Les joies de vieillir sont à por­tée de main

La Montagne (Brive) - - Chez Nos Voisins Dordogne -

Lors de la ren­contre or­ga­ni­sée par L’ARES (ate­lier de ré­flexion éthique et so­ciale) le 19 mai sur le thème « les joies de vieillir », le doc­teur Ge­ne­viève De­moures ou­vrait les dé­bats : « Dans vieillir il y a vie, et c’est ça l’im­por­tant, car vieillir c’est ne pas mou­rir. La réa­li­té c’est que, con­trai­re­ment aux pré­ju­gés cou­rants, 47 % des plus de 90 ans vont bien ».

Alors que toutes les so­cié­tés pro­tègent et va­lo­risent les an­ciens, la so­cié­té ac­tuelle ac­cuse, re­jette et déshu­ma­nise les per­sonnes âgées. Le vieillis­se­ment est dis­si­mu­lé, dé­nié, re­fou­lé. De­ve­nus im­pro­duc­tifs, les re­trai­tés ne sont plus qu’un frein à l’ex­pan­sion éco­no­mique dans ce sys­tème de pen­sée.

Or, le vieillis­se­ment et la mort sont des évo­lu­tions na­tu­relles qui doivent être ac­cep­tées si on veut vivre se­rei­ne­ment le temps qui nous reste à vivre.

La vie d’un hu­main peut être dé­crite en trois pé­riodes sé­pa­rées par des crises exis­ten­tielles. Une pé­riode d’ap­pren­tis­sage jus­qu’à l’ado­les­cence. Suit la pé­ riode de ma­tu­ri­té, d’au­to­no­mie, de per­for­mance, de pro­duc­tion. Vient en­fin la pé­riode où on en­vi­sage sa fi­ni­tude, ses li­mites et sa propre mort. La qua­li­té de vie de cette der­nière par­tie de vie est très dé­pen­dante de la ma­nière dont ont été vé­cues les pé­riodes pré­cé­dentes. Si l’on ré­sout ses pro­blèmes de pos­ture ou d’image de soi, on peut jouir des joies de la vieillesse.

Con­trai­re­ment aux cli­chés ha­bi­tuels, les per­sonnes âgées de plus de 75 ans vivent à 91 % à do­mi­cile. Seules 9 %, ma­lades, vivent en EHPAD.

Les par­ti­ci­pants s’in­ter­rogent sur les ef­fets de la re­traite, le coût des sé­jours en EHPAD, la ma­la­die d’alz­hei­mer…

« On ne de­vient pas vieux pour avoir vé­cu un cer­tain nombre d’an­nées, on de­vient vieux parce qu’on a dé­ser­té son idéal. Les an­nées rident la peau, re­non­cer à son idéal ride l’âme. Les pré­oc­cu­pa­tions, les doutes, les craintes et les déses­poirs sont les en­ne­mis qui, len­te­ment, nous font pen­cher vers la terre et de­ve­nir pous­sière avant la mort » Gé­né­ral Mac Ar­thur (1945). ■

REN­CONTRE. Le doc­teur De­moures ani­mait cette réunion ou l’on a par­lé des joies de vieillir.

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