Un Eu­ro sous ten­sion

Les ser­vices spé­cia­li­sés ont la han­tise d’un acte ter­ro­riste

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

À quelques jours de l’eu­ro, la pos­si­bi­li­té d’un at­ten­tat me­né par une cel­lule qui n’au­rait pas été dé­tec­tée donne des cau­che­mars aux ser­vices spé­cia­li­sés.

Forces de sé­cu­ri­té et de ren­sei­gne­ment fran­çaises sont mo­bi­li­sées comme ja­mais pour l’eu­ro de foot­ball (10 juin ­ 10 juillet), sept mois après les at­ten­tats is­la­mistes de Pa­ris et de Saint­de­nis, en marge du match ami­cal France­al­le­magne au Stade de France. « Au point de vue pré­pa­ra­tion, on a fait du mieux qu’on pou­vait », confie ano­ny­me­ment un res­pon­sable de la lutte an­ti­ter­ro­riste, non au­to­ri­sé à s’ex­pri­mer pu­bli­que­ment. « Ça mo­bi­lise vrai­ment tout le monde : la po­lice, la gen­dar­me­rie, pas mal de mi­li­taires, beau­coup de moyens tech­niques mi­li­taires. Le seul pro­blème, c’est la me­nace. Et là, très hon­nê­te­ment, je suis in­quiet », ajoute­t­il. « Ce que nous crai­gnons sur­tout ce sont des gars qui se­raient dé­jà sur place, en Eu­rope. Et a prio­ri, c’est le cas », af­firme­t­il. « Des gars sta­tion­nés en Al­le­magne par exemple, qu’on n’a pas vu pas­ser, que les Al­le­mands n’ont pas re­pé­rés, qui se tiennent à car­reau de­puis. On a ré­ta­bli cer­taines fron­tières, mais les fron­tières, faut pas rê­ver, c’est in­con­trô­lable. »

« Mes­sage di­rect »

Un évé­ne­ment qui s’est pro­duit le 13 mai à des mil­liers de ki­lo­mètres de la France a as­som­bri le ta­bleau : l’at­taque par des hommes ar­més d’un ca­fé de la pe­tite ville ira­kienne de Ba­lad, où les sup­por­teurs lo­caux du Real Ma­ drid ont l’ha­bi­tude de se re­trou­ver. Bi­lan de ces at­taques re­ven­di­quées par le groupe État is­la­mique (EI) : au moins seize morts. « Dans le genre carte pos­tale en­voyée à l’eu­ro, c’est pas mal… Un mes­sage di­rect », es­time le même res­pon­sable. « C’était peut­être pour nous ef­frayer, au­quel cas c’est réus­si. »

Le consen­sus est to­tal sur le fait que la France est une cible, et même ac­tuel­le­ment la cible nu­mé­ ro 1 du groupe État is­la­mique. « Nous sa­vons que Daech pla­ni­fie de nou­velles at­taques, et la France est clai­re­ment vi­sée » a ré­cem­ment dé­cla­ré le di­rec­teur gé­né­ral de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI), Pa­trick Cal­var. « Elle existe, la me­nace » même s’il « ne faut ja­mais se lais­ser im­pres­sion­ner », a sou­li­gné di­manche le pré­sident de la Ré­pu­blique, Fran­çois Hol­lande.

La se­maine der­nière, le dé­par­te­ment d’état amé­ri­cain a émis un aver­tis­se­ment sans équi­voque : « Les stades de l’eu­ro, les fan zones et tous les lieux qui dif­fu­se­ront le tour­noi en France et à tra­vers l’eu­rope re­pré­sentent des cibles po­ten­tielles pour des ter­ro­ristes. » Ces lieux se­ront étroi­te­ment sur­veillés, leurs ac­cès fil­trés. Mais les at­taques de Pa­ris en no­vembre contre des ter­rasses ont prou­vé qu’en ou­vrant le feu sur ce que les spé­cia­listes ap­pellent des « cibles molles », ras­sem­ble­ments de ci­vils pris au ha­sard, on ob­tient un im­pact ter­ro­ri­sant iden­tique, voire su­pé­rieur. Un bar bon­dé at­ta­qué et l’eu­ro se trou­ve­rait sym­bo­li­que­ment tou­ché. ■

AFP

FAN ZONE. Cible po­ten­tielle des ter­ro­ristes, ici à Mar­seille.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.