La confé­rence de presse de l’in­té­rieur, comme si vous y étiez

La Montagne (Brive) - - Sports Euro 2016 - F. T.

Il y a les règles à suivre, celles à ne pas dé­pas­ser, une ges­tuelle à connaître. Les confé­rences de presse des Bleus, c’est tout un cé­ré­mo­nial.

Dé­jà, pour y avoir ac­cès, en cette pé­riode de l’eu­ro, il faut être en pos­ses­sion d’une ac­cré­di­ta­tion dé­li­vrée par L’UEFA. Le pré­cieux sé­same ­ à 150 € si on le perd ! ­ est dif­fi­cile à ob­te­nir. Plus de 200 jour­na­listes fran­çais ont es­suyé un re­fus… Quand il s’agit de pas­ser les dif­fé­rents postes de sé­cu­ri­té, le mettre bien en évi­dence au­tour du cou est une obli­ga­tion. On le fait donc sans hé­si­ter, ni pé­ro­rer.

Après 700 m de marche, de­puis le centre des mé­dias où sont no­tam­ment ins­tal­lés les cars ré­gie, voi­là le nou­vel au­di­to­rium de Clai­re­fon­taine. C’est là que la séance va se dé­rou­ler. En ce mer­cre­di ma­tin, à deux jours de France ­ Rou­ma­nie, Steve Man­dan­da et Ba­ca­ry Sa­ gna doivent ve­nir au mi­cro. Les ca­mé­ras sont dé­jà en place et les jour­na­listes se pressent. Plus d’une cen­taine.

Phi­lippe Tour­non, l’in­oxy­dable chef de presse des Bleus, est ins­tal­lé sur l’es­trade, l’air sé­vère der­rière ses lu­nettes. « Mon­sieur Du­fy, je vous prie­rai de ne pas faire de grands gestes quand vous vou­lez in­ter­ve­nir. Pre­nez donc exemple sur les autres. Ils sont exem­plaires », ser­monne­til, entre pre­mier et deuxième de­gré, dé­clen­chant l’hi­la­ri­té.

« En fran­çais »

À 11 heures pé­tantes, Man­dan­da fait son en­trée et sa­lue tout le monde. C’est par­ti pour une salve de ques­tions dif­fu­sée sur les écrans de l’am­phi­théâtre de plus de 200 places. Les su­jets sont ba­layés, on com­prend que les Bleus puissent ba­fouiller. Sur­tout que le moindre mot pro­non­cé de tra­vers et c’est la po­lé­mique as­su­rée.

Phi­lippe Tour­non, en bon maître de classe, donne le tour de pa­role. Pas plus d’une ques­tion ou alors sans abu­ser… Cer­tains ont ses fa­veurs. Lui, l’an­cien gratte­pa­pier, connaît tous les jour­na­listes ou presque. Pen­dant que le gar­dien n° 2 des Bleus ré­pond, il re­père où les mains se lèvent et note les noms dans son pe­tit calepin tout en gui­dant entre les rangs les deux hô­tesses char­gées d’ap­por­ter le mi­cro. Sa­crée danse…

Sou­dain, c’est l’in­ci­dent. Une ques­tion est po­sée en an­glais. « Non, ici c’est en fran­çais, stoppe Tour­non. Si vous avez be­soin, voyez avec notre tra­duc­trice ». Aus­si­tôt de­man­dé, aus­si­tôt fait. On lui obéit. La confé­rence de presse peut re­prendre son cours nor­mal. Vingt mi­nutes avec Man­dan­da puis le même temps avec Sa­gna et c’est fi­ni. On se re­trouve de­main… ■

AU­DI­TO­RIUM. Ba­ca­ry Sa­gna de­vant la presse, hier.

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