10 % de gré­vistes per­turbent la SNCF

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

L’exas­pé­ra­tion gagne du ter­rain face à la Cgt-che­mi­not. «On a quand même l’im­pres­sion qu’à chaque fois qu’il y a une avan­cée, ils changent de su­jet pour jus­ti­fier la pour­suite de la grève », se­lon le mi­nistre Alain Vi­da­lies.

La SNCF s’ins­talle dans la grève en at­ten­dant l’ul­time réunion de né­go­cia­tion sur le tra­vail des che­mi­nots pré­vue lun­di. Pour le troi­sième jour consé­cu­tif, le tra­fic reste très per­tur­bé, in­dé­pen­dam­ment des inon­da­tions, même si seule­ment 10 % des sa­la­riés étaient en­core, se­lon l’en­tre­prise, en grève hier.

Le taux de gré­vistes, tous per­son­nels confon­dus, a chu­té de 5 points par rap­port à la veille et de 7 points par rap­port à mer­cre­di, pre­mier jour de cette grève re­con­duc­tible. La SNCF n’a pas com­mu­ni­qué la pro­por­tion de conduc­teurs mo­bi­li­sés, tra­di­tion­nel­le­ment forte.

Seuls les syn­di­cats mo­bi­li­sés contre la loi tra­vail pour­suivent dé­sor­mais le mou­ve­ment : la Cgt­che­mi­nots, Sud­rail, ain­si que FO (non re­pré­sen­ta­tif ).

L’un­sa, sa­tis­faite des « éclair­cis­se­ments » ap­por­tés par l’en­tre­prise concer­nant le pro­jet d’ac­cord sur le temps de tra­vail, l’a « sus­pen­du » jeu­di. La CFDT avait pour sa part le­vé dès lun­di son pré­avis à l’is­sue d’un wee­kend in­tense de trac­ta­tions avec le se­cré­taire d’état aux trans­ports, Alain Vi­da­lies.

« In­com­pré­hen­sible »

Pour le gou­ver­ne­ment, qui fait face à des blo­cages dans les raf­fi­ne­ries de­puis quinze jours et main­te­nant dans les centres de trai­te­ment des dé­chets, le temps presse, à sept jours de l’eu­ro de foot­ball. Ma­nuel Valls a ju­gé « pas com­pré­hen­sible » la pour­suite de la grève, en es­ti­mant qu’« à la SNCF et dans le trans­port fer­ro­viaire, les par­te­naires so­ciaux ont sur la table un pro­jet qui ga­ran­tit un haut ni­veau de pro­tec­tion des sa­la­riés ».

Il a éga­le­ment an­non­cé pour « très bien­tôt » des « dé­ci­sions sur la tra­jec­toire fi­nan­cière » de la SNCF, sans plus de pré­ci­sion.

Même ton chez Alain Vi­da­lies : « il est temps d’en­re­gis­trer les avan­cées et de re­prendre le tra­vail », a­t­il dit hier.

La SNCF dis­cute de­puis fin mars avec les syn­di­cats une nou­velle or­ga­ni­sa­tion du temps de tra­vail, le pré­cé­dent ac­cord de­ve­nant ca­duc au 1er juillet. Pa­ral­lè­le­ment, le su­jet a don­né lieu ces der­niers mois à d’im­por­tantes né­go­cia­tions, au ni­veau de la branche, pour bâ­tir une pre­mière conven­tion col­lec­tive com­mune à toutes les en­tre­prises du rail (fret/voya­geurs, pri­vé/pu­blic).

Pe­py dé­çu

Pour désa­mor­cer le conflit, Alain Vi­da­lies a for­cé le pa­tron de la SNCF, Guillaume Pe­py, à re­non­cer à as­sou­plir la ré­gle­men­ta­tion ac­tuelle, no­tam­ment sur l’en­ca­dre­ment des re­pos des che­mi­nots. Le di­ri­geant comp­tait sur cet ac­cord pour abais­ser ses coûts avant l’ou­ver­ture to­tale à la concur­rence.

Il y a « un pro­jet d’ac­cord sur l’or­ga­ni­sa­tion du tra­vail (à la SNCF) en­core plus fa­vo­rable que ce­lui exis­tant et un pro­jet de conven­tion col­lec­tive de bon ni­veau », s’est fé­li­ci­té Di­dier Aubert, de la Cfdt­che­mi­nots. « Ceux qui font grève au­jourd’hui n’ont plus de rai­son, sauf politique », a­t­il dé­non­cé.

Gi­rouette

Les dis­po­si­tions en vi­gueur à la SNCF ne sont « ab­so­lu­ment pas pré­ser­vées », ré­torque la CGT­Che­mi­nots, pre­mière force syn­di­cale, sur la­quelle re­pose en grande par­tie l’is­sue du conflit. Soit elle exerce son droit d’op­po­si­tion et l’ac­cord est re­to­qué, soit elle s’abs­tient et le rend va­lide.

Mais avant de se pro­non­cer, la CGT de­mande la ré­ou­ver­ture des dis­cus­sions au ni­veau de la branche, of­fi­ciel­le­ment closes par L’UTP, qui re­groupe la SNCF et les en­tre­prises fer­ro­viaires pri­vées. Un pro­jet d’ac­cord est ou­vert à la si­gna­ture jus­qu’au 8 juin. Comme SUD, elle pointe « l’écart » entre ce texte et le pro­jet d’ac­cord d’en­tre­prise, qui pour­rait fa­vo­ri­ser les concur­rents de la SNCF et le dum­ping so­cial.

« On a quand même l’im­pres­sion qu’à chaque fois qu’il y a une avan­cée, ils changent de su­jet pour jus­ti­fier la pour­suite de la grève », a com­men­té Alain Vi­da­lies.

Pour hier, il était en­core pré­vu des per­tur­ba­tions im­por­tantes, comme les deux jours pré­cé­dents. ■

« So­li­da­ri­té ». Le pré­sident de la SNCF Guillaume Pe­py a dit hier sou­hai­ter la sus­pen­sion de la grève au nom de la « so­li­da­ri­té » avec les Fran­çais qui su­bissent no­tam­ment les consé­quences des intempéries.

AFP

GUILLAUME PE­PY. Le pa­tron de la SNCF a ap­pe­lé les deux der­niers syn­di­cats dans le conflit à la « so­li­da­ri­té » avec les Fran­çais. Re­fus des in­té­res­sés.

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