« Sans Limoges, il n’y au­rait rien eu »

Marc Dal Ma­so re­vient sur la re­mon­tée de L’USAL et la de­mi­fi­nale face à Gre­noble

La Montagne (Brive) - - Sports -

Il y a bien­tôt 10 ans, l’an­cien ta­lon­neur in­ter­na­tio­nal per­met­tait à L’USAL de re­trou­ver la Pro D2. Une ex­pé­rience qui, au-de­là de la re­mon­tée, au­ra chan­gé le cours de sa car­rière. pas­ser le ri­deau, à trou­ver des so­lu­tions avec le jeu de­bout et on a fi­ni par mar­quer. Sur la fin, je crois qu’on do­mine en mê­lée. Ça se fait sur l’en­vie avec l’aide du pu­blic qui a été vrai­ment ex­cep­tion­nel.

« Limoges m’a ai­dé à mettre un pre­mier pied dans ce monde de fous »

■ Les deux se­maines entre les matchs ont-elles été dif­fi­ciles à gé­rer ? On avait onze points de re­tard. Il fal­lait rat­tra­per un point par jour. On a es­sayé de bien di­gé­rer cette dé­faite. On avait fait jusque­là un bon par­cours mais notre sai­son com­men­çait vé­ri­ta­ble­ment en de­mi­fi­nales. C’était un ren­dez­vous im­por­tant pour le club qui avait fait le né­ces­saire pour re­mon­ter de suite.

■ Cette de­mi-fi­nale reste plus marquante que la fi­nale per­due une se­maine plus tard contre Gaillac à Lourdes (21-18) ? La fi­nale, je n’en par­le­rai pas… L’ob­jec­tif c’était la mon­tée. Après, on n’a pas su gé­rer les jours qui ont sui­vi. Est­ce que tout le monde a fait le né­ces­saire pour pré­pa­rer cette fi­nale ? Ça…

■ Le choix de ve­nir à Limoges a-t-il été dif­fi­cile ? Oui j’ai hé­si­té, obli­ga­toi­re­ment. Quand tu es tout seul, qu’il faut par­tir à 350 km… Mais c’était le mo­ment. Il fal­lait que je m’isole pour sa­voir ce dont j’étais ca­pable.

■ Quelle place oc­cupe Limoges dans votre car­rière ? Un co­pain m’avait dit : « Tu ne pour­ras de­ve­nir en­traî­neur que lorsque tu par­ti­ras loin de chez toi. Tente l’ex­pé­rience car elle res­te­ra à ja­mais gra­vée dans ta vie ». C’est le cas. J’ai eu la chance d’avoir vé­cu un mo­ment ex­cep­tion­nel. Limoges m’a ai­dé à mettre un pre­mier pied dans ce monde de fous. Même si avec Phi­lippe Le­veau (pré­sident de la SASP, ndlr )ça ne s’est pas très bien pas­sé sur la fin, il m’a don­né la chance d’en­traî­ner pour la pre­mière fois un club qua­si­ment pro­fes­sion­nel et les moyens d’ar­ri­ver aux ob­jec­tifs fixés. Et ça, je l’en re­mer­cie car ça a été une ex­pé­rience en­ri­chis­sante qui m’a fait connaître des gens pas­sion­nés par le rug­by et une ré­gion où je ne se­rais sans doute ja­mais al­lé. Ça reste une très belle sai­son aux cô­tés de Ra­phaël Steyer, un tra­vailleur de l’ombre hors normes, de Mi­chel La­cotte qui était tou­jours avec moi, avec qui j’ai pas­sé des mo­ments ex­tra­or­di­naires, Mi­chel Re­lier et tant d’autres.

■ Cette ex­pé­rience semble vous avoir vrai­ment mar­qué… Elle m’a fait gran­dir en tant qu’homme et naître comme en­traî­neur. S’il n’y avait pas eu Limoges, il n’y au­rait pas eu tout le reste. J’en suis per­sua­dé. Si je n’avais pas dit oui à Limoges, je ne pense pas que j’au­rai en­traî­né des se­niors. Après, je suis al­lé à Mont­de­mar­san. Limoges pour moi, c’est mes dé­buts. Je ne veux pas l’ou­blier, je ne veux sur­tout pas l’ou­blier.

■ Vous in­té­res­sez-vous en­core aux ré­sul­tats de L’USAL ? J’es­père que les di­ri­geants ar­ri­ve­ront à trou­ver des so­lu­tions pour per­mettre au club d’ac­cé­der en Pro D2 et de le pé­ren­ni­ser avec le nou­veau stade. La Pro D2 est de­ve­nue un très beau cham­pion­nat avec une belle cou­ver­ture mé­dia­tique.

« Quand j’y re­pense, j’ai eu beau­coup de chance »

■ Cer­tains de vos an­ciens joueurs sont de­ve­nus en­traî­neurs… Oui j’ai vu ça. Seb Bon­net, Jé­rôme Fi­li­to­ga…

■ Mais aus­si Yan­nick Oua­dec… Non (in­cré­dule)… Yan­nick Oua­dec en­traî­neur (rires).

■ Jé­rôme Fi­li­to­ga vous a ci­té comme mo­dèle. (Il marque un temps d’ar­rêt). Ah bon… Ah ouais… Le voir en­traî­neur ne me sur­prend pas plus que ça. C’est un gar­çon qui était fin dans son ana­lyse, qui po­sait beau­coup de ques­tions en vi­déo.

■ Deux ans après, avec le Stade mon­tois, vous dé­cro­chez la mon­tée en Top 14 à Beau­blanc face au Ra­cing… Quand j’ai ap­pris qu’on jouait à Beau­blanc, je sa­vais qu’on ne pou­vait pas perdre. J’ai été au bon en­droit au bon mo­ment. Quand j’y re­pense, j’ai quand même eu beau­coup de chance. Deux mon­tées en Top 14, une en Pro D2.

■ Quel rôle tient le rug­by dans votre vie ? Il oc­cu­pe­ra en­core une place im­por­tante. En­fin, je n’en sais rien (rires). ■

CONCEN­TRA­TION. Il reste une poi­gnée de se­condes dans les ar­rêts de jeu ce 11 juin 2006. Marc Dal Ma­so reste concen­tré alors que sur le banc, Cy­rille Char­rier, Yan­nick Oua­dec et Craig Thor­ni­ley com­mencent à réa­li­ser. La dé­li­vrance est proche.

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