« C’est un choix ju­ri­dique, pas po­li­tique »

Après la ma­ni­fes­ta­tion de ven­dre­di, le maire de Brive, Fré­dé­ric Sou­lier, rassure sur l’ave­nir du Rex

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Lae­ti­tia Sou­lier lae­ti­tia.sou­lier@cen­tre­france.com

« Le Rex ne fermera pas ». Le maire de Brive l’af­firme et se dit prêt à re­lan­cer une DSP même si pour l’heure, le pas­sage en ré­gie est ju­ri­di­que­ment in­con­tour­nable.

Suite à la ma­ni­fes­ta­tion de ven­dre­di, qui a ame­né 400 fer­vents dé­fen­seurs du ci­né­ma Rex, sous ses fe­nêtres, le maire de Brive, Fré­dé­ric Sou­lier se veut ras­su­rant. Il ex­pose la si­tua­tion et n’ex­clut pas la re­lance d’une dé­lé­ga­tion de ser­vice pu­blic, vé­ri­table point d’achop­pe­ment dans ce dos­sier. Il a re­çu du­rant deux heures une dé­lé­ga­tion de six per­sonnes consti­tuées de re­pré­sen­tants des Amis du Rex (voir par ailleurs).

■ Les Amis du Rex sont in­quiets pour l’ave­nir du ci­né­ma, la qua­li­té de la pro­gram­ma­tion. Que leur avez-vous dit ? Je pense les avoir ras­su­rés. On a bien dis­cu­té. C’était apai­sé. La Ville as­su­re­ra la conti­nui­té du Rex dans ses mis­sions, y com­pris en terme d’art et es­sai. Le Rex ne va pas fer­mer ! La Ville n’a ja­mais eu l’in­ten­tion de fer­mer quoi que ce soit. Le 1er juillet, nous ren­trons dans une pé­riode de ré­gie. Les Amis du Rex sont at­ta­chés à une dé­lé­ga­tion de ser­vice pu­blic et nous n’écar­tons pas l’hy­po­ thèse d’une re­lance de pro­cé­dure. S’ils ont une vo­ca­tion à être opé­ra­teurs de­main, pour­quoi pas être can­di­dat ? Mais entre l’ap­pel d’offres et la dé­ci­sion fi­ nale, il peut se pas­ser dix­huit mois. Ce­la doit re­pas­ser en Conseil mu­ni­ci­pal.

■ La pro­lon­ga­tion de la DSP ac­tuelle n’est-elle pas pos­sible ? Non, elle a dé­jà été re­pro­lon­gée en 2014 pour un an et fin 2015 pour six mois de plus. La ré­gie est de­ve­nue in­con­tour­nable. C’est un choix ju­ri­dique, pas po­li­tique. Il y a eu deux can­di­dats, une seule offre pour la DSP (celle de l’as­so­cia­tion du Rex N.D.L.R.) qui n’était pas re­ce­vable avec 60.000 eu­ros de­man­dés en plus des 168.000 € que donne la mai­rie. L’offre pré­voyait aus­si une suc­ces­sion avec le di­rec­teur de Sar­lat. Brive peut se dé­brouiller par ses propres moyens. Nous n’avons pas be­soin du di­rec­teur de Sar­lat pour ex­ploi­ter Brive ! L’offre au­rait été dans les clous, c’était, “cir­cu­lez il n’y a rien à voir”. Il n’y avait au­cune rai­son que l’on ne pour­suive pas.

■ Il n’y a donc pas de dif­fi­cul­té avec le di­rec­teur Ber­nard Du­roux ? Je n’ai au­cune dif­fi­cul­té avec lui. Il a fait du tra­vail pour le Rex et il faut le lui re­con­naître. Il n’y a pas de pro­blème de per­sonne même si je ne peux pas em­pê­cher les gens de le dire.

■ Qu’en est-il des per­son­nels ? Nous les re­pre­nons. On re­prend les choses telles qu’elles sont. Rien en plus, rien en moins. L’ob­jec­tif est d’as­su­rer la conti­nui­té des mis­sions. Une dame m’a de­man­dé si elle pour­rait conti­nuer à al­ler à sa séance de 11 heures, je lui ai dit oui. Le ser­vice se­ra main­te­nu tel qu’il est au­jourd’hui. On n’a pas vo­ca­tion à bais­ser quoi que ce soit et ce ne sont pas les élus qui fe­ront la pro­gram­ma­tion. La pé­riode de ré­gie dé­mon­tre­ra qu’il n’y a pas pé­ril. Ce n’est pas une abo­mi­nable so­lu­tion. J’ob­serve qu’avec ce dos­sier, on est dans une ap­proche in­verse de ce qui se passe ha­bi­tuel­le­ment. Une mu­ni­ci­pa­li­sa­tion de­vrait ras­su­rer. On a beau­coup de choses en ré­gie au­jourd’hui. C’est un confort pour l’usa­ger.

■ La fer­me­ture cet été est-elle iné­luc­table ? Il faut une pas­se­relle entre la fin de la DSP et le dé­but de la ré­gie. J’ima­gine que la pro­gram­ma­tion est ca­lée. On va tout faire pour que le Rex ne ferme pas cet été. Un di­rec­teur est en cours de re­cru­te­ment. Je suis res­pec­tueux des pro­cé­dures. On a des pistes.

■ Avez-vous des re­grets sur la ges­tion de ce dos­sier ? C’est par­ti d’une question en Conseil mu­ni­ci­pal. J’y ai ré­pon­du. Je n’ima­gi­nais pas ça. Je n’ai pas vu le coup ar­ri­ver mais vous sa­vez on n’est dupe de rien. En­tendre dire que le Rex va fer­mer, c’est de la dés­in­for­ma­tion. Je n’ac­cepte pas que l’on soit trai­té de cri­mi­nels de la culture. Le ci­né­ma Art et es­sai a toute sa place dans la pro­duc­tion cultu­relle. Je rap­pelle que la Ville de Brive consacre 9 mil­lions d’eu­ros dans la pro­duc­tion cultu­relle. Notre in­ten­tion, c’est de pous­ser le dé­ve­lop­pe­ment du pôle ré­gio­nal de l’image. C’est un atout et c’est co­hé­rent avec le ci­né­ma Rex, sans ou­blier les élèves de d’ar­son­val. ■

AR­CHIVES.

FRÉ­DÉ­RIC SOU­LIER. « Le Rex ne fermera pas ».

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