Pas de pa­ra­noïa face au risque d’at­ten­tat

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 - F. T.

Le pré­fet de Pa­ris avait ré­cla­mé sa fer­me­ture les soirs de match dans la ca­pi­tale. D’autres avaient re­mis en cause son exis­tence même. Mais, en dé­pit de la me­nace ter­ro­riste, la fan zone de Pa­ris a bien ac­cueilli la foule, hier. Dans un dé­cor hy­per sé­cu­ri­taire.

« Tous ces agents avec leurs armes, c’est très im­pres­sion­nant. Li­mite in­ti­mi­dant, même », glisse le frêle An­tho­ny, Pa­ri­sien de 22 ans, en se dir igeant vers le Champ­de­mars. Ex­cep­té le Stade de France, quelques ki­lo­mètres plus au nord, il n’y a pas lieu mieux pro­té­gé dans l’he x a g o n e e n c e jour d’ou­ver­ture de l’eu­ro.

Barr ières, four­gons et cor­dons de forces de l’ordre par­tout de­vant des rues blo­quées : le quar­tier semble qua­si­ment en état de siège. Un pre­mier pé­ri­mètre le dé­li­mite. Fouilles et pal­pa­tions ef­fec­tuées avec zèle : pour le fran­chir, il faut s’ar­rê­ter à l’une des vingt et une portes contrô­lées par po­li­ciers et gen­darmes.

« Tout ça, ce n’est pas for­cé­ment plai­sant. Mais, là, il n’y a mal­heu­reu­se­ment pas le choix », souffle Di­dier, qua­dra­gé­naire ve­nu avec son fils. Quelques hec­to­mètres plus loin, au mo­ment de se pré­sen­ter de­vant l’une des six en­trées de la fan zone, c’est re­be­lote. Mais, cette fois, ce sont des agents pri­vés qui oeuvrent. Au to­tal, ils sont 500 sur le site. Avec les 1.100 re­pré­sen­tants de la force pu­blique, ça fait donc un ra­tio d’en­vi­ron une per­sonne dé­diée à la sé­cu­ri­té pour 60 spec­ta­teurs. « On est là pour la dis­sua­sion et in­ter­ve­nir s’il le faut », confie, Ber­nard, po­li­cier mu­ni­ci­pal.

« La vie, c’est aus­si le foot »

Le dis­po­si­tif, com­plé­té par 40 ca­mé­ras de sur ­ veillance à l’in­té­rieur, sans ou­blier un sys­tème de vi­déo­pro­tec­tion à l’ex­té­rieur, a de quoi ras­su­rer. « S’il doit y avoir un at­ten­tat, je ne crois pas que ça se­ra ici. En tout cas, on se sent bien pro­té­gé », af­firme Claude, le timbre po­sé.

Le dis­cours n’est pas dif­fé­rent du cô­té des nom­breux étran­gers ins­tal­lés sur les pe­louses. Mais per­sonne n’ou­blie la me­nace. « Le risque zé­ro n’existe pas, rap­pelle Ja­mie, An­glais ac­com­pa­gné de quatre potes. Mais, vous sa­vez, on vit à Londres où ça peut ar­ri­ver tous les jours à n’im­porte quel en­droit. Et puis il faut bien conti­nuer à sor­tir. La vie, c’est aus­si le foot. Sur­tout le foot ! » ■

FOUILLES. Les forces de sé­cu­ri­té sont om­ni­pré­sentes au­tour et dans la fan zone.

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