Un com­bat pour une so­cié­té in­clu­sive

Le congrès na­tio­nal de la Fé­dé­ra­tion des APA­JH au­ra lieu du 16 au 18 juin à Gué­ret

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour Limousin - Vir­gi­nie Mayet vir­gi­nie.mayet@cen­tre­france.com

Ch­ris­tian Elion, pré­sident de L’APA­JH 23, ex­plique comment la prise en charge des per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap a évo­lué de­puis qua­rante ans et pour­quoi une telle im­por­tance est ac­cor­dée à la laï­ci­té.

■ L’APA­JH (*) a choi­si d’adop­ter un texte sur la laï­ci­té. Pour­quoi ? Tout d’abord, nous sommes une as­so­cia­tion laïque et le re­ven­di­quons. En­suite, il est im­por­tant de choi­sir un thème fé­dé­ra­teur. Après avoir tra­vaillé sur l’ac­ces­si­bi­li­té uni­ver­selle, il nous a sem­blé es­sen­tiel d’abor­der la laï­ci­té car toutes les APA­JH ont pour vo­ca­tion de faire vivre nos va­leurs et la laï­ci­té en fait par­tie. Avec der­rière la no­tion de vivre en­semble.

■ Quelles sont ces va­leurs ? Il y en a trois prin­ci­pales : la ci­toyen­ne­té, la so­li­da­ri­té et la laï­ci­té. Des va­leurs qu’il faut as­so­cier aux prin­cipes ré­pu­bli­cains. Dans ce sens, notre rôle est aus­si de concou­rir à la ré­flexion et de se ma­ni­fes­ter quand ces va­leurs sont mises à mal ou at­ta­quées comme lors des at­ten­tats. J’ai même vu des jeunes de L’IME (Ins­ti­tut mé­di­co­édu­ca­tif) qui par­ti­ci­paient à une ma­ni­fes­ta­tion, à Gué­ret.

■ Pou­vez-vous ré­su­mer vos prin­ci­pales mis­sions ? Au quo­ti­dien, ce qui nous oc­cupe le plus est d’ap­por­ter des ré­ponses aux per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap. On prend en compte toute forme de han­di­cap : sen­so­riel, mo­teur, men­tal, psy­chique, du bé­bé jus­qu’à la fin de vie.

■ En par­lant de fin de vie, que pro­po­sez-vous aux per­sonnes han­di­ca­pées vieillis­santes ? Il existe un FAM, un foyer d’ac­cueil mé­di­ca­li­sé. Nous sommes en train de ter­mi­ner une ex­ten­sion. Huit places sup­plé­men­taires de­ vraient ou­vrir à l’au­tomne. Cette ex­ten­sion est le fruit de la vo­lon­té du conseil dé­par­te­men­tal de la Creuse de prendre en compte l’avan­cée en âge des per­sonnes han­di­ca­pées et d’ap­por­ter des ré­ponses adap­tées. Pour une per­sonne qui est ac­cueillie en foyer, il y a un mo­ment où c’est l’âge de la re­traite, entre 40 et 50 ans. Or, ils ne de­vraient pas al­ler en Eh­pad. Nous de­vons conce­voir un ac­cueil spé­cial pour eux. Les ac­com­pa­gner dans leur par­cours.

« Nous sommes pas­sés du concept d’in­té­gra­tion à ce­lui d’in­clu­sion »

■ La loi qui est en train d’être mise en place parle de par­cours sans rup­ture. Que va-t-elle chan­ger ? Beau­coup de choses. La ré­forme qui va être mise en place doit fa­ci­li­ter le par­cours de la per­sonne. On par­ti­ra dé­sor­mais de ses be­soins et ce se­ra aux pro­fes­sion­nels de s’adap­ter. Les pres­ta­tions en dé­cou­le­ront. Nous de­vrons faire évo­luer l’offre mé­di­co­so­ciale et ap­prendre à tra­vailler en ré­seau. C’est pour cette rai­son que nous sou­hai­tons plan­cher sur le fé­dé­ra­lisme.

■ C’est à dire ? Lors de ce congrès, nous al­lons adop­ter dix en­ga­ge­ments. Avec tou­jours un seul prin­cipe en toile de fond : avoir pour chaque per­sonne une ré­ponse cou­sue main.

■ Comment L’APA­JH a-t-elle évo­lué ? Au dé­part, nous avions des mi­li­tants ex­tra­or­di­naires qui étaient force de pro­po­si­tion. Ils se sont bat­tus pour ne pas lais­ser les en­fants han­di­ca­pés sans so­lu­tion, sans sco­la­ri­sa­tion. C’est une marque de notre as­so­cia­tion. Au­jourd’hui, nous nous ins­cri­vons dans une po­li­tique de mou­ve­ment d’ou­ver­ture des ins­ti­tu­tions vers l’ex­té­rieur, dans un contexte de re­trait de moyens de l’édu­ca­tion na­tio­nale. Nous sommes pas­sés du concept d’in­té­gra­tion à ce­lui d’in­clu­sion.

■ Comment dé­fi­nir l’in­clu­sion ? C’est lorsque la so­cié­té ac­com­pagne, se donne les moyens de faire vivre en son sein les per­sonnes at­teintes de han­di­cap en glis­sant vers l’ac­cep­tion uni­ver­selle. Pour l’ins­tant, c’est en­core à la per­sonne en si­tua­tion de han­di­cap de s’adap­ter.

■ Vous avez un exemple concret ? Les jeunes de L’IME de Gué­ret qui par­tagent des temps sco­laires dans les classes du centre­ville ou en­core au col­lège Mar­tinNa­daud. Nous me­nons un com­bat pour cette so­cié­té in­clu­sive.

■ Ce n’est pas ga­gné à en croire L’APF. Que pen­sez-vous de l’ac­ces­si­bi­li­té des lieux pu­blics ? Nous ne pre­nons pas en compte que le han­di­cap mo­teur. On pour­rait dire qu’il y a eu de sé­rieux pro­grès. Je pense no­tam­ment à cer­taines ad­mi­nis­tra­tions qui pro­posent une in­ter­pré­ta­tion en langue des signes. Plus le han­di­cap est im­por­tant, plus l’ac­cès au soin est dif­fi­cile car les soi­gnants ne sont pas tou­jours for­més. Nous si­gnons des conven­tions pour y re­mé­dier. L’hô­pi­tal de Gué­ret s’in­ves­tit pas mal. Nous avons le pro­jet de mettre en place un diag­nos­tic den­taire, par exemple : les spé­cia­listes se dé­pla­ce­raient à L’IME de Gran­cher. Nous sommes là en plein dans l’in­clu­sion.

■ (*) As­so­cia­tion pour adultes et jeunes han­di­ca­pés. La Fé­dé­ra­tion re­groupe 92 as­so­cia­tions dé­par­te­men­tales. Elle ac­com­pagne 32.000 per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap grâce à son ré­seau de 650 éta­blis­se­ments et ser­vices.

PHO­TO V. MAYET

CH­RIS­TIAN ELION. l’in­clu­sion. Avec son équipe, le pré­sident de L’APA­JH 23 se bat pour

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