Le tis­su a te­nu le coup

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - BRU­NO MÈGE bru­no.mege@cen­tre­france.com

Le dou­lou­reux épi­sode des inon­da­tions, dont on pou­vait es­pé­rer hier qu’il soit en voie d’achè­ve­ment, n’au­ra pas, pour l’heure, gé­né­ré de po­lé­mique sur la fa­çon dont les pou­voirs pu­blics, lo­caux ou éta­tiques, l’ont gé­ré. Bien sûr, quatre morts et 24 bles­sés, c’est dé­jà beau­coup trop. Mais sur les lieux tou­chés, élus, res­pon­sables de la sé­cu­ri­té et ha­bi­tants s’ac­cordent à dire que le bi­lan hu­main au­rait pu être plus lourd si tout – ou presque – n’avait pas bien fonc­tion­né.

« Tout », c’est-à-dire les alertes météo, le sys­tème de pré­vi­sion des crues, les ser­vices mu­ni­ci­paux char­gés d’aver­tir les ha­bi­tants, les in­ter­ven­tions des pom­piers (ou autres) pour l’éva­cua­tion des per­sonnes me­na­cées, l’or­ga­ni­sa­tion de l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence, etc. Ajou­tons le dé­voue­ment re­mar­qué de nombre d’élus lo­caux et les mul­tiples ma­ni­fes­ta­tions de so­li­da­ri­té entre conci­toyens, et voi­là que se des­si­ne­rait presque le pay­sage d’une France – du Centre, mais pas seule­ment – dont le tis­su so­cial tient fort bien le coup en cas de pro­blème in­opi­né et d’une gra­vi­té cer­taine. Les que­relles gau­loises cessent lorsque sur­vient un dan­ger qui me­nace tous les clans, au­rait dit… As­té­rix.

Il y a tout de même quelques bé­mols à si­gna­ler. D’abord, cer­tains des nau­fra­gés de l’a10 ont pu à bon droit trou­ver le temps un peu long dans leur voi­ture : tout au­tant que des se­cours ra­pides, un ou des bas­sins de ré­ten­tion sup­plé­men­taires au­raient été les bien­ve­nus. En­suite, quelques cas fla­grants d’in­cons­cience ont été ob­ser­vés : ba­dauds s’aven­tu­rant beau­coup trop près d’une ri­vière en crue ; ha­bi­tants re­ga­ gnant, mal­gré l’in­ter­dic­tion, leur mai­son sub­mer­gée. Dans ce der­nier exemple, il est vrai que la dé­tresse tient lieu de cir­cons­tance (très) at­té­nuante.

Reste à abor­der un pro­blème qui, si l’on ose dire, se si­tue bien en amont : ce­lui de l’oc­cu­pa­tion des sols. En voyant les images aé­riennes de cer­taines com­munes sous les eaux, un pro­fane ne pou­vait que se po­ser la ques­tion des construc­tions en « zone inon­dable », une no­tion qui semble dé­sor­mais bien floue. Mais faire re­tom­ber la faute sur les maires est une ex­pli­ca­tion un peu ra­pide : ils ne sont que le der­nier maillon de la chaîne sur la­quelle s’exerce la pres­sion fon­cière.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.