Une IRM car­diaque opé­ra­tion­nelle au centre hos­pi­ta­lier

TULLE. Cet équi­pe­ment der­nier cri a coû­té 50.000 eu­ros. Une cin­quan­taine d’exa­mens ont été dé­jà réa­li­sés de­puis le mois d’oc­tobre 2015.

La Montagne (Brive) - - La Une - Dra­gan Pé­ro­vic dra­gan.per­ovic@cen­tre­france.com

Ils connaissent par­fai­te­ment bien le coeur de l’homme. De­puis fin jan­vier, le centre hos­pi­ta­lier de Tulle est le 2e hô­pi­tal en Li­mou­sin (après le CHU de Limoges) à pro­po­ser une Ima­ge­rie par Ré­so­nance Ma­gné­tique (IRM) car­diaque. Une cin­quan­taine d’exa­mens ont été dé­jà ef­fec­tués de­puis.

Une IRM car­diaque, ke­sa­ko ? Il s’agit d’un lo­gi­ciel spé­ci­fique gref­fé sur L’IRM gé­né­ra­liste de l’hô­pi­tal, ins­tal­lée de­puis le mois de juin 2014. Il per­met d’ob­te­nir des images dy­na­miques du coeur et d’ana­ly­ser aus­si bien l’ana­to­mie que la com­po­si­tion des tis­sus, la fonc­tion, le dé­bit san­guin ou la per­fu­sion du myo­carde.

Son avan­tage im­por­tant : il n’y a pas de rayons X ou d’iso­tope ra­dio­ac­tifs, ce qui per­met une uti­li­sa­tion sans risque et ré­pé­ tée, si né­ces­saire. L’ac­qui­si­tion de cet équi­pe­ment a né­ces­si­té un in­ves­tis­se­ment de 50.000 €.

Pour quelles pa­tho­lo­gies ? Une IRM car­diaque offre des don­nées d’une très grande pré­ci­sion. De nom­breuses pa­tho­lo­ gies sont concer­nées. Chez les pa­tients dia­bé­tiques, on peut re­cher­cher des in­farc­tus si­len­cieux, chez ceux qui sont hy­per­ten­dus, il s’agit de dé­pis­ter, entre autres, une sté­nose des ar­tères, ou une tu­meur sur­ré­na­lienne. Peuvent être exa­mi­né aus­si les pa­tients souf­frant de risques car­dio­vas­cu­laires, d’in­suf­fi­sance car­diaque ou des pa­tho­lo­gies pul­mo­naires ch­ro­niques…

Qui en­voie les pa­tients ? Ce sont les car­dio­logues qui en­voient leurs pa­tients au CH de Tulle, pour com­plé­ter les ex­plo­ra­tions car­diaques clas­siques et les in­for­ma­tions re­cueillies. Ce sont leurs de­mandes pré­cises qui per­mettent d’orien­ter l’exa­men.

« L’IRM car­diaque est très utile quand on a un doute, on cherche une cause, une ré­ponse que les exa­mens stan­dards sont in­ca­pables de nous don­ner, ex­plique le doc­teur Alain Guillon. Elle per­met par­fois de re­dres­ser le diag­nos­tic. »

Comment se dé­roule l’exa­men ? Le pa­tient est al­lon­gé sur le dos dans un tun­nel fer­mé. Trois élec­trodes non ma­gné­tiques sont pla­cées sur son tho­rax, dont la fré­quence car­diaque va ryth­mer la réa­li­sa­tion des images en coupe, en 2 D ou 3D. Cet exa­men n’est pas dou­lou­reux, par contre, il dure 45 mi­nutes en moyenne (et par­fois même une heure). Les pa­tients sont in­vi­tés à faire de nom­breuses apnées de 10 à 15 se­condes cha­cune, ce qui fa­tigue les plus fra­giles. Un pro­duit de contraste pa­ra­ma­gné­tique est in­jec­té pen­dant l’exa­men. Il faut pré­voir 2 heures entre l’ar­ri­vée à l’hô­pi­ tal et la fin de l’exa­men.

Qui in­ter­prète les images ? L’exa­men est ef­fec­tué sous la res­pon­sa­bi­li­té conjointe des doc­teurs Cy­rille Bou­logne (CHU de Limoges) et Anas Alexis Ché­bib (CH de Tulle). Ils in­ter­prètent les ré­sul­tats le jour même, sauf cas par­ti­cu­lier. Un compte ren­du co­si­gné par les deux spé­cia­listes est adres­sé au car­dio­logue trai­tant sous 48 heures.

Et bien­tôt ? « On avait dé­jà l’écho­gra­phie dop­pler de­puis long­temps, on a main­te­nant aus­si L’IRM car­diaque. Tout ce­la va être com­plé­té par l’ar­ri­vée d’un scan­ner ul­tra­ra­pide qui va nous per­mettre à par­tir du mois d’oc­tobre de faire une ima­ge­rie car­diaque et co­ron aro gra­phique très so­phis­ti­quée et peu ir­ra­diante, conclut le doc­teur Ché­bib. » ■

L. FAYET

AU TRA­VAIL Deux ma­ni­pu­la­trices ont sui­vi une for­ma­tion spé­ci­fique pour tra­vailler sur la nou­velle IRM car­diaque, la se­conde dans la ré­gion Li­mou­sin.

PHO­TO : LOUIS FAYET

DER­NIER CRI. L’IRM car­diaque offre des don­nées d’une très grande pré­ci­sion.

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