Pas question de ga­gner de l’ar­gent sans tra­vailler

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Les Suisses ont re­je­té mas­si­ve­ment hier (à 78 %) la créa­tion d’un re­ve­nu de base pour tous, sa­la­riés ou sans em­ploi.

L’ini­tia­tive po­pu­laire « pour un re­ve­nu de base in­con­di­tion­nel » (RBI), sou­mise par un groupe sans af­fi­lia­tion po­li­tique, avait pour­tant de quoi sé­duire. Elle pro­po­sait de ver­ser chaque mois à tous les Suisses et aux étran­gers vi­vant dans le pays de­puis au moins cinq ans une somme de 2.500 francs suisses (2.260 eu­ros) par adulte, qu’il ait ou non dé­jà un em­ploi, et 650 francs suisses pour chaque mi­neur.

Mais aus­si gé­né­reuse soit­elle, l’idée qu’on puisse re­ce­voir de l’ar­gent sans contre­par­tie ap­pa­raît in­con­ce­vable aux yeux d’une grande ma­jo­ri­té des Suisses qui portent aux nues la va­leur tra­vail.

En 2012 dé­jà, in­quiets de voir leur com­pé­ti­ti­vi­té bais­ser au ni­veau in­ter­na­tio­nal, les élec­teurs suisses avaient re­fu­sé de por­ter leurs congés payés de quatre à six se­maines.

L’ini­tia­tive était sou­te­nue par le seul par­ti des Verts, le gou­ver­ne­ment et les autres par­tis po­li­tiques dé­non­çant un pro­jet uto­ pique et trop coû­teux.

Mal­gré l’échec sans ap­pel, les or­ga­ni­sa­teurs de la consul­ta­tion se sont dits néan­moins sa­tis­faits du ré­sul­tat et cé­lé­braient leur « de­mi­vic­toire ».

Vieux rêve

Ser­gio Ros­si, pro­fes­seur d’éco­no­mie et membre du co­mi­té de sou­tien au RBI, pré­fère lui aus­si voir le verre à moi­tié plein.

« Une per­sonne sur cinq a vo­té pour le re­ve­nu in­con­di­tion­nel de base, il s’agit dé­jà d’un suc­cès », a­t­il com­men­té. Pour lui, l’im­por­tant est que les ci­toyens com­mencent à ré­flé­chir à cette idée, « qu’il fau­dra tôt ou tard mettre en oeuvre ». Il at­tend no­tam­ment de connaître la pro­por­tion des jeunes ayant vo­té en fa­veur du RBI.

« C’est un vieux rêve, un peu mar­xiste. Plein de bons sen­ti­ments ir­ré­fu­tables mais sans ré­flexion éco­no­mique », avait dé­cla­ré le di­rec­teur du Centre in­ter­na­tio­nal d’études mo­né­taires et ban­caires à Ge­nève, Charles Wy­plosz, avant le scru­tin. Se­lon lui, si le lien entre la ré­mu­né­ra­tion et le tra­vail est cou­pé, « les gens en fe­ront moins ». ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.