Cinq rai­sons d’y croire pour les Bleus

Pour­quoi les Bleus de Di­dier Des­champs peuvent triom­pher de­vant leur pu­blic

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 - Laurent Cal­mut Twit­ter : @lau­rent­cal­mut

Au mo­ment d’or­ga­ni­ser son Eu­ro, l’équipe de France fait par­tie des pays fa­vo­ris pour le titre. Pour au moins cinq rai­sons.

Une ac­co­lade. Et un pe­tit mot au creux de l’oreille. Juste avant le coup d’en­voi de France ­ Écosse, sa­me­di, Ai­mé Jac­quet a re­trou­vé son an­cien ca­pi­taine. Pour lui souf­fler un conseil, à quelques jours de l’eu­ro ?

Pas sûr. Car la convic­tion de Di­dier Des­champs est dé­jà faite. « Nous ne sommes pas là pour faire de la fi­gu­ra­tion, ex­pli­quait­il avant le der­nier succès de ses joueurs en pré­pa (3­0). C’est un cham­pion­nat d’eu­rope. On se­ra dans la dif­fi­cul­té et, à l’ar­ri­vée, il n’y au­ra qu’un seul vain­queur. »

La France est bien chez 1 elle. Et un, et deux, et trois... titres à do­mi­cile ? Après l’eu­ro 84, la Coupe du monde 98, l’eu­ro 2016 en France per­met­tra­t­il aux Bleus de dé­cro­cher un nou­veau sacre in­ter­na­tio­nal en tant que pays or­ga­ni­sa­teur ? Pos­sible.

Pos­sible, mais pas ga­gné. Au­cune na­tion n’a d’ailleurs rem­por­té l’eu­ro sur ses terres de­puis... 1984 et le sacre de Pla­ti­ni et sa bande. Pour au­tant, la France a l’ha­bi­tude de bous­cu­ler ce genre de sta­tis­tiques. Et de se ser­vir de

« cette fer­veur qui doit per­mettre aux joueurs de se su­bli­mer », dixit Des­champs. Le onze tri­co­lore reste d’ailleurs le der­nier à avoir rem­por­té la Coupe du monde chez lui. Mon­dial et Eu­ro confon­dus, ce­la en fait un cas unique de­puis 1978.

Une sa­crée force de 2 frappe. On a sou­vent poin­té du doigt la fra­gi­li­té dé­fen­sive de l’équipe de France. Mais la force des Bleus, en 2016, ré­side d’abord dans son po­ten­tiel of­fen­sif.

Même pri­vés de Ben­ze­ma ou Ben Arfa, les Fran­çais conservent une ar­ma­da consé­quente. « Des joueurs de classe mon­diale », a tra­duit le sé­lec­tion­neur écos­sais, sa­me­di soir. Avec la vis­ta d’un Griez­mann « bal­lon d’ori­sable », la tech­nique de Payet, la vi­tesse et la jeu­nesse de Co­man et Martial, l’at­taque bleue car­tonne. 2,4 buts en moyenne, lors des dix der­niers matchs.

Un rôle à as­su­mer

Et Gi­roud, pour­tant dé­crié, a fait trem­bler les fi­lets à six re­prises lors de ses cinq der­nières ti­tu­la­ri­sa­tions. Après 49 sé­lec­tions, le voi­là à 17 buts. Un temps de pas­sage que seuls Tré­zé­guet et Hen­ry dé­passent en bleu. En cas de panne, la France peut aus­si comp­ter sur Pog­ba et Ma­tui­di, ja­mais les der­niers pour s’in­vi­ter dans la sur­face.

Un ta­bleau fa­vo­rable. 3 Entre une Al­ba­nie no­vice, une Rou­ma­nie pru­dente et des Suisses étrillés 5­2 au Bré­sil, les Bleus sont ar­chi­fa­vo­ris du groupe A. Un rôle à as­su­mer, pour af­fron­ter en 8es le meilleur 3e du groupe C, D ou E (a prio­ri l’ukraine, la Tur­quie, la Croa­tie, l’eire ou la Suède). Si tout va bien, la bande à « DD » joue­rait son quart au Stade de France, contre le vain­queur du duel entre les deuxièmes des groupes B (Rus­sie ?) et F (Au­triche ?). Rien d’in­sur­mon­table en soit, pour at­teindre les de­mi­fi­nales, l’ob­jec­tif fixé par Noël Le Graët.

L’ex­pé­rience de Di­dier 4 Des­champs. Le joueur a été cham­pion du monde et d’eu­rope, double vain­queur de la Ligue des cham­pions... L’en­traî­neur a ga­gné un titre de cham­pion de France, et dis­pu­té une fi­nale de la Ligue des cham­pions. Dif­fi­cile de trou­ver plus ex­pé­ri­men­té que Di­dier Des­champs, à qui l’on prête vo­lon­tiers une bonne étoile.

Reste à sa­voir si celle­ci fe­ra briller les Bleus. De­puis qu’il a re­pris les rênes de l’équipe de France, en 2012, la « Dèche » l’a am­me­née en quarts de fi­nale de Coupe du monde, per­du contre les fu­turs cham­pions al­le­mands. À confir­mer. Il a aus­si dû (et su) fa­çon­ner un groupe en com­po­sant avec un ex­tra­spor­tif char­gé.

Mais il lui manque en­core une vraie perf à sa tête. Être au ren­dez­vous du 10 juillet en se­rait une. Prag­ma­tique, le Basque connaît mieux que qui­conque la re­cette du succès lors d’une com­pé­ti­tion longue et se­mée d’em­bûches.

Un groupe sou­dé par 5 les épreuves. Avant l’eu­ro, la France a joué sur un autre ter­rain. De Can­to­na à Ben­ze­ma, les po­lé­miques ont ac­com­pa­gné le quo­ti­dien des Tri­co­lores. Les bles­sures et les for­faits n’ont pas non plus épar­gné un groupe qui a trou­vé de quoi res­ser­rer ses lignes.

Vi­si­ble­ment, les pe­tites phrases n’ont pas at­teint les Bleus. King­sley Co­man les cro­chète ­ « Le ra­cisme, je ne vois pas où il est, c’est n’im­porte quoi » ­, tan­dis que Griez­mann est « fo­ca­li­sé sur l’eu­ro. Si on re­garde à droite et à gauche, on ne va pas s’en sor­tir. Il y a un groupe à construire. »

Et un tro­phée à sou­le­ver. Pour ce­la, « on met­tra le bleu de chauffe à chaque match », pro­met Pa­trice Evra. On ne de­mande qu’à le croire. ■

PHO­TO PQR

DE GAUCHE À DROITE. En haut : An­tho­ny Martial, Mous­sa Sis­so­ko, Adil Ra­mi, Be­noît Cos­til, Hu­go Llo­ris, Steve Man­dan­da, Mor­gan Sch­nei­der­lin, Sa­muel Um­ti­ti, King­sley Co­man. Au mi­lieu : Lu­cas Digne, Elia­quim Man­ga­la, Oli­vier Gi­roud, Éric Bé­douet (pré­pa­ra­teur phy­sique), Guy Sté­phan (en­traî­neur ad­joint), Franck Ra­viot (en­traî­neur des gar­diens), Paul Pog­ba, An­dré-pierre Gi­gnac, Ch­ris­tophe Jallet. As­sis : Ba­ca­ry Sa­gna, Di­mi­tri Payet, Blaise Ma­tui­di, An­toine Griez­mann, Di­dier Des­champs (sé­lec­tion­neur), Pa­trice Evra, Laurent Kos­ciel­ny, Yo­han Ca­baye, N’go­lo Kan­té.

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