La CGT veut cal­mer le jeu mais…

Des pou­belles qui dé­bordent, la SNCF tou­jours en grève et bien­tôt les pi­lotes d’air France

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

À la veille du coup d’en­voi de l’eu­ro, le gou­ver­ne­ment sem­blait tou­jours im­puis­sant, hier, à éteindre la fronde so­ciale, même si la CGT pro­met de ne pas jouer les trouble-fête.

La CGT « sou­haite que l’eu­ro se dé­roule comme une vraie fête po­pu­laire dans les stades comme dans les fan zones », a lan­cé son lea­der Phi­lippe Mar­ti­nez, en pointe de la mo­bi­li­sa­tion contre la loi Tra­vail, lors d’un dé­pla­ce­ment dans le Loiret. Pour au­tant, le mou­ve­ment « n’est pas ter­mi­né », a­t­il aver­ti.

Les ten­sions per­sis­taient hier, à J­1 du lan­ce­ment de l’eu­ro­2016. La jour­née a été mar­quée par des ac­tions et blo­cages en tous genres à tra­vers le pays, et par des dé­fi­lés pour « oc­cu­per le ter­rain » avant la ma­ni­fes­ta­tion na­tio­nale du 14 juin à l’ap­pel des sept syn­di­cats op­po­sés à la loi tra­vail (CGT, FO, FSU, So­li­daires, Unef, UNL, Fidl). Elle se­ra la pre­mière du genre de­puis le dé­but de la contes­ta­tion il y a trois mois.

Hier dès l’aube, les op­po­sants ont mul­ti­plié les blo­cages tem­po­raires : les ac­cès au mar­ché de Run­gis, le port de Lyon, des voies fer­rées à An­ne­cy, Tou­louse et Saint­na­zaire, et le pé­ri­phé­rique nan­tais. Dans l’éner­gie, des dé­brayages dans plu­sieurs cen­trales ont gé­né­ré une lé­gère baisse de la pro­duc­tion. La CGT re­ven­dique aus­si avoir bas­cu­lé plu­sieurs cen­taines de mil­liers de comp­teurs en heures creuses.

Dans la rue, des mil­liers de per­sonnes ont en­core ma­ni­fes­té, no­tam­ment à Rennes et au Havre (5.500 se­lon la po­lice, près de 40.000 se­lon les or­ga­ni­sa­teurs), qu’un res­pon­sable cé­gé­tiste a bap­ti­sé « ca­pi­tale du mou­ve­ment so­cial ». À Pa­ris, plu­sieurs cen­taines de per­sonnes ont dé­fi­lé aux cô­tés des re­trai­tés, eux aus­si dans la rue.

À la SNCF, prin­ci­pal champ de ba­taille contre le pro­jet de loi, la grève a été re­con­duite jus­qu’à au­jourd’hui pour une dixième jour­née. Mais les as­sem­blées gé­né­rales ont été moins nom­breuses à vo­ter la re­con­duc­tion, et les scru­tins plus ser­rés.

Tra­fic per­tur­bé

De­puis le 1er juin, la grève lan­cée par la CGT­CHE­mi­nots, SUD­RAIL et FO, pour dé­fendre les condi­tions de tra­vail des che­mi­nots et de­man­der le re­trait de la loi Tra­vail, est re­con­duite, mal­gré un ac­cord consa­crant le ré­gime de tra­vail à la SNCF. Le res­pon­sable du tra­fic en Îlede­france a dé­jà pré­ve­nu les spec­ta­teurs du match d’ou­ver­ture de l’eu­ro que la grève conti­nue­rait au­jourd’hui et les a in­ci­tés à ve­nir au stade « le plus tôt pos­sible ».

Le tra­fic res­tait per­tur­bé avec un train sur deux sur les lignes Tran­si­lien, RER et In­ter­ci­tés, et 6 TER sur 10. En re­vanche 80 % des TGV rou­laient.

Les conduc­teurs SNCF des RER B et D, qui des­servent le Stade de France, se­ront mas­si­ve­ment en grève au­jourd’hui mais la SNCF a pré­vu d’as­su­rer 50 trains pour ache­mi­ner les sup­por­ters. ■

PHO­TO AFP

GARE MONT­PAR­NASSE. Un mil­lier de che­mi­nots ont en­va­hi les voies fer­rées en je­tant des fu­mi­gènes.

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