Les travaillistes se di­visent

Le La­bour hausse le ton contre une sor­tie de l’union eu­ro­péenne

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Très dis­cret jusque-là, le par­ti tra­vailliste bri­tan­nique s’est éman­ci­pé, hier, de son lea­der Je­re­my Cor­byn pour haus­ser le ton contre un Brexit, alors que le par­ti conser­va­teur conti­nue à se dé­chi­rer à deux se­maines du ré­fé­ren­dum.

Un vot e e n f a veur d’une sor­tie de l’union eu­ro­péenne le 23 juin « mè­ne­rait à un état d’ur­gence bud­gé­taire, de nou­velles coupes dans le sec­teur pu­blic et des hausses d’im­pôts », a in­sis­té le vice­pré­sident du La­bour, Tom Wat­son, en s’ap­puyant sur un rap­port de l’ins­ti­tut des études bud­gé­taires.

« Guerre ci­vile »

L’an­cien lea­der et can­di­dat au poste de Pre­mier mi­nistre, Ed Mi­li­band, a aver­ti, lui, qu’une sor­tie de L’UE en­traî­ne­rait une « éro­sion des droits des tra­vailleurs ».

Dans un dé­bat pha­go­cy­té par la « guerre ci­vile » au sein du par­ti conser­va­teur, di­vi­sé sur l’éco­no­mie et l’im­mi­gra­tion, le par­ti tra­vailliste veut faire en­tendre sa voix en met­tant d’abord l’ac­cent sur le so­cial, la lutte contre les iné­ ga­li­tés et la pro­tec­tion des tra­vailleurs.

L’élec­to­rat de gauche est ma­jo­ri­tai­re­ment pro­ue : 61 % contre 26 % à vou­loir par­tir se­lon un son­dage You­gov. Mais il peine à se mo­bi­li­ser.

Ils sont nom­breux au sein du La­bour à ac­cu­ser leur lea­der Je­re­my Cor­byn, eu­ros­cep­tique « his­to­rique », de traî­ner les pieds et de dé­fendre sans grand en­thou­siasme un main­tien dans L’UE.

Pour le dé­pu­té tra­vailliste An­dy Burn­ham, il y a pour­tant ur­gence. « Il y a un risque réel que, dans deux se­maines, la Gran­deB­re­tagne choi­sisse l’iso­le­ment. Ce­la au­rait un im­pact pro­fond sur notre na­tion. Frag­men­ta­tion, peur, di­vi­sion : on se re­trou­ve­rait dans une si­tua­tion que les ter­ror istes n’ont pas réus­si à dé­clen­cher avec leurs bombes », a­t­il sou­li­gné.

« On n’en a pas fait as­sez. Il faut faire mieux », a ad­mis Ed Mi­li­band, hier. « Trop de nos mi­li­tants ne connaissent pas notre po­si­tion dans ce dé­bat, alors que 95 % des dé­pu­tés tra­ vaillistes, tous les lea­ders syn­di­caux, tous les an­ciens lea­ders du par­ti et Je­re­my Cor­byn se sont tous pro­non­cés en fa­veur d’un main­tien dans L’UE. »

Si le La­bour a eu de la peine à se faire en­tendre jusque­là, c’est aus­si parce que « le cô­té sexy de la cam­pagne vient des ri­va­li­tés au sein du par­ti conser­va­teur » , cris­tal­li­sées par l’op­po­si­tion entre Da­vid Ca­me­ron et le chef de file des eu­ros­cep­tiques, Bo­ris John­son, a in­sis­té Ed Mi­li­band.

At­taque fron­tale

Le pu­blic bri­tan­nique a en­core eu un aper­çu de la vio­lence de ces divisions, jeu­di soir, lors d’un dé­bat té­lé­vi­sé met­tant en scène Bo­ris John­son et cinq femmes po­li­tiques des deux bords.

L’an­cien maire de Londres y a été at­ta­qué fron­ta­le­ment par la se­cré­taire d’état à l’éner­gie, Am­ber Rudd, pour­tant du même par­ti que lui. « Le seul nu­mé­ro qui l’in­té­resse est le 10 ! » – à sa­voir le 10 Dow­ning Street, la ré­si­dence of­fi­cielle du Pre­mier mi­nistre, à Londres – lui a­telle lan­cé à la fi­gure. ■

PHO­TO AFP

JE­RE­MY COR­BYN. Un eu­ros­cep­tique « his­to­rique ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.