Hol­lande en marche avant

Le chef de l’état a com­mé­mo­ré le mas­sacre de Tulle

La Montagne (Brive) - - France & Monde - Alain Al­bi­net alain.al­bi­net@cen­tre­france.com

Le pré­sident de la Ré­pu­blique a par­ti­ci­pé, hier après­mi­di, à la marche en hom­mage aux 99 pen­dus et 149 dé­por­tés de Tulle. Il a aus­si dit sa fa­çon d’avan­cer sur le plan so­cial en ce jour ou­ver­ture de l’eu­ro de foot­ball.

Le front so­cial et l’agen­da des com­mé­mo­ra­tions pré­si­den­tielles ont une fâ­cheuse ten­dance à se su­per­po­ser ces der­niers temps. Fran­çois Hol­lande a cé­lé­bré le cen­te­naire de la ba­taille de Ver­dun, le 29 mai, alors que dé­bu­tait une vé­ri­table guerre de tran­chée avec les syn­di­cats CGT, FO et SUD, sur la loi Tra­vail.

S’en est sui­vie une pé­riode de dé­mi­nage de la part du gou­ver­ne­ment. Et la commémoration du 72e an­ni­ver­saire du mas­sacre de Tulle, hier après­mi­di, avec sa marche sym­bo­lique vers le lieu où furent en­se­ve­lis 99 pen­dus, vic­times de la bar­ba­rie na­zie, a per­mis au chef de l’état de dis­ser­ter un peu sur la marche du monde et de la France.

Par­mi un mil­lier de per­sonnes en­ca­drées par un im­por­tant ser­vice de sé­cu­ri­té, Fran­çois Hol­lande a sou­li­gné « cette dette contrac­tée avec les ré­sis­tants, les pen­dus et les dé­por­tés, pour que nous soyons libres ». « Je les avais évo­qués dans mon dis­cours du Bour­get, et cette dette, je me de­vais de l’ac­quit­ter dans les fonc­tions qui sont les miennes. »

Dé­but de l’eu­ro

D’autres évo­ca­tions du dis­cours du Bour­get, so­ciales celles­là, sont ve­ nues sur le de­vant de l’ac­tua­li­té au mo­ment où dé­bute, en France, le cham­pion­nat d’eu­rope de foot­ball.

« Pour ce grand évé­ne­ment qui se dé­rou­le­ra sur plu­sieurs se­maines, nous de­vons as­su­rer la sé­cu­ri­té, ac­cueillir de la meilleure des fa­çons et mon­trer le meilleur de nous­même », a dit le pré­sident de la Ré­pu­blique. « Les contes­ta­tions n’ont pas vo­ca­tion à en­traî­ner des em­pêche­ ments », a­t­il es­ti­mé avant de faire ap­pel « à la bonne vo­lon­té de cha­cun » et d’as­su­rer que « l’état pren­dra toutes ses res­pon­sa­bi­li­tés ». Et de ci­bler aus­si celles « qui pèsent sur les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales ».

« Ne pas mar­quer contre son camp »

Ju­geant beau­coup de mou­ve­ments « très mi­no­ri­taires », Fran­çois Hol­lande a dé­cla­ré avoir per­çu « des mes­sages d’apai­se­ment ». Al­ter­nant entre ou­ver­ture et fer­me­té, cet ex­pert dans l’art du com­pro­mis et de la syn­thèse, a in­di­qué qu’il « ne faut pas exa­gé­rer : les ad­mi­nis­tra­tions fonc­tionnent, les en­tre­prises tra­vaillent et la France est en mou­ve­ment. Nous de­vons être conscients que nous al­lons être re­gar­dés par toute l’eu­rope ».

Et Fran­çois Hol­lande de pré­ci­ser ses in­ten­tions « pour que tout le monde par­tage ce grand évé­ne­ment ». « Je se­rai ex­trê­me­ment at­ten­tif et vi­gi­lant. Si ven­dre­di, il doit y avoir des dé­ci­sions, elles se­ront prises. Soyez sûr que les ser­vices pu­blics se­ront as­su­rés. Il ne faut pas mar­quer contre son camp. » ■

PHO­TO LOUIS FAYET

LE CHEF DE L’ÉTAT, HIER À TULLE. « Il y a un équi­libre, un com­pro­mis ob­te­nu. L’état a fait son che­min. »

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