Col­lomb en fai­seur de rois

Le mi­nistre Em­ma­nuel Ma­cron était re­çu hier à Lyon

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Ri­chard Ben­gui­gui rii­chard.ben­gui­gui@cen­tre­france.com

Le maire so­cia­liste de Lyon se veut le pre­mier sou­tien d’em­ma­nuel Ma­cron dans sa vo­lon­té d’éman­ci­pa­tion po­li­tique. Sa vi­site, hier à Lyon, a pris des al­lures de cam­pagne présidentielle.

Il peut pleu­voir sur Lyon et sur la France. Gérard Col­lomb a le sou­rire. Le maire de Lyon re­trouve une place au centre du jeu po­li­tique. En de­ve­nant le pre­mier sou­tien d’em­ma­nuel Ma­cron, il se joue de François Hollande et de Ma­nuel Valls. De toute ma­nière, ils n’ont ja­mais dai­gné l’ap­pe­ler à de hautes res­pon­sa­bi­li­tés. Les princes pa­ri­siens se sont tou­jours mé­fiés des sei­gneurs de pro­vince…

Le président de la puis­sante mé­tro­pole lyon­naise, âgé de 68 ans, dit s’en mo­quer. Voir sa ville en­trer dans le top 10 des ca­pi­tales eu­ro­péennes suf­fi­rait à son bon­heur. Pas si sûr…

Les ré­seaux lyon­nais mis à dis­po­si­tion

Au fond, il est per­sua­dé que le suc­cès de Lyon, en ras­sem­blant les ac­teurs, pri­vés et publics, en dé­pas­sant les cli­vages po­li­tiques, peut ser­vir de mo­dèle à un pays en proie à la déses­pé­rance. Pour le co­fon­da­teur du cou­rant ré­for­miste au sein du PS, Em­ma­nuel Ma­cron est le plus à même de por­ter ce mes­sage « de ma­nière ra­fraî­chis­sante » alors que Ma­nuel Valls, qu’il sou­te­nait jus­qu’ici, est em­pê­tré dans le dé­bat sur la loi tra­vail et semble usé.

As­sor­ti de tous les condi­tion­nels pos­sibles, Gérard Col­lomb est sor­ti du bois le 16 mai dernier en dé­cla­rant sur BFM TV sou­hai­ter que le mi­nistre de l’éco­no­mie s’en­gage dans la course à la présidentielle de 2017. Hier, il est al­lé plus loin en met­tant ses ré­seaux lyon­nais à dis­po­si­tion.

Un mil­lier de chefs d’en­tre­prise, d’ar­chi­tectes, de créa­tifs, de di­ri­geants de start­up se sont pres­sés dans les sa­lons do­rés de l’hô­tel de ville pour écou­ter re­li­gieu­se­ment le mi­nistre… ou fu­tur can­di­dat. Au pre­mier rang, était as­sise l’an­cienne pré­si­dente cen­triste du conseil ré­gio­nal Anne­ma­rie Com­pa­ri­ni.

Une réu­nion as­sez am­bi­guë. Le titre de mi­nistre n’était pas même men­tion­né sur le pu­pitre. Dans son dis­cours, Em­ma­nuel Ma­cron n’a pas ci­té une seule fois le gou­ver­ne­ment, ni le président de la Ré­pu­blique. Il fait l’im­passe sur l’ac­tua­li­té du mo­ment pré­fé­rant li­vrer sa vi­sion du pays, par­lant certes d’éco­no­mie mais aus­si d’école, de ré­fu­giés, d’eu­rope… Ter­mi­nant son pro­pos par une ré­fé­rence à Don Qui­chotte et aux « rêves un peu fous » qu’il faut sa­voir pour­suivre.

« Après ce dis­cours, c’est clair qu’il se­ra can­di­dat », veut croire Maxime, re­pré­sen­tant lyon­nais du mou­ve­ment ma­cro­niste En marche !.

Gérard Col­lomb l’a clai­re­ment en­cou­ra­gé à pour­suivre son ac­tion. « Ce qui sé­duit en vous, c’est que vous te­nez un lan­gage neuf, que vous ex­pri­mer des idées qui cor­res­pondent à la so­cié­té d’au­jourd’hui. Je suis per­sua­dé qu’une par­tie de la so­cié­té at­tend le si­gnal […]. Cher Em­ma­nuel, la ve­nue de beau­coup ici est un acte de confiance. À toi de mon­trer que tu es à même de ré­pondre à cette es­pé­rance. »

Le maire de Lyon confie­ra en­suite avoir évo­qué avec Em­ma­nuel Ma­cron dans la voi­ture qui les condui­sait à l’hô­tel de ville la polémique du mo­ment sur son as­su­jet­tis­se­ment à L’ISF. « On lui cherche des poux dans la tête. Je lui ai dit qu’il fal­lait qu’il s’at­tende à d’autres dif­fi­cul­tés. Parce que le che­min que tu traces, un cer­tain nombre de gens vont es­sayer de l’em­pê­cher. » ■

AS­CEN­SION. Dans l’ombre d’em­ma­nuel Ma­cron, le maire de Lyon, Gérard Col­lomb. Photo RB

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