Hol­lande mise sur l’eu­ro dé­ri­va­tif

C’est une nou­velle se­maine de ten­sions qui dé­bute à quelques jours du lan­ce­ment de l’eu­ro

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Ber­nard Sté­phan ber­nard.ste­phan@cen­tre­farnce.com

In­vi­té, hier soir, de l’émis­sion de France In­ter L’oeil du Tigre sur le thème de l’eu­ro 2016, le pré­sident de la Ré­pu­blique a évo­qué les va­leurs du sport dans un contexte so­cial tou­jours ten­du.

Le foot­ball ce n’est pas la po­li­tique, mais comme ça y res­semble ! C’est ain­si que lorsque sur France In­ter la question a été po­sée, Fran­çois Hol­lande a eu cette ré­ponse : « Rien n’est fait, rien n’est joué. Il y a l’es­prit d’équipe. C’est l’es­prit et le ca­rac­tère qui fondent une équipe et font son suc­cès. »

Le chef de l’état n’est pas un néo­phyte en ma­tière de foot­ball. C’est à Rouen où il a vé­cu son en­fance qu’il s’est ini­tié au bal­lon rond, il a lui­même joué lors­qu’il était ado­les­cent, il a été un sup­por­ter pas­sion­né pour les diables rouges du FC Rouen et il a sui­vi les pé­ri­pé­ties du club pré­si­dé pen­dant qua­rante ans par Ro­bert Dio­chon.

Et lorsque Jacques Ven­droux, grande voix du jour­na­lisme spor­tif sur France In­ter qui par­ti­ra à la re­traite après l’eu­ro, a de­man­dé à Fran­çois Hol­lande quel au­rait été son rêve de jeune : « Être l’avant­centre du FC Rouen », a­t­il ré­pon­du.

Mis­sion su­pé­rieure de l’équipe de France

L’eu­ro c’est aus­si l’eu­rope. Et ce­la ne pou­vait pas échap­per à l’homme qui a tou­jours été un mi­li­tant de l’eu­rope, fils spirituel de Jacques De­lors : « L’eu­ro, a ex­pli­qué Fran­çois Hol­lande c’est un temps qui fé­dère, il donne une image de l’eu­rope aux jeunes. » Et, a ajou­té le pré­sident de la Ré­pu­blique, l’eu­ro va réunir sur les stades des équipes de na­tions qui sont en si­tua­tion de ten­sion au­jourd’hui. Il va aus­si mettre en confron­ta­tion des na­tions qui ont eu une his­toire forte, ain­si Al­le­magne­po­logne ou Au­tri­cheHon­grie. « Il s’agit de gestes forts, de mettre en­semble ceux qui à un mo­ment ont été sé­pa­rés. »

Concer­nant l’équipe de France à la­quelle il a ren­du vi­site hier soir (lire ci­contre), Fran­çois Hol­lande a rap­pe­lé qu’elle n’est pas une simple équipe de foot­ ball, elle est l’équipe na­tio­nale, elle porte nos cou­leurs et à cet égard elle a une mis­sion su­pé­rieure.

Cette mis­sion su­pé­rieure, Fran­çois Hol­lande l’a aus­si vue dans la sym­bo­lique d’un grand spor­tif, mort il y a quelques heures, le boxeur Mo­ha­med Ha­li. « Pour être un grand spor­tif, a com­men­té le pré­sident, il faut avoir por­té une idée plus forte que son suc­cès spor­tif. C’est le cas pour Mo­ha­med Ali qui était un grand mi­li­tant des droits ci­viques. C’était un grand. Vous sa­vez, il frap­pait comme un lourd, mais il pi­quait comme une guêpe ! »

Il n’échap­pe­ra à per­sonne que Fran­çois Hol­lande es­père que l’eu­ro se­ra si­non un dé­ri­va­tif pour la France sous pres­sion, en tous les cas un mo­ment d’apai­se­ment et de re­trou­vailles.

Évo­quant le mou­ve­ment so­cial et la suite éven­tuelle d’une grève des che­mi­nots, le pré­sident a sou­li­gné que « per­sonne ne com­pren­drait » que les grèves, à la SNCF ou à Air France, gênent les spec­ta­teurs.

Se­maine so­ciale en­core sous ten­sion

Il est vrai que la se­maine qui s’ouvre n’au­gure pas un re­tour à la nor­male. Outre un ap­pel à la grève à la SNCF par la CGT et SUD, un nou­vel ap­pel a été lan­cé dans l’éner­gie et à Air France par les pi­lotes.

Si on a consta­té un re­tour à la nor­male dans les sta­tions ser­vice, quatre raf­fi­ne­ries sur huit res­taient blo­quées hier soir.

Le gou­ver­ne­ment est tou­jours à la ma­noeuvre pour dé­mi­ner, le Se­cré­taire d’état Alain Vi­da­lis a tou­jours la main à la SNCF et il pour­rait la prendre à Air France.

Quant à l’in­ter­syn­di­cale an­ti­loi El Kho­me­ri, elle ne désarme pas, ayant ap­pe­lé à une grande ma­ni­fes­ta­tion na­tio­nale à Pa­ris le 14 juin, jour du dé­but du dé­bat de­vant le Sé­nat.

C’est donc dans ce contexte que va dé­bu­ter l’eu­ro 2016, ven­dre­di 10 juin avec France­rou­ma­nie. Et ce­ci, sur fond de me­naces ter­ro­ristes. Fran­çois Hol­lande a confir­mé que la sé­cu­ri­té est sa prio­ri­té avec 90.000 per­sonnes mo­bi­li­sées et la vo­lon­té de faire de l’eu­ro 2016, mal­gré tout, « un ren­dez­vous ex­cep­tion­nel ». ■ Hol­lande à huis clos chez les Bleus Fran­çois Hol­lande s’est ren­du, hier soir, à Clai­re­fon­taine, pour en­cou­ra­ger l’équipe de France de foot­ball, à cinq jours du match d’ou­ver­ture de l’eu­ro2016 qui op­po­se­ra les Bleus à la Rou­ma­nie. « Je vais leur dire que j’ai confiance en eux, en leurs di­ri­geants, en leur en­traî­neur Di­dier Des­champs, en Noël Le Graet (pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de foot­ball,

Ils ne doivent pas seule­ment jouer le meilleur foot­ball, ils ont un rôle de re­pré­sen­ta­tion. Il faut qu’ils se concentrent sur la com­pé­ti­tion, qu’ils ne se laissent pas per­tur­ber, em­por­ter par le reste », a-t-il confié au Lors de cette ren­contre à huis clos, le chef de l’état se se­rait abs­te­nu, tou­jours se­lon le d’évo­quer la po­lé­mique sur la mise à l’écart de Ka­rim Ben­ze­ma et de la non-sé­lec­tion d’ha­tem Ben Ar­fa. « Ces dé­bats ne sont pas utiles. Ce qui compte, c’est l’équipe. On est choi­si en équipe de France parce qu’on est un bon joueur, pas parce qu’on vient de telle ré­gion, qu’on a telle ori­gine. » Grand ama­teur de foot, le pré­sident de la Ré­pu­blique as­sis­te­ra, ven­dre­di, au coup d’en­voi de la com­pé­ti­tion au Stade de France, in­dique l’ély­sée.

AFP

D’AT­TAQUE. Jacques Ven­droux a of­fert, hier, le maillot de Ma­rius Tré­sor à Fran­çois Hol­lande, sous les yeux du di­rec­teur de Ra­dio France, Ma­thieu Gal­let.

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