Eva­cué en am­bu­lance contre son gré, il gagne son pro­cès

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Sé­bas­tien Du­bois

En mai der­nier, La Poste a été condam­née par la jus­tice ad­mi­nis­tra­tive pour le trai­te­ment in­fli­gé à un de ses cadres.

L’his­toire sort de l’or­di­naire. Trim­bal­lé de postes en postes par l’en­tre­prise de­puis 2008, Sal­va­tore Sca­fone avait été af­fec­té, fin 2014, au centre fi­nan­cier de Li­moges. Mais coup de théâtre, le 17 no­vembre, la Poste de­mande au SA­MU de ve­nir l’éva­cuer… en am­bu­lance.

« On vou­lait me mettre au pla­card »

L’af­faire s’est conclue de­vant le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Li­moges, qui a fi­na­le­ment dé­ci­dé, de sanc­tion­ner la Poste. Le ju­ge­ment re­con­naît un pré­ju­dice de car­rière à l’en­contre du cadre pos­tal et lui ac­corde 1.500 € en ré­pa­ra­tion de ces dom­mages. Mais le tri­bu­nal n’en est pas res­té là et a éga­le­ment cas­sé la dé­ci­sion du di­rec­teur de La Poste, de sus­pendre son sa­la­rié pour « re­fus d’obéis­sance ». In­suf­fi­sant pour le plai­gnant, qui a fait ap­pel : « C’est tout juste sym­bo­lique et c’est pour ça qu’on n’en reste pas là, ajoute Sal­va­tore Sca­fone. De tels sommes, ça ne va pas dis­sua­der La Poste d’agir de la sorte. »

Le conten­tieux entre la Poste et Sal­va­tore Sca­fone re­monte à 2008. Alors di­rec­teur du bu­reau de Bourganeuf, le cadre avait, du jour au len­de­main, été dé­mis de ses fonc­tions. Quelques jours avant l’in­ci­dent de l’am­bu­lance, La Poste lui avait ré­cla­mé de se faire pres­crire un ar­rêt de tra­vail de com­plai­sance, ce qu’avait re­fu­sé son mé­de­cin. « Plus que du har­cè­le­ment, c’est de la mal­trai­tance, ex­plique­t­il au­jourd’hui. Une res­pon­sable m’a dit à plu­sieurs re­prises que j’étais grillé. On vou­lait me mettre au pla­card. En 2014, je suis res­té 11 mois sur douze sans mis­sion. »

De­puis le ju­ge­ment, le cadre a été ré­in­té­gré, mais son sort ne semble s’être guère amé­lio­ré. « Je suis char­gé de mis­sion, mais je n’ai qua­si­ment au­cune tâche à ac­com­plir. Et ma mis­sion se ter­mine au 30 juin. » Con­tac­tée, La Poste n’a in­di­qué « ne pas com­men­ter la si­tua­tion per­son­nelle de ses agents. ». ■

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