Ro­main Preuss et son en­vie d’ailleurs

Na­tif de Brive, ce mu­si­cien, ins­tal­lé à Mont­pel­lier, sort avec Scotch & So­fa son se­cond al­bum

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Ju­lien Al­lain

Ro­main Preuss s’ap­prête à sor­tir un se­cond al­bum, Ailleurs, avec Scotch & So­fa. Le Briviste a joué à l’olym­pia, par­ta­gé la scène avec M et a ha­bi­té dans la même rue que les membres de Ra­dio­head.

Les lu­mières de la scène de l’olym­pia viennent de s’éteindre. Scotch & So­fa ter­mine sa sé­rie de concerts avec la chan­teuse Zaz. Le groupe mont­pel­lié­rain a as­su­ré les pre­mières par­ties de l’ar­tiste.

À la ter­rasse d’un bar du centre­ville de Mont­pel­lier, quelques se­maines plus tard, Ro­main Preuss, né à Brive le 8 juillet 1977, gui­ta­riste, com­po­si­teur et ar­ran­geur de Scotch & So­fa, verre de vin à la main, est se­rein. Le groupe sort son se­cond al­bum in­ti­tu­lé, Ailleurs ,le 26 août. À bien­tôt 40 ans, Ro­main Preuss, alias Scotch, re­vient sur son par­cours qui n’a pas tou­jours été consa­cré à la mu­sique.

« J’avais 25 ans. Je me suis dit : mu­sique ! »

Après le bac, ob­te­nu au ly­cée Ca­ba­nis, et deux an­nées de fac de psy­cho à Tou­louse, le Briviste, gui­tare en ban­dou­lière, s’en­vole pour l’an­gle­terre et at­ter­rit à Ox­ford. Dans cette ci­té étu­ diante du sud­est du Royaume, il tra­vaille comme ser­veur et s’abreuve de mu­sique. « J’ha­bi­tais Cow­ley road, la rue la plus po­pu­laire d’ox­ford. Celle, dans la­quelle ont gran­di les membres du groupe Ra­dio­head ! » s’étonne en­core Ro­main. « Juste à cô­té de ma piaule, il y avait un ma­ga­sin de CD de se­conde main. J’y cra­quais toute ma paye. Je me suis for­mé mu­si­ca­le­ment en An­gle­terre. J’écou­tais beau­coup de jazz, de soul », pré­cise Ro­main, tout en se rou­lant une ci­ga­rette.

La pa­ren­thèse an­glaise se re­ferme, Ro­main re­tourne en France, à Brive, chez sa mère et s’en­nuie. Bien qu’il com­pose sur sa six cordes ses propres mor­ceaux, il ne se sent pas en­core prêt pour la mu­sique. « Je n’avais pas confiance en moi », avoue Ro­main.

Un jour, L’ANPE (qui ne s’ap­ pelle pas en­core Pôle Em­ploi) se trompe. « Je re­çois une offre qui ne m’est pas des­ti­née. Pour un bou­lot chez un géo­mètre. Ma mère, qui en a un peu marre, me dit : Ro­main. Tu mets ton cos­tume et tu y vas ! J’y suis al­lé et j’ai été em­bau­ché. Le pa­tron de l’époque me forme. Pe­tit à pe­tit se pose la ques­tion de ra­che­ter la boîte… Et là, dans ma tête, j’énu­mère ce qui m’at­tend : « Brive, en­tre­prise, mai­son, ca­na­pé, chien… J’avais 25 ans et je me suis dit : Mu­sique ! »

Ro­main se met en quête d’une école de mu­sique. « J’ai cher­ché sur une carte toutes les écoles pri­vées fran­çaises et j’ai choi­si Mont­pel­lier, au ha­sard. » Au dé­but de l’été 2003, le Briviste dé­barque dans le Lan­gue­doc et suit des cours au Jam. Il y fait la connais­sance de Ch­loé Mo­nin, qui de­vien­dra So­fa au sein du groupe. « J’ai tout de suite beau­coup ai­mé sa fa­çon de chan­ter », avoue le gui­ta­riste. À par­tir de cet ins­tant, les deux com­plices dé­cident de mettre toutes les chances de leur cô­té et de consa­crer tout leur temps à la mu­sique. « On a com­men­cé à faire des re­prises des stan­dards de jazz, dans les bars, les res­tos, les salles. On a tout de suite été in­ter­mit­tents du spec­ tacle. » Le groupe bas­cule vers ses propres com­po­si­tions et pré­pare son pre­mier disque. « J’ai ache­té un or­di, une carte son, des syn­thés. J’ai bi­douillé, je ne sa­vais pas com­ment tout ça mar­chait. C’est pour ça que le pre­mier al­bum a pris au­tant de temps. On est un jeune vieux groupe », plai­sante Ro­main.

En avril 2012, sort Par Pe­tits Bouts, un al­bum mé­lan­geant jazz, pop et chanson fran­çaise, avec les col­la­bo­ra­tions d’ours (alias Charles Sou­chon) et Ox­mo Puc­ci­no. Ce pre­mier al­bum va les me­ner sur les routes fran­çaises et sur des sen­tiers plus exo­tiques. La Chine, la Co­rée du Sud, l’an­go­la… de très bons sou­ve­nirs pour l’ar­tiste mais aus­si de sé­rieuses dé­primes au re­tour. « Pen­dant un mois, tu fais mille trucs. Tu joues, tu vas à l’hô­tel, tu fais la fête, tu prends l’avion et le len­de­main, tu re­com­mences. Quand tu rentres chez toi. Il ne se passe plus rien. »

Au bout du com­bi­né, un cer­tain Mat­thieu Che­did

C’est un jour comme ce­lui­ci que Ro­main, en­fer­mé dans son stu­dio d’en­re­gis­tre­ment, re­çoit un coup de fil. Au bout du com­bi­né, Mat­thieu Che­did. « Il avait as­sis­té à une pro­jec­tion d’un do­cu­men­taire dans le­quel il y avait un titre à nous, Je Glisse, qu’il avait ai­mé… “Il faut que l’on se voit pour faire quelque chose” », ra­conte Ro­main. « De fil en ai­guille on se re­trouve un soir au Ca­ba­ret Sau­vage, à Pa­ris, dans le XIXE ar­ron­dis­se­ment. Il est ve­nu jouer sur scène une de nos chan­sons. Nous avons joué trois ou quatre des siennes. C’était quatre jours après les at­ten­tats. J’ai pris une énorme le­çon de mé­tier. Il a une pré­sence sur scène, c’est in­croyable. J’avais l’im­pres­sion qu’il fai­sait trois mètres… ».

Avec ce se­cond al­bum Scotch & So­fa re­part sur les routes pour en as­su­rer la pro­mo­tion. Ro­main Preuss, qui re­vient sou­vent dans la ci­té gaillarde voir ses proches, fe­rait bien un dé­tour par Brive pour mon­ter cette fois sur scène. « Je n’ai ja­mais en­core joué à Brive avec cette for­ma­tion », avoue Ro­main. ■

Pra­tique. Pour dé­cou­vrir Scotch & So­fa. Fa­ce­book : Scotch & So­fa

STU­DIO. Séance d’en­re­gis­tre­ment ap­pli­quée pour Ro­main Preuss.

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