Le centre de Mey­mac sonne creux

La Montagne (Brive) - - La Une - Ma­lik Ke­bour

■ COM­MERCE. Le deuxième épi­sode de notre sé­rie « Six jours chez vous » s’in­té­resse à la si­tua­tion du centre­ville mey­ma­cois, de plus en plus dé­ser­té par les com­mer­çants.

■ ÉTAT DES LIEUX. Les lo­caux sou­vent vé­tustes ou aban­don­nés de­viennent par­fois des bou­lets pour des pro­prié­taires qui peinent à trou­ver des re­pre­neurs.

■ OP­TI­MISME. Tout n’est pas per­du puisque cer­tains en­tre­pre­neurs n’hé­sitent pas à se lan­cer afin de dé­jouer les pronostics en por­tant des pro­jets in­no­vants. C’est le cas d’une épi­ce­rie qui ver­ra le jour dans les pro­chains mois à Mey­mac.

Le glis­se­ment des po­pu­la­tions vers la pé­ri­phé­rie et les com­munes alen­tours a fait du centre-ville de Mey­mac un mu­sée du pas­sé dont les vi­trines rap­pellent que le bourg n’a pas tou­jours été aus­si dé­sert.

Les rues ré­sonnent dans Mey­mac. Non pas que les ri­ve­rains grouillent rue de la Croix ou dans la Grand rue. C’est da­van­tage le si­lence que l’on en­tend en cher­chant les portes ou­vertes au mi­lieu des vi­trines éteintes.

« Je ne sais plus quoi faire du lo­cal »

Re­ve­nu dans le cen­tre­ville, à deux pas de la fon­taine dans la­quelle il bar­bo­tait dans les an­nées 1940, Mau­rice Wa­j­den­feld n’en re­vient pas. L’homme de 78 ans se sou­vient de la vie qui écla­bous­sait le bourg mal­gré la guerre. Bien sûr, les maux dont souffre Mey­mac soixan­te­dix ans plus tard ne frappent pas seule­ment cette com­mune. Entre la pé­riode évo­quée par Mau­rice Wa­j­den­feld et au­jourd’hui, le nombre d’ha­bi­tants est sen­si­ble­ment le même. En re­vanche, la ré­par­ti­tion a évo­lué. En dé­ser­tant le bourg, les ri­ve­rains l’ont peu à peu éteint.

La Grand rue qui scinde le centre est celle où l’on ren­contre le plus de com­merces. Fer­més pour la plu­part. Or, sur vingt lo­caux, douze ont la porte close et ren­forcent ain­si cet air de dé­sert. Ces lo­caux sont an­ciens, aban­don­nés et ne ré­pondent plus aux normes ac­tuelles. Les dé­parts en re­traite de com­mer­çants ont son­né le glas de cer­taines échoppes qui ne re­trou­ve­ront plus de re­pre­neurs.

Après la fer­me­ture de la su­pé­rette place de l’église il y a deux ans, Jean­luc Cou­ty se re­trouve avec 300 m² sur les bras. « Presque un bou­let », dé­plore ce re­trai­té de 63 ans. « J’ai connu Mey­mac il y a vingt ans, au­jourd’hui il n’y a rien à faire. Un com­merce ferme et c’est le jeu de do­mi­nos. » De­puis le Var où il vit, ce pro­prié­tai­ re qui dit payer 580 € de taxe fon­cière par mois s’in­ter­roge : « Je ne sais même plus quoi faire du lo­cal. Il y a trente ans, c’était une va­leur sûre. Là, je n’ai au­cun contact sé­rieux. » Son pes­si­misme rompt avec l’en­thou­siasme de Co­rinne Blan­chard. Tom­bée amou­reuse de

Mey­mac, elle a quit­té Poi­tiers pour ou­vrir son ca­bi­net de shiat­su près de Clau del pais il y a moins d’un an. « Sans re­gret ». Pour elle, ré­veiller le coeur de ville est « une ques­tion de res­pon­sa­bi­li­té ». De tous. « Si on veut plus de com­merces, d’ac­ti­vi­té, il faut ache­ter et consom­mer lo­cal », sug­gère­t­elle. Ce­la tombe bien, l’épi­ce­rie Pêl Mêl ou­vri­ra ses portes à l’au­tomne dans la Grand rue. Et c’est son cre­do. ■

PHO­TOS AGNÈS GAU­DIN

DÉPEUPLÉE. Les rues du centre-ville ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Beau­coup de lo­caux sont fer­més

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