Les mal­ai­mées du sys­tème sco­laire

Crées en 1985, elles de­meurent tou­jours trop mé­con­nues

La Montagne (Brive) - - Baccalauréat -

Les bac­ca­lau­réats pro­fes­sion­nels re­pré­sentent de la se­conde à la ter­mi­nale plus de 500.000 élèves en France et ex­pliquent la hausse du pour­cen­tage de ba­che­liers dans une classe d’âge.

Mais ces fi­lières souffrent de plu­sieurs maux. Le bac pro a été créé en 1985, avec une double fi­na­li­té : per­mettre une in­ser­tion pro­fes­sion­nelle dès ce di­plôme en poche, mais aus­si la pos­si­bi­li­té de pour­suivre des études.

De plus en plus de pour­suite en BTS

Si l’on s’ap­proche à pré­sent de l’ob­jec­tif de 80 % de ba­che­liers au sein d’une classe d’âge, c’est en rai­son de l’en­vo­lée des bacs pro. Cette an­née, ils sont en­vi­ron 170.000 can­di­dats à pas­ser les épreuves, ré­par­tis dans une cen­taine de spé­cia­li­tés.

Mais l’in­ser­tion pro­fes­sion­nelle après ce di­plôme reste peu sa­tis­fai­sante : 46 % des ba­che­liers pro sont au chô­mage sept mois plus tard et tou­jours 20 % trois ans après. Si cer­taines fi­lières s’en tirent bien (éner­gie, agri­cul­ture, res­tau­ra­tion…), d’autres, no­tam­ment dans le ter­tiaire (ges­tion et ad­mi­nis­tra­tion, vente, ser­vices à la per­sonne…), af­fichent des taux de chô­mage de 30 % trois ans après l’ob­ten­tion du bac si l’élève n’a pas pour­sui­vi en BTS. Pour­suivre en BTS, c’est le sou­hait crois­ sant des ba­che­liers pro, qui sont 35 % à s’y en­ga­ger.

Mais seuls 59 % par­viennent à dé­cro­cher ce di­plôme su­pé­rieur, contre 85 % des ba­che­liers gé­né­raux. Le Conseil d’éva­lua­tion du sys­tème sco­laire (Cnes­co) pré­co­nise donc un ac­com­pa­gne­ment in­di­vi­duel des ly­céens pro sou­hai­tant al­ler en BTS.

Offre plé­tho­rique

Autres re­com­man­da­tions du Cnes­co : mettre de l’ordre dans l’offre plé­tho­rique (une cen­taine de spé­cia­li­tés). D’au­tant que la ré­no­va­tion des for­ma­tions est beau­coup trop lente.

Der­nier pro­blème de ce bac pro mal ai­mé : la pé­nu­rie d’en­sei­gnants, peu mé­dia­ti­sée dans ces sec­teurs mais tout aus­si im­por­tante que dans les fi­lières gé­né­rales : 28 % des postes ou­verts à can­di­da­tures étaient non pour­vus en 2015, d’où un re­cours aux contrac­tuels. ■

PHOTO LE RÉ­VEIL DU VIVARAIS

FOR­MA­TION. Plus axée sur la pra­tique.

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