie, hier, par 15,2 % des per­son­nels, toutes ca­té­go­ries confon­dues, contre 17 % la veille, selon l’en­tre­prise. Elle a été re­con­duite pour au­jourd’hui, mais cette fois sans l’un­sa, qui a an­non­cé « sus­pendre » sa par­ti­ci­pa­tion.

Après une ma­ti­née de dis­cus­sions avec la di­rec­tion, le deuxième syn­di­cat a pris sa dé­ci­sion après avoir ob­te­nu des « éclair­cis­se­ments » au pro­jet d’ac­cord trans­mis, mer­cre­di soir, par l’en­tre­prise.

Ce­pen­dant, le syn­di­cat ré­for­miste a pré­ci­sé qu’il ne « lè­ve­rait for­mel­le­ment son pré­avis qu’après l’ul­time table ronde de né­go­cia­tion avec la di­rec­tion ». Ini­tia­le­ment prévue lun­di pro­chain, elle a été – à la demande de l’un­sa – avan­cée à au­jourd’hui.

La SNCF dis­cute de­puis fin mars avec les syn­di­cats un nou­vel ac­cord d’or­ga­ni­sa­tion du temps de tra­vail, le pré­cé­dent de­ve­nant ca­duc au 1er juillet.

Mais ce qui de­vait être l’ac­cord so­cial le plus im­por­tant à la SNCF de­puis la mise en place des 35 heures à la fin des an­nées 90, a tour­né à la dés­illu­sion pour son président Guillaume Pe­py, qui es­pé­rait des di­zaines de mil­lions d’eu­ros d’éco­no­mies par an.

Le week­end dernier, pres­sé de dé­sa­mor­cer ce conflit, alors que les che­mi­nots CGT et SUD sont par­mi les plus mo­bi­li­sés contre la loi tra­vail, le se­cré­taire d’état aux trans­ports a for­cé le pa­tron de la SNCF à re­non­cer à as­sou­plir la ré­gle­men­ta­tion ac­tuelle, et no­tam­ment les règles pré­ser­vant les re­pos des che­mi­nots. Au point que toute la jour­née de lun­di, les ru­meurs de dé­mis­sion de Guillaume Pe­py ont cou­ru.

Dé­sor­mais, l’état­ma­jor de la SNCF es­père que la CFDT et l’un­sa ap­prou­ve­ront ra­pi­de­ment le pro­jet d’ac­cord, qui pour­rait être sou­mis à si­gna­ture, dès ce week­end, et que la CGT, pre­mier syn­di­cat, n’exer­ce­ra pas son droit d’op­po­si­tion. À ces condi­tions, la grève « peut s’ar­rê­ter ra­pi­de­ment », ex­plique­t­on. ■

Des « dé­ci­sions ». Ma­nuel Valls a an­non­cé, hier, qu’il pren­drait « très bien­tôt des dé­ci­sions sur la tra­jec­toire fi­nan­cière » de la SNCF.

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