Se par­ler pour en fi­nir

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Du cô­té du gou­ver­ne­ment, Alain Vi­da­lies a été en­voyé en pre­mière ligne pour me­na­cer de ré­qui­si­tions. Mais on sait très bien que cette arme est d’abord ju­ri­di­que­ment très dif­fi­cile à prendre et à faire ap­pli­quer. Au­cun gou­ver­ne­ment n’y a eu re­cours contre les che­mi­nots de­puis 1947. Elle se­rait très dan­ge­reuse po­li­ti­que­ment pour un gou­ver­ne­ment de gauche qui bran­di­rait ain­si l’épée de Da­mo­clès des six mois de pri­son sur la tête des syn­di­ca­listes gré­vistes.

Dans la classe po­li­tique des voix s’élèvent pour sor­tir de la pos­ture. La maire de Par is, Anne Hi­dal­go, hier ma­tin, a plai­dé pour une dis­cus­sion au­tour de l’ar­ticle 2 du pro­jet de loi. Cette proche des au­brystes est une voix qui pèse de plus en plus, elle a dé­mon­tré sa ca­pa­ci­té à né­go­cier avec les éboueurs pa­ri­siens. À droite, Alain Jup­pé, pre­nant le contre­pied de Ni­co­las Sar­ko­zy qui est dans le mou­ve­ment de men­ton, n’a pas dit autre chose en in­vi­tant à la re­prise du dia­logue.

La CGT et les autres contes­ta­taires sont confor­tés dans leur cons­tance par les Fran­çais tou­jours ma­jo­ri­tai­re­ment contre le pro­jet de loi tel qu’il est ré­di­gé au­jourd’hui. C’est bien le pré­sident de la Ré­pu­blique qui dé­tient la ré­ponse. À lui de par­ler clai­re­ment sur le su­jet, de s’ex­pli­quer, en écar­tant les di­gres­sions de com­mu­ni­cants de ces der­nières se­maines, à lui de rou­vrir le dia­logue so­cial qui est au­jourd’hui le grand échec de son quin­quen­nat. À lui de sor­tir de ce rythme usant, de ce re­make d’on achève bien les che­vaux dans le­quel l’en­traîne jour après jour la CGT et dans le­quel la France s’épuise.

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