L’ap­pé­tit de la fi­lière veau sous la mère

La pro­duc­tion de veau sous la mère se porte bien et tente de se mo­der­ni­ser pour at­ti­rer plus d’éle­veurs L’as­so­cia­tion « Le veau sous la mère » a ré­cem­ment or­ga­ni­sé une jour­née spé­ciale à Lizières, en Creuse. Cette fi­lière gour­mande en maind’oeuvre se port

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour Limousin - Vir­gi­nie Mayet vir­gi­nie.mayet@cen­tre­france.com

Il est bien­tôt 18 heures. Les vaches se rap­prochent de la salle de té­tée. Jé­rôme Cou­teau, ins­tal­lé en Gaec avec ses pa­rents en Creuse, pré­pare les jeunes ani­maux. Un ri­tuel qui a lieu deux fois par jour. Ma­tin et soir. Mais cette contrainte n’a pas l’air de le gê­ner. « J’ai choi­si de pro­duire du veau sous la mère quand j’ai re­joint mes pa­rents en 2008. 113 ha pour trois per­sonnes, ça ne suf­fi­sait pas pour dé­ga­ger un sa­laire. » Il fal­lait donc trou­ver une ma­nière de se di­ver­si­fier.

Di­ver­si­fi­ca­tion ren­table

Et au­jourd’hui, Jé­rôme ne re­grette pas son choix. « Avec cette fi­lière, les prix sont plus éle­vés et sur­tout beau­coup plus stables. »

Ce sont d’ailleurs ces rai­sons qui en­traînent de plus en plus d’éle­veurs lai­tiers, en grande dif­fi­cul­té en ce mo­ment, à se tour­ner vers cette so­lu­tion.

Si cette fi­lière est ren­table, elle est tout de même gour­mande en main­d’oeuvre. Jé­rôme doit comp­ter en­vi­ron 1 heure le ma­tin et 1 heure le soir pour la té­tée parce que sa salle n’est pas as­sez grande. Au­jourd’hui, il est pos­sible d’al­ler plus vite.

Comme l’ex­plique Fran­cis Rous­seau, ani­ma­teur de l’as­so­cia­tion « Le veau sous la mère » (ba­sée à Brive), la fi­lière a en­core des pro­grès à faire en ma­tière de mo­der­ni­sa­tion. « Les nou­veaux sys­tèmes per­mettent de trai­ter 30 à 40 veaux par heure mais ça reste en­core un peu oné­reux. »

Autre so­lu­tion, moins dou­lou­reuse pour le porte­mon­naie : le di­manche, cer­tains éle­veurs ré­duisent la ca­dence avec une seule té­tée par jour. « Il suf­fit de la pro­gram­mer plus tard, juste avant l’apé­ro ! Quand il n’y a pas de Gaec, les éle­veurs iso­lés se re­groupent de plus en plus pour em­ployer un sa­la­rié à plu­sieurs. Ce qui per­met de pren­ dre des week­ends car les jeunes veulent avoir un peu de temps libre comme tout le monde. »

« On manque de pro­duc­teurs »

Une fois la té­tée ter­mi­née, les veaux re­partent dare­dare dans leur boxe pour une pe­tite sieste. Hor­mis le lait, ils n’ont droit qu’à du foin. Pour­quoi ? Parce que le veau sous la mère doit être de cou­leur blanche. Il n’au­ra donc pas le droit d’al­ler gam­ba­der dans les prés. « Le consom­ma­teur achète avec ses yeux. »

Jé­rôme vend en­suite ses veaux grâce à la co­opé­ra­tive Cel­mar. La viande est ache­mi­née, pour 80 % en­vi­ron, en di­rec­tion des bou­che­ries pa­ri­siennes, des grandes villes ou de la Côte d’azur. « À l’ori­gine, notre co­opé­ra­tive a été créée par des éle­veurs de veaux sous la mère en 1968, tient à pré­ci­ser JeanCh­ris­tophe Le­vèque, tech­ni­cien. Même si au fur et à me­sure du mo­der­nisme, les autres pro­duc­tions ont pris le pas sur cel­le­ci. »

Pour­tant, l’ave­nir, Jean­ch­ris­ tophe le voit bien dans cette fi­lière. « On manque de pro­duc­teurs pour sa­tis­faire la de­mande. D’au­tant plus que les éle­veurs qui partent à la re­traite ne sont pas tous rem­pla­cés. »

Dé­ve­lop­per et mo­der­ni­ser la pro­duc­tion est donc de­ve­nu la prio­ri­té de l’as­so­cia­tion qui pro­meut le veau sous la mère et en­cadre les éle­veurs. Elle n’hé­site d’ailleurs pas à agran­dir sa zone de pro­duc­tion du cô­té des Cha­rentes, de l’al­lier ou de la Lo­zère no­tam­ment. Conclu­sion, cette pro­duc­tion du pas­sé a de l’ave­nir… ■

PHO­TO MI­CHÈLE DEL­PY

LA TÉ­TÉE. Le veau sous la mère, ou veau de lait, doit être nour­ri au lait na­tu­rel, ce­lui de la mère et ce­lui des « tantes lai­tières ».

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