Ma­cron es­suie des jets d’oeufs

Le mi­nistre de l’éco­no­mie a su­bi l’hos­ti­li­té de ma­ni­fes­tants

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Une bous­cu­lade, des slo­gans, un oeuf dans les che­veux : le mi­nistre de l’éco­no­mie Emmanuel Ma­cron, ve­nu cé­lé­brer le Front po­pu­laire, a su­bi hier à Mon­treuil l’hos­ti­li­té de ma­ni­fes­tants de la CGT et du PCF op­po­sés à la loi Tra­vail.

Alors qu’il se ren­dait dans un bu­reau de poste de cette com­mune voi­sine de Pa­ris pour inau­gu­rer un timbre cé­lé­brant le 80e an­ni­ver­saire du Front po­pu­laire, le mi­nistre a été ac­cueilli par une pe­tite cen­taine de ma­ni­fes­tants de la CGT et du PCF au cri de « Casse­toi ! ».

Dans la bous­cu­lade, le mi­nistre a re­çu un oeuf sur la tête. « Le sham­pooing aux oeufs, je pré­fère le faire moi­même », a­t­il lan­cé, sans se dé­mon­ter. « Je désap­prouve et je condamne pro­fon­dé­ment mais ils n’ont au­cun im­pact sur moi ni sur ma dé­ter­mi­na­tion », a­t­il as­su­ré.

« Plu­tôt en grève qu’en cos­tard », « un cos­tard à rayures pour les exi­lés fis­caux », « at­ten­tion de­main mi­nuit der­nier dé­lai pour payer L’ISF » ou en­core « nos t­shirts sont plus ré­sis­tants que vos che­mises » : les slo­gans fai­saient clai­re­ment al­lu­sion aux po­lé­miques ré­centes qui ont fait perdre des points de po­pu­la­ri­té à l’an­cien pro­té­gé de Fran­çois Hol­lande.

« Pré­ser­ver l’exis­tant, c’est se condam­ner »

Chantre d’un li­bé­ra­lisme de gauche, ce­lui qui a fait de la lutte contre les blo­cages qui en­travent la crois­sance son cre­do s’est en­suite ren­du dans les lo­caux de l’en­tre­prise Per­mis Ma­lin, qui loue des voi­tures à double com­mande, ce qui per­met de ré­duire le coût du per­mis de conduire. À l’is­sue de sa vi­site, il a dé­non­cé « les com­por­te­ments in­ac­cep­tables » d’« agi­ta­teurs pro­fes­sion­nels ». Tout en ré­af­fir­mant sa convic­tion que « pré­ser­ver l’exis­tant, c’est se condam­ner ».

Di­manche, le maire PCF de Mon­treuil, Pa­trice Bes­sac, a fait sa­voir qu’il ne re­ce­vrait pas le membre d’un gou­ver­ne­ment ayant tra­hi se­lon lui les idéaux du Front po­pu­laire. « On ne peut pas dire qu’on veut re­ve­nir sur le mo­dèle so­cial fran­çais et ve­nir à Mon­treuil, où est le siège de la CGT, inau­gu­rer un timbre consa­cré au Front po­pu­laire », a­t­il dit. « J’ai re­çu les membres du gou­ver­ne­ment cinq fois, mais trop c’est trop ! » a ajou­té le maire de cette com­mune po­pu­laire. Le dé­pu­té PS de Seine­saint­de­nis Raz­zy Ham­ma­di s’est lui of­fus­qué de la pré­sence de membres du ca­bi­net du maire par­mi les ma­ni­fes­tants. « La com­mu­ni­ca­tion po­li­ti­cienne ne doit pas rem­pla­cer le mi­ni­mum d’ac­cueil ré­pu­bli­cain », at­il re­gret­té. ■

AFP

CHAHUTÉ. Ar­ri­vée agi­tée pour Emmanuel Ma­cron, hier à Mon­treuil (Seine-saint-de­nis).

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