Sor­tir du mou­ve­ment so­cial la « tête haute »…

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Le « re­trait » de la loi Tra­vail reste le mot d’ordre des syn­di­cats contes­ta­taires, qui ré­futent toute idée de ba­roud d’hon­neur à pro­pos de la ma­ni­fes­ta­tion du 14 juin.

Mais la ques­tion d’une sor­tie « ho­no­rable » du mou­ve­ment com­mence à poindre face à la dé­ter­mi­na­tion du gou­ver­ne­ment. « On a l’im­pres­sion que même avec uni­que­ment le sou­tien de la CFDT, le gou­ver­ne­ment ira jus­qu’au bout de sa ré­forme », re­grette un haut res­pon­sable CGT. Dans ce contexte, « com­ment sor­tir la tête haute de ce mou­ve­ment ? »

Ques­tion d’au­tant plus pré­gnante que l’opi­nion pu­blique concer­nant les grèves et ma­ni­fes­ta­tions s’est in­ver­sée. Dé­sor­mais, une ma­jo­ri­té de Fran­çais (54 %) les désap­prouve, se­lon un son­dage pu­blié di­manche.

L’ombre de 2010

En outre, toute per­tur­ba­tion de l’eu­ro de foot­ball, qui dé­marre ven­dre­di et s’achève un mois plus tard, ris­que­rait de rendre le mou­ve­ment très im­po­pu­laire.

« Ce n’est pas pour ça qu’on va s’ar­rê­ter », tranche Jean­claude Mailly, nu­mé­ro un de FO, dont l’ob­jec­tif n’est pas de blo­quer l’évé­ne­ment.

Les grèves se pour­suivent mais mo­bi­lisent moins, dans les trans­ports (SNCF, RATP), les raf­fi­ne­ries, les centres de dé­chets et les syn­di­cats de pi­lotes d’air France ont dé­po­sé un pré­avis du 11 au 14 juin. Des ini­tia­tives spec­ta­cu­laires ont eu lieu, comme une cou­pure d’élec­tri­ci­té géante la semaine der­nière ou, lun­di, des jets d’oeufs à Montreuil contre le mi­nistre de l’éco­no­mie Em­ma­nuel Ma­cron.

« On exige tou­jours le re­trait de la loi tra­vail », rap­pelle Pas­cal Jo­ly, res­pon­sable CGT, même si Fran­çois Hol­lande vient de ré­af­fir­mer qu’elle ne se­ra pas re­ti­rée.

Chez les mi­li­tants, l’ombre de 2010 plane. Les syn­di­cats s’étaient alors for­te­ment mo­bi­li­sés contre une ré­forme des re­traites sous la pré­si­dence Sar­ko­zy, qui a tout de même été vo­tée et ap­pli­quée. « Ce­la a été un vé­ri­table trau­ma­tisme. Les syn­di­cats ont per­du beau­coup de cré­dit au­près de l’opi­nion pu­blique », re­lève le res­pon­sable CGT. ■

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