Le tra­vail tem­po­raire re­part

La Montagne (Brive) - - Magazine - Jean-laurent Mau­rel

Le mar­ché du tra­vail exige de plus en plus de sou­plesse. Cette évo­lu­tion ex­plique le rôle crois­sant que joue la pro­fes­sion de l’in­té­rim. Cette der­nière n’a pas at­ten­du la re­prise éco­no­mique pour se re­dres­ser, mais avec dis­pa­ri­tés se­lon les sec­teurs.

Le tra­vail tem­po­raire, en France, n’a pas at­ten­du la re­prise éco­no­mique et en­core moins l’amé­lio­ra­tion du mar­ché de l’em­ploi, qui ne date que de deux mois, pour se re­dres­ser.

Dès le pre­mier tri­mestre 2015, une in­flexion fa­vo­rable s’est fait sen­tir au ni­veau du chiffre d’af­faires de la pro­fes­sion en France. Puis, de mois en mois, la si­tua­tion s’est amé­lio­rée. Au pre­mier tri­mestre de 2016, l’ac­ti­vi­té a pro­gres­sé de 8 %. Tous les in­di­ca­teurs de la pro­fes­sion, les heures pres­tées comme le nombre d’in­té­ri­maires en mis­sion, sont bien mieux orien­tés.

Forts contrastes

En re­vanche, toutes les ré­gions n’ont pas évo­lué de la même fa­çon, la pro­gres­sion étant de 3,5 % en Au­vergne sur six mois (de no­vembre à avril), avec une ac­cé­lé­ra­tion à 7,3 % en avril. Par sec­teur d’ac­ti­vi­té, il existe aus­si de forts contrastes. Ces der­niers mois, l’automobile, le trans­port et la lo­gis­tique ont été très dy­na­miques. À l’in­verse, la conjonc­ture dans la cons­truc­tion reste mo­rose, no­tam­ment dans les tra­vaux pu­blics, qui ne de­vraient pas se sta­bi­li­ser avant l’an pro­chain.

La pro­fes­sion reste un in­di­ca­teur avan­cé puisque sa sor­tie du bas de cycle s’est faite bien avant celle de l’en­semble de l’éco­no­mie na­tio­nale. Après une crise ou, du moins, un ra­len­tis­se­ment éco­no­mique, les em­ployeurs font ap­pel au tra­vail tem­po­raire avant de s’en­ga­ger sur des re­cru­te­ments de per­son­nels en CDD ou CDI. Les contraintes du mar­ché du tra­vail poussent à cette lo­gique. S’en­ga­ger dans un re­cru­te­ment durable né­ces­site de la part des em­ployeurs d’être sûrs que l’em­bel­lie se­ra durable.

Mais, au­de­là de cette amé­lio­ra­tion conjonc­tu­relle, l’ap­pé­tence pour le tra­vail tem­po­raire de­vient struc­tu­relle dans tous les pays. Même dans ceux où la culture li­bé­rale do­mine, et donc pour les­quels la flexi­bi­li­té est pra­ti­quée sur le mar­ché du tra­vail, le re­cours à l’in­té­rim peut être très im­por­tant. C’est le cas no­tam­ment aux États-Unis, où le mar­ché de l’in­té­rim est le plus gros de la pla­nète.

Mo­bi­li­té

Du cô­té de l’offre, les sa­la­riés sont aus­si moins fi­dèles à une en­tre­prise qu’ils ne l’étaient au­pa­ra­vant et sont de plus en plus à la re­cherche d’une plus grande li­ber­té dans leur vie pro­fes­sion­nelle. Par ailleurs, la mo­bi­li­té géo­gra­phique est aus­si à l’oeuvre. Or les so­cié­tés de tra­vail tem­po­raire sont sou­vent ap­pe­lées à suivre leurs clients dans les dif­fé­rentes ré­gions et à l’in­ter­na­tio­nal.

Sur le plan bour­sier, les trois so­cié­tés co­tées à Pa­ris ont réa­li­sé un par­cours ex­tra­or­di­naire ces trois der­nières an­nées – 250 % de hausse pour Groupe Crit et DLSI, et 200 % pour Sy­ner­gie –, avant même que l’ac­ti­vi­té re­prenne. En res­tau­rant les marges, le CICE (Cré­dit d’im­pôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’em­ploi) a joué un rôle fon­da­men­tal dans cette ap­pré­cia­tion. ■

PHO­TO AFP

BI­LAN. Ces der­niers mois, l’automobile, le trans­port et la lo­gis­tique ont été très dy­na­miques, mais la conjonc­ture dans la cons­truc­tion reste mo­rose.

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