Éric Gi­rard n’a qu’une pa­role

Té­moi­gnage poi­gnant

La Montagne (Brive) - - Sports Basket-ball -

Éric Gi­rard a sur­mon­té deux can­cers et dans son ou­vrage Je n’ai qu’une pa­role, l’en­traî­neur du Por­tel se met à nu pour ra­con­ter son par­cours et sa ba­taille contre la ma­la­die. Un livre fort et poi­gnant. Une le­çon de vie aus­si.

Ven­dre­di soir, le Chau­dron, la nou­velle salle du Por­tel, était en fu­sion. 4.000 sup­por­ters en transe cé­lé­braient la vic­toire de leur équipe contre Évreux, un suc­cès sy­no­nyme d’ac­ces­sion en Proa. Au mi­lieu de ce tu­multe in­des­crip­tible, de ce bon­heur bouillon­nant, Éric Gi­rard. À son ni­veau et sans doute plus que beau­coup, le coach por­te­lois, l’ar­chi­tecte de cette mon­tée dans l’élite, de­vait ap­pré­cier. Plus que qui­conque, l’en­traî­neur nor­diste pou­vait sa­vou­rer ce pur mo­ment de vie. Lui qui a frô­lé la mort.

Le Éric Gi­rard que l’on a connu à Li­moges entre avril 2009 et jan­vier 2011 n’existe plus. Cet homme sûr de lui jus­qu’aux fron­tières de l’ar­ro­gance a vé­cu. L’in­jus­tice de la ma­la­die qui frappe sans som­ma­tion a fait son oeuvre. Mais dans la plus fé­roce d’une concur­rence presque dé­loyale, l’ex­bas­ket­teur et en­traî­neur a fait preuve de qua­li­tés que l’on ne re­trouve que dans le do­maine où il a vé­cu et exis­té : le sport de haut ni­veau. Car il lui en a fal­lu de la com­ba­ti­vi­té, du cou­rage et un men­tal hors norme pour lut­ter, re­fu­ser l’im­pla­cable et la pré­ten­due loi du plus fort.

« 4 mois à vivre »

Tout a com­men­cé en dé­cembre 2011 avec une tu­meur d’une corde vo­cale. Il est sans club après avoir été re­mer­cié par le CSP en jan­vier de la même an­née. En 2012, il dé­barque au Por­tel et ter­mine la sai­son alors qu’il est dé­cla­ré en ré­mis­sion.

En fin d’an­née, c’est la ré­ci­dive. « Si vous res­tez ain­si vous avez quatre mois à vivre. » Le dis­cours mé­di­cal est sans conces­sion. Éric Gi­rard su­bit l’abla­tion du la­rynx et dit au re­voir à sa voix. Mo­men­ta­né­ment.

Ce par­cours, ces mo­ments d’abat­te­ment, de ré­volte, les doutes, la so­li­tude, le sou­tien, les opé­ra­tions, la ré­édu­ca­tion, l’ac­cep­ta­tion et le re­fus, Gi­rard dit tout. Pierre Bal­les­ter, le jour­na­liste qui a écrit le livre, l’a pous­sé dans ses re­tran­che­ments. Et mal­gré ses ré­ti­cences et sa pu­deur, il s’est li­vré. To­ta­le­ment. Le té­moi­gnage est fort car Gi­rard se met à nu comme ja­mais. Ça donne à cet ou­vrage toute sa force en dé­li­vrant aus­si un mes­sage d’es­poir : le cancer n’est pas tou­jours vain­queur. ■

COM­BAT. Éric Gi­rard a li­vré un ter­rible com­bat au cancer. Qu’il a rem­por­té.

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