La thèse du sui­cide mise à mal

Deux nou­veaux té­moi­gnages of­fi­ciel­le­ment en­re­gis­trés

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

La juge en charge du dos­sier sur la mort du mi­nistre Ro­bert Boulin, dont le corps avait été re­trou­vé en 1979 dans la fo­rêt de Rambouillet (Yve­lines), a en­ten­du deux té­moins qui re­mettent en cause la thèse du sui­cide. d’une Peu­geot. Se­lon lui, l’an­cien mi­nistre oc­cu­pait la place du pas­sa­ger et était ac­com­pa­gné de deux hommes, l’un condui­sant le vé­hi­cule, l’autre à l’ar­rière.

« Dans le bon sens »

« Quelques heures avant sa mort, Ro­bert Boulin n’était pas seul dans son vé­hi­cule mais ac­com­pa­gné de deux in­con­nus, dont l’un condui­sait. Ces deux per­sonnes ne se sont ja­mais ma­ni­fes­tées au­près de la jus­tice. Ro­bert Bou­ lin n’avait pas de rendezvous pré­vu », avait fait sa­voir Me Ma­rie Do­sé, l’avo­cat de la fille de l’an­cien mi­nistre, Fa­bienne Boulin­bur­geat, lorsque ce té­moi­gnage avait été re­cueilli une pre­mière fois par un jour­na­liste de France In­ter, en 2013.

« Ce té­moin, dont on ne peut ré­vé­ler l’iden­ti­té, oc­cu­pait des fonc­tions qui laissent à pen­ser qu’il ne peut af­fa­bu­ler », a com­men­té, hier, l’avo­cate.

Le corps de Ro­bert Boulin avait été re­trou­vé le 30 oc­tobre 1979 au ma­tin, dans 50 cm d’eau, dans l’étang du Rom­pu à SaintLé­ger­en­yve­lines (Yve­lines). Of­fi­ciel­le­ment, il se se­rait sui­ci­dé après avoir ab­sor­bé des bar­bi­tu­riques. La veille, en quit­tant le mi­nis­tère du Tra­vail, il avait dé­po­sé des dos­siers confi­den­tiels dans son ap­par­te­ment de Neuilly­surSeine puis était par­ti pour une des­ti­na­tion in­con­nue.

Après un non­lieu ren­du en 1991, une nou­velle ins­truc­tion pour « ar­res­ta­tion, en­lè­ve­ment et sé­ques­tra­tion sui­vis de mort ou as­sas­si­nat » a été ou­verte en août der­nier, à la suite d’une plainte de Fa­bienne Boulin­bur­geat. Elle a tou­jours sou­te­nu qu’il s’agis­sait d’un as­sas­si­nat politique et non d’un sui­cide.

Ré­sis­tant gaul­liste de­ve­nu avo­cat, Ro­bert Boulin avait oc­cu­pé dif­fé­rents postes dans les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs de la Ve Ré­pu­blique. Nom­mé mi­nistre du Tra­vail par Gis­card en 1978, sa po­pu­la­ri­té avait alors nour­ri des ru­meurs qui le dé­si­gnaient comme « Pre­mier mi­nis­trable ». ■

PHO­TO AFP

MI­NISTRE DU TRA­VAIL. jours avant sa mort. Ro­bert Boulin en oc­tobre 1979, dix

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