Des tests pas as­sez fiables

Près de 150 pa­tients vont dé­po­ser plainte contre des la­bo­ra­toires

La Montagne (Brive) - - Jeux -

Quelque 150 pa­tients at­teints de la ma­la­die de Lyme s’ap­prêtent à dé­po­ser plainte contre des la­bo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques, aux­quels ils re­prochent de com­mer­cia­li­ser des tests qui n’ont pas per­mis de les diag­nos­ti­quer.

«Les pa­tients re­prochent aux la­bo­ra­toires de ne pas as­su­rer la fia­bi­li­té des tests qu’ils pro­posent », in­diquent Maîtres Ju­lien Fou­ray et Ca­the­rine Faivre, deux des avo­cats re­pré­sen­tant les plai­gnants. La plainte, qui pren­dra la forme d’une ac­tion re­grou­pée de ces ma­lades, se­ra dé­po­sée « cou­rant juin » dans une ju­ri­dic­tion qui reste à dé­fi­nir.

Ba­sés sur un pré­lè­ve­ment san­guin, les tests in­cri­mi­nés de type « Éli­sa » sont pro­duits par une de­mi­dou­zaine de la­bo­ra­toires, no­tam­ment Bio­mé­rieux et Dia­so­rin. Ils ré­sultent d’un consen­sus de soins éta­bli par les au­to­ri­tés sa­ni­taires en 2006, sur la base de di­rec­tives va­lables pour des souches amé­ri­caines trans­mises par les tiques. Pro­po­sés dans les la­bo­ra­toires d’ana­lyses mé­di­cales, ces tests avaient été mis en cause par un rap­port du Haut Conseil de la san­té pu­blique dif­fu­sé en no­vembre 2014. « Ce rap­port po­sait dé­jà clai­re­ment la question de la fia­bi­li­té des tests », com­mente Me Fou­ray. « La dif­fi­cul­té est qu’on dé­piste Lyme par la bor­ré­liose qui est une bac­té­rie. Jus­qu’à main­te­nant on dé­pis­tait seule­ment la souche américaine. Mais cette souche est mi­no­ ri­taire en Eu­rope. On est cer­tain de pas­ser à cô­té du diag­nos­tic », ajoute­t­il. « Plus Lyme est dé­tec­té tôt, plus ses ef­fets sont ju­gu­lés, en re­vanche si on laisse la ma­la­die évo­luer, on se re­trouve avec des pa­tho­lo­gies in­va­li­dantes », sou­ligne­t­il.

Les pa­tients, de tous les âges, se plaignent des ef­fets in­va­li­dants pro­vo­qués par un diag­nos­tic re­tar­dé. Les pa­tho­lo­gies consta­tées vont « de l’éry­thème mi­grant à la pa­ra­ly­sie to­tale », pré­cise Me Faivre. « Cer­tains ma­lades sont en chaise rou­lante. Il y a aus­si des en­fants qui sont at­teints », ajoute­t­elle.

C’est l’as­so­cia­tion « Lyme sans fron­tières », ba­sée à Stras­bourg qui a no­tam­ment pous­sé les ma­lades à sai­sir les ju­ri­dic­tions. « Éli­sa laisse de cô­té 50 % des ma­lades, qui partent dans l’er­rance mé­di­cale pour se soi­gner », es­time Ma­rie­claude Perrin, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion, dé­non­çant un « dé­ni cri­mi­nel des au­to­ri­tés sa­ni­taires ».

27.000 nou­veaux cas de Lyme, une ma­la­die trans­mise par les tiques, sont dé­cla­rés chaque an­née en France, mais ce chiffre se­rait en réa­li­té beau­coup plus im­por­tant en rai­son d’un dé­faut de dé­tec­tion. Dé­tec­tée trop tar­di­ve­ment, la ma­la­die de Lyme peut avoir des consé­quences neu­ro­lo­giques graves pour les ma­lades. ■

In­for­ma­tion. La Jour­née sur les ma­la­dies vec­to­rielles à tiques et in­fec­tions froides au­ra lieu le di­manche 19 juin, à Stras­bourg. Uni­que­ment sur ré­ser­va­tion, ins­crip­tion et ren­sei­gne­ments : contact@as­so­cia­tion­ly­me­sans­fron­tières.com

PHO­TO LE BER­RY RÉ­PU­BLI­CAIN

TIQUE. Pe­tit mais re­dou­table vec­teur de Lyme.

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