Casse­tête pour fi­nan­cer les nou­velles dé­penses

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Jeunes, cher­cheurs, en­sei­gnants, col­lec­ti­vi­tés lo­cales… La liste des dé­penses nou­velles et des dé­penses ca­té­go­rielles pro­mises par le gou­ver­ne­ment s’al­longe se­maine après se­maine. Un casse-tête en pers­pec­tive pour Bercy, qui va de­voir faire preuve d’ima­gi­na­tion pour bou­cler son bud­get 2017.

Exit la ri­gueur mise en oeuvre – à dé­faut d’être re­ven­di­quée – lors des pre­mières an­nées du quin­quen­nat ? Fran­çois Hol­lande, en­glué dans une po­pu­la­ri­té au plus bas à moins d’un an de la pré­si­den­tielle, a mul­ti­plié les an­nonces ces der­niers jours, face à la grogne so­ciale qui agite le pays.

Cri­ti­qué par plu­sieurs per­son­na­li­tés du monde scien­ti­fique, le chef de l’état a d’abord re­non­cé aux an­nu­la­tions de cré­dits de 134 mil­lions d’eu­ros pré­vues en 2016 sur le bud­get des or­ga­nismes de re­cherche, dans le cadre d’un dé­cret d’avance va­li­dé par Bercy.

Mar­di, ce sont les re­va­lo­ri­sa­tions de sa­laires pour les en­sei­gnants, moins bien payés en France que dans le reste de L’OCDE, qui ont été dé­taillées. Bi­lan de cette hausse, éche­lon­née sur plu­sieurs an­nées : 500 mil­lions d’eu­ros en 2017, puis un mil­liard en 2020.

Marges de ma­noeuvre

Le chef de l’état a en­fin ac­cé­dé à la de­mande des élus lo­caux, en an­non­çant jeu­di une di­mi­nu­tion de deux à un mil­liard d’eu­ros de la baisse des do­ta­tions de l’état aux com­munes en 2017, et la re­con­duc­tion pour un an du fonds d’in­ves­tis­se­ment d’ur­gence créé en 2016, por­té à 1,2 mil­liard d’eu­ros.

Ces conces­sions, qui s’ajoutent a une longue liste de me­sures an­non­cées de­puis le dé­but de l’an­née (plan pour l’em­ploi, aides aux agri­cul­teurs, ga­ran­tie jeunes…) viennent alour­dir la fac­ture des nou­velles dé­penses pour l’état. À charge pour Bercy de trou­ver les clés pour ré­soudre cette dif­fi­cile équa­tion bud­gé­taire.

Pour 2016, la hausse des dé­penses de­vrait a prio­ri être conte­nue. Dé­but mai, le gou­ver­ne­ment les éva­luait à quatre mil­liards d’eu­ros, un chiffre à la por­tée des fi­nances pu­bliques. « Le dé­fi­cit a été moins éle­vé que pré­vu en 2014 et 2015. Ça a don­né des marges de ma­noeuvres », rap­pelle ain­si Raul Sam­po­gna­ro, de L’OFCE.

L’ad­di­tion se­ra en re­vanche plus sa­lée pour 2017, an­née où les me­sures an­non­cées en­tre­ront plei­ne­ment en vi­gueur, à l’image de la re­va­lo­ri­sa­tion du point d’in­dice des fonc­tion­naires.

« C’est fai­sable »

Le gou­ver­ne­ment, qui a pro­mis à Bruxelles de ra­me­ner le dé­fi­cit pu­blic sous la barre des 3 % l’an­née pro­chaine, pour­ra­t­il te­nir cet ob­jec­tif ? « C’est mal en­ga­gé », juge Alain Tran­noy, di­rec­teur de re­cherche à L’EHESS, pour qui ces dé­penses nou­velles sont « dif­fi­ci­le­ment com­pa­tibles avec une ré­duc­tion du dé­fi­cit »

« C’est fai­sable » mais « à condi­tion que la re­prise de la crois­sance se confirme », es­time pour sa part Va­lé­rie Ra­bault, rap­por­teure PS du Bud­get à l’as­sem­blée na­tio­nale, qui rap­pelle qu’« un point de crois­sance en plus » rap­porte « 10 mil­liards de re­cettes sup­plé­men­taires ». ■

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