Les Bleus doivent soi­gner leur en­trée dans l’eu­ro

Match d’ou­ver­ture face à la Rou­ma­nie ce soir.

La Montagne (Brive) - - La Une - Ju­lien Ben Boua­li ju­lien.ben­boua­li@cen­tre­france.com

Le grand jour est ar­ri­vé. À 21 heures, l’équipe de France lan­ce­ra son Eu­ro 2016 dans son Stade de France, théâtre du titre mon­dial des Bleus en 1998.

Dix­huit ans plus tard, Di­dier Des­champs et ses hommes rêvent de triom­pher à nou­veau dans l’en­ceinte dyo­ni­sienne, le 10 juillet. Mais, pour être au ren­dez­vous de la fi­nale, la route s’an­nonce longue et peut­être se­mée d’em­bûches comme l’a été la pré­pa­ra­tion des Bleus, mar­quée par de nom­breux for­faits (Va­rane, Diar­ra, Ma­thieu) pour une équipe dé­jà pri­vée de plu­sieurs cadres (Ben­ze­ma, Sa­kho, Val­bue­na) pour d’autres rai­sons bien in­utiles de rap­pe­ler en ce jour de fête.

Ce soir, toutes les po­lé­miques, in­ter­ro­ga­tions et les doutes se­ront lais­sés der­rière. Des­champs et sa bande vont dé­sor­mais écrire leur his­toire, la vraie. Celle pour la­quelle le groupe tri­co­lore tra­vaille de­puis deux ans et son quart de fi­nale per­du à la Coupe du monde au Bré­sil.

Des­champs : « Al­ler cher­cher les choses »

Après vingt matchs ami­caux, pour un so­lide bi­lan de 14 vic­toires, deux nuls et quatre dé­faites, les Bleus vont donc en­fin re­nouer avec la com­pé­ti­tion à l’oc­ca­sion de ce match face à la Rou­ma­nie. « Ce­la fait un peu moins de deux ans qu’on n’a pas joué de match of­fi­ciel et qu’on se pré­pare pour ce pre­mier match », confirme Di­dier Des­champs, heu­reux d’en fi­nir avec cette longue at­tente. Un sé­lec­tion­neur qui in­cite ses joueurs à ne pas re­gar­der en ar­rière mal­gré un bi­lan par­fait de quatre vic­toires en au­tant de matchs en 2016. « On doit al­ler cher­cher les choses. On n’a en­core rien fait », lance­t­il, vite imi­té par son ca­pi­taine Hu­go Llo­ris. « C’est bien ce qu’on a fait, mais le plus im­por­tant, c’est de­main (ce soir ).»

Car, oui, le risque de voir les Fran­çais ne pas sortir de leur poule (Rou­ma­nie, Al­ba­nie, Suisse) est li­mi­té pour cette pre­mière édi­tion d’un Eu­ro à 24 où seul un tiers des équipes ne pas­se­ra pas le pre­mier cut. Un faux pas pour­rait tou­te­fois bru­ta­le­ment mettre en lu­mière le fra­gile équi­libre d’un groupe qui ap­prend tou­jours à vivre sans cer­tains de ses joueurs en­core clés ces der­niers mois. Et ce­la ne se­rait pas sans rap­pe­ler le triste 0­0 des Bleus de Do­me­nech en ou­ver­ture de l’eu­ro 2008 face à ces mêmes Rou­mains. Deux dé­faites plus tard, la France quit­tait la Suisse pour ce qui reste sa der­nière éli­mi­na­tion au pre­mier tour d’un Eu­ro.

Pour s’évi­ter un sur­croît de pres­sion et quelques maux de tête su­per­flus, la France en­tend donc réus­sir ses dé­buts de­vant son pu­blic.

« On connaît l’im­por­tance d’un match d’ou­ver­ture qui peut per­mettre de ga­gner en confiance et créer une dy­na­mique po­si­tive. On a à coeur de bien faire », as­sure Hu­go Llo­ris. « Il ne faut pas jouer le match avant. On doit y al­ler avec confiance, en­vie et générosité », ex­plique Di­dier Des­champs.

« On connaît l’im­por­tance d’un match d’ou­ver­ture » Llo­ris

En face, les Rou­mains se plaisent dans leur po­si­tion d’out­si­ders. « La France est l’une des fa­vo­rites du tour­noi. Nous connais­sons bien ses in­di­vi­dua­li­tés, son po­ten­tiel of­fen­sif », in­siste An­ghel Ior­da­nes­cu.

Conscient, mais pas in­quiet, de l’en­vi­ron­ne­ment to­ta­le­ment ac­quis à la cause des Fran­çais, le sé­lec­tion­neur rou­main pré­vient que son équipe ne bé­ton­ne­ra pas. Meilleure dé­fense des éli­mi­na­toires avec deux buts en­cais­sés en dix ren­contres, les « Tri­co­lo­rii » en­tendent jouer le coup à fond. « La pres­sion se­ra grande sur nos joueurs. Mais ils sont prêts à sur­mon­ter ce mo­ment de pres­sion et de do­mi­na­tion que nous al­lons en­du­rer. Nous ne vou­lons pas jouer dé­fen­si­ve­ment, mais jouer bien équi­li­bré, tout en po­sant des pro­blèmes à l’ad­ver­saire qui pos­sède des la­cunes dans le sec­teur dé­fen­sif. »

Voi­là peut­être la clé du match cô­té fran­çais. Car si l’at­taque tri­co­lore a fait le plein de confiance, à l’image de Griez­mann, étin­ce­lant à l’at­lé­ti­co Ma­drid (lire page sui­vante), et Gi­roud, au­teur de six buts lors de ses cinq der­nières sé­lec­tions, la dé­fense pose tou­jours ques­tion.

De sa so­li­di­té dé­pend pour­tant en par­tie l’ave­nir des Bleus dans cet Eu­ro tant at­ten­du par le peuple fran­çais. ■

RE­CON­NAIS­SANCE. Les Fran­çais se sont en­traî­nés une der­nière fois au Stade de France, hier, avant leur pre­mier match ce soir contre la Rou­ma­nie.

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