6.387 can­di­dats ba­che­liers en Li­mou­sin

Du­rant deux se­maines, ils joue­ront leur ave­nir dans le contexte d’une ac­tua­li­té char­gée…

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour - Flo­rence Cla­vaud-pa­rant

Il ne reste plus que quatre jours avant l’épreuve em­blé­ma­tique, la phi­lo­so­phie. Entre Eu­ro, ac­tua­li­té so­ciale et Tour de France, pe­tit in­ven­taire des pièges à évi­ter…

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6.387 can­di­dats en Li­mou­sin. Ils sont 3.281 ins­crits aux épreuves du bac gé­né­ral, 1.187 en sé­rie tech­no­lo­gique, et 1.019 en sé­ries pro­fes­sion­nelles. La fi­lière scien­ti­fique reste la plus pri­sée, avec 1.766 can­di­dats, soit plus de la moi­tié des can­di­dats au bac gé­né­ral. Viennent en­suite la sé­rie éco­no­mique et so­ciale (935 ins­crits), puis la sé­rie lit­té­raire (580). 2

C’est une pe­tite ré­vo­lu­tion qui en­tre­ra en vi­gueur dès cette an­née : les can­di­dats ayant échoué l’an­née pré­cé­dente (en 2015 dans ce cas pré­cis) ne se­ront pas obli­gés de re­pas­ser toutes les épreuves. Ils pour­ront conser­ver les notes égales ou su­pé­rieures à 10 pour la ses­sion sui­vante.

Nul ne sait en­core si cette me­sure mo­di­fie­ra sen­si­ble­ment les taux de réus­site à l’exa­men. Le mi­nis­tère en­tend avant tout li­mi­ter le dé­cro­chage sco­laire. Car dé­sor­mais, et c’est aus­si une nou­veau­té, les re­ca­lés qui le sou­haitent pour­ront sans pro­blème se ré­ins­cr ire dans le même éta­blis­se­ment pour re­ten­ter leur chance… avec, a prio­ri, moins d’épreuves à pas­ser. 3

Piège nu­mé­ro 1 : la pa­nique. Ce ne se­ra vi­si­ble­ment pas le cas de Ma­thias, 17 ans, en route pour un bac S. Le jeune Li­mou­geaud a sa tech­nique : re­la­ti­vi­ser. « J’ai un an d’avance, je me dis que si je rate cette an­ née, j’au­rai tou­jours mon bac à 18 ans », sou­rit le jeune homme sous le re­gard ef­frayé de son amie. Car Eva, 18 ans, can­di­date en ES dans le même ly­cée, ne dis­pose pas de la même marge de ma­noeuvre. Elle s’échine à ré­vi­ser de­puis un mois tous les soirs après les cours. « Je n’en peux plus, je sa­ture, je suis ter­ro­ri­sée par les sciences éco. » 4

Piège nu­mé­ro 2 : le foot… 24 équipes sont en lice cette an­née… contre seize lors du der­nier Eu­ro. Par­fois en mi­lieu d’après­mi­di, par­fois en soi­rée, les matchs de poule se suc­cé­de­ront sans dis­con­ti­nuer jus­qu’au 24 juin. Sta­tis­ti­que­ment, il est im­pos­sible de dire quel est le taux de can­di­dat( e) s dont la pas­sion pour le foot­ball se­rait à même de l’em­por­ter sur le ca­rac­tère im­pé­ra­tif de ne pas ra­ter ses épreuves du bac. En Li­mou­sin, point de fan zones. Mais des soi­rées à pré­voir dans de nom­breux bars, et bien sûr la té­lé­vi­sion, qu’il fau­dra sa­voir éteindre… Ce que Ma­thias au­ra vrai­sem­bla­ble­ment bien du mal à faire. « Je dé­teste re­gar­der les matchs en re­play, où est l’in­té­rêt quand on connaît le ré­sul­tat ? », ex­plique le can­di­dat bac h e l i e r, qu i d i t red o u t e r la vi­gi­lance de sa mère, tou­jours prête à confis­quer la té­lé­com­mande. « La veille de l’épreuve de maths, il y a France­suisse. Vous ima­gi­nez la crise… » 5 Le cli­mat so­cial et son lot d’in­cer­ti­tudes pè­se­ront­ils sur l’or­ga­ni­sa­tion des épreuves, et le mo­ral des can­di­dats ? En Li­mou­sin, les jours de grève, en­vi­ron 3 à 4 TER sur 10 ne sont pas as­su­rés. Alors que l’on ignore en­core quelles se­ront les suites du mou­ve­ment, il est vi­ve­ment conseillé aux can­di­dats, no­tam­ment ceux qui ré­sident re­la­ti­ve­ment loin de leur centre d’exa­men, de prendre leurs dis­po­si­tions.

Par ailleurs, le Snalc a dé­po­sé un pré­avis de grève de la sur­veillance des épreuves. Mais cette ini­tia­tive, a prio­ri peu po­pu­laire, ne de­vrait ren­con­trer qu’un très faible écho au­près d’une com­mu­nau­té en­sei­gnante très at­ta­chée au bac­ca­lau­réat. ■

AR­CHIVES, FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIÈRE

JUIN 2015, BRIVE. L’épreuve de phi­lo­so­phie au ly­cée Ca­ba­nis.

Piège nu­mé­ro 3 : les grèves.

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