Ré­ci­di­vante et ch­ro­nique

La Montagne (Brive) - - Magazine Santé -

Af­fec­tion en­core peu connue, la ma­la­die de Ver­neuil s’avère par­ti­cu­liè­re­ment in­va­li­dante dans ses formes mo­dé­rées à sé­vères. Symp­tômes, im­pacts, prise en charge. Les ex­pli­ca­tions du Pr Thier­ry Pas­se­ron, der­ma­to­logue au CHU de Nice.

La ma­la­die de Ver­neuil est une af­fec­tion in­flam­ma­toire ch­ro­nique. « Elle se ma­ni­feste par des lé­sions cu­ta­nées qui peuvent prendre la forme de no­dules dou­lou­reux, d’ab­cès, de fis­tules ou en­core de ci­ca­trices, in­dique le Pr Thier­ry Pas­se­ron. Le pro­blème vient du fait que ces lé­sions sont si­tuées dans les grands plis, sous les ais­selles, l’aine, mais aus­si dans la ré­gion pé­ri­anale, ou sous­mam­maire ».

À tout âge

C’est sur­tout le ca­rac­tère ré­ci­di­vant et ch­ro­nique de ces lé­sions qui doit faire évo­quer le diag­nos­tic de ma­la­die de Ver­neuil. Cette ma­la­die peut sur­ve­nir à tout âge, mais le plus sou­vent elle ap­pa­raît entre 20 et 40 ans. « Les pre­miers signes peuvent tou­cher les ado­les­cents au cours de la pu­ber­té ».

De nom­breux pa­tients font leur propre diag­nos­tic. Plus d’un tiers en réa­ li­té ! Et au to­tal 3 sur 4 sont diag­nos­ti­qués 8 ans après l’ap­pa­ri­tion des pre­miers symp­tômes. « Or, il est im­pé­ra­tif qu’ils puissent consul­ter un der­ma­to­logue. Ce der­nier pour­ra les adres­ser vers des centres de ré­fé­rence de prise en charge », ex­plique le Pr Thier­ry Pas­se­ron.

En rai­son de leur lo­ca­li­sa­tion, du ca­rac­tère ch­ro­nique et im­pré­vi­sible des pous­sées, les lé­sions de la ma­la­die de Ver­neuil peuvent avoir un im­pact ma­jeur sur la vie des pa­tients. Le Pr Thier­ry Pas­se­ron es­time que cette af­fec­tion fi­gure par­mi les pro­blèmes cu­ta­nés qui ont le re­ten­tis­se­ment le plus im­por­tant sur la qua­li­té de vie. « C’est clai­re­ment dé­mon­tré. Elle concerne des su­jets jeunes dans des zones in­times à une pé­riode où gé­né­ra­le­ment ils com­mencent leur vie sexuelle. Ces lé­sions dans les formes mo­dé­rées à sé­vères sont très dou­lou­reuses et sont ré­gu­liè­re­ment à l’ori­gine d’ar­rêt de tra­vail ».

53 % des pa­tients re­con­ naissent que leur ma­la­die a une in­ci­dence sur leurs re­la­tions so­ciales, jusque dans leur in­ti­mi­té amou­reuse et sexuelle. Plus de 6 sur 10 men­tionnent des ar­rêts de tra­vail. « Dans les cas les plus graves, la ma­la­die de Ver­neuil s’avère réel­le­ment in­sup­por­table ».

Autre constat, le corps mé­di­cal ne connaît pas en­core très bien la ma­la­die. Pour­tant des so­lu­tions sont à la dis­po­si­tion des mé­de­cins. « La prise en charge doit être glo­bale et re­pose aus­si bien sur des trai­te­ments chi­rur­gi­caux, mé­di­ca­men­teux que sur une ap­proche psy­cho­lo­gique. Il est par ailleurs pri­mor­dial de prendre en compte les fac­teurs ag­gra­vants comme le ta­ba­gisme et le sur­poids ».

Contact. Pour da­van­tage d’in­for­ma­tions, vous pou­vez consul­ter le site www.ma­la­die­de­ver­neuil.fr. Vous y re­trou­ve­rez un guide de dis­cus­sion in­ter­ac­tive « Par­ler à son der­ma­to­logue », un ou­til in­té­res­sant pour évo­quer ses symp­tômes avec son mé­de­cin, ain­si que des té­moi­gnages de ma­lades et de mé­de­cins.

© PHOVOIR

DIAG­NOS­TIC. Le corps mé­di­cal ne connaît pas en­core très bien la ma­la­die.

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