Mo­ha­med Ali por­té par la foule

Le cor­billard trans­por­tant sa dé­pouille a été ac­cla­mé, hier, par des mil­liers et des mil­liers de per­sonnes

La Montagne (Brive) - - Jeux -

Mo­ha­med Ali a été in­hu­mé, hier, à Louis­ville (Etats-unis) où il est né avant de mettre le monde en­tier à ses pieds.

Après avoir élec­tri­sé les foules dans la touf­feur des tro­piques et fait connaître son nom de l’af­gha­nis­tan jus­qu’au Zaïre, Mo­ha­med Ali a re­joint, hier, le re­pos éter­nel d’un ci­me­tière amé­ri­cain, au terme d’un der­nier voyage sous les pro­jec­teurs. Le boxeur au pas de dan­seur et aux poings d’acier re­po­se­ra dans la ci­té où il est né, Louis­ville, au coeur d’un pays qui l’a vi­li­pen­dé ou ido­lâ­tré sui­vant les époques.

Ayant gran­di en pleine sé­gré­ga­tion ra­ciale dans une ville où des lieux pu­blics lui étaient in­ter­dits, c’est en im­pe­ra­tor qu’il y a fait son der­nier tour, em­prun­tant des rues bap­ti­sées de l’iden­ti­té qu’il s’est lui­même choi­sie en se conver­tis­sant à l’is­lam.

Dé­bu­tant à 9 h 30 (heure lo­cale), la pro­ces­sion en son hon­ neur, longue de 30 ki­lo­mètres, a ras­sem­blé sur les bords des axes rou­tiers des mil­liers d’ano­nymes, ve­nus d’aus­si loin que l’afrique ou l’asie.

Ils ont vu pas­ser dans un cor­ billard la dé­pouille de « The Grea­test », pour qui s’est dé­jà te­nue, jeu­di, une grande prière mu­sul­mane.

Le convoi fu­né­raire a pr is alors la di­rec­tion du ci­me­tière Cave Hill. Dans ce vaste es­pace de ver­dure est éga­le­ment en­ter­rée Pat­ty Hill, qui a écrit la mé­lo­die de Hap­py Bir­th­day to You, une chan­son connue dans le monde en­tier. Comme un der­nier clin d’oeil à l’uni­ver­sa­li­té du boxeur de légende. A un mo­ment de sa vie, Mo­ha­med Ali fut le vi­sage le plus im­mé­dia­te­ment re­con­nais­sable de la pla­nète.

Mar­ché noir

L’in­hu­ma­tion, en pré­sence des en­fants d’ali, a eu lieu dans l’in­ti­mi­té ab­so­lue. Le co­mé­dien Will Smith et l’an­cien cham­pion d u m o n d e d e b ox e L e n n ox Le­wis ont por­ter avec d’autres per­sonnes le cer­cueil.

Will Smith a joué Mo­ha­med Ali dans le film de Mi­chael Mann Ali (2001), un rôle qui lui avait va­lu une no­mi­na­tion à l’os­car du meilleur ac­teur. Hier ma­tin, il a été an­non­cé que Mike Ty­son, autre poids lourd qui a mar­qué la boxe, s’ajou­te­rait aux por­teurs.

Mais, au fait, qui a­t­on en­ter­ ré hier à Louis­ville ? Le pe­tit Cas­sius Clay, ré­vol­té par le vol de son vé­lo ? Le géant des rings, ter­ras­sant les poids lourds au fil de « com­bats du siècle » ? L’op­po­sant obs­ti­né à la guerre du Viet­nam ? L’in­sup­por­table pro­vo­ca­teur ex­hi­bant un go­rille en plas­tique pour se mo­quer de son ri­val Joe Fra­zier ? Le poète de la contre­cul­ture qui « vole comme le pa­pillon ( et) pique comme l’abeille » ? Le mi­li­tant at­ti­ré par la ra­di­ca­li­té ver­sion Mal­com X ? L’hu­ma­niste pa­ci­fique prô­nant la to­lé­rance re­li­gieuse ? Eh bien jus­te­ment, tout ce­la dans un même homme.

La tâche était lourde pour ceux qui ont eu la charge de pro­non­cer l’éloge fu­nèbre du per­son­nage, dans une ul­time cé­ré­mo­nie d’adieu. Par­mi eux, l’an­cien pré­sident Bill Clin­ton et le co­mé­dien Billy Cris­tal.

Dis­tri­bués gra­tui­te­ment, les 15.500 billets d’ac­cès à cet évé­ne­ment se sont en­vo­lés en une de­mi­heure, dé­ve­lop­pant même un dé­but de mar­ché noir. ■

PHO­TO AFP

LOUIS­VILLE. C’est toute une ville qui a ac­com­pa­gné, hier, Mo­ham­med Ali à sa der­nière de­meure.

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