Le mi­lieu de ter­rain N’go­lo Kan­té, « lit­tle big man »

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 -

Pen­dant long­temps, N’go­lo Kan­té est pas­sé in­aper­çu, mais son tra­vail de l’ombre est au­jourd’hui en pleine lu­mière, de Lei­ces­ter à l’équipe de France.

Ar­sène Wen­ger ne dit pas autre chose. « Il y a quelques gars comme ça dans le foot, quand tu les vois en 3e di­vi­sion, ils ne te pa­raissent pas spé­ciaux, mais plus le ni­veau monte, plus ils sont à l’aise », confie ain­si le coach d’ar­se­nal. Consul­tant pour Bein Sports, l’al­sa­cien a été im­pres­sion­né, comme tout le monde, par la per­for­mance du mi­lieu de ter­rain de 25 ans face aux Rou­mains en ou­ver­ture de l’eu­ro.

Kan­té est par­ti de loin. En six ans, il est pas­sé de la neu­vième di­vi­sion à l’équipe de France. C’est dire si la tra­jec­toire est unique, pour ce joueur au vi­sage de pou­pon et au mo­deste ga­ba­rit de 1,64 m. Mais son tem­pé­ra­ment de guer­rier sur un ter­rain lui a per­mis de fran­chir tou­jours plus vite les haies comme un hurd­ler.

« C’est tout à fait nor­mal qu’il joue en équipe de France. Il a des qua­li­tés énormes. Il sent le jeu et se met dans le sens du jeu. Il est tou­jours là où le jeu est, il vous vole le bal­lon », a ajou­té l’en­traî­neur des Gun­ners, qui a ob­ser­vé de près l’éclo­sion de Kan­té, cham­pion d’an­gle­terre sur­prise avec Lei­ces­ter en mai der­nier.

Son par­te­naire en Bleu, Blaise Ma­tui­di, a été tout aus­si élo­ gieux, hier : « Il s’adapte très vite, c’est in­croyable. Sa qua­li­té de ré­cu­pé­ra­tion, sa lec­ture du jeu, son sang­froid avec le bal­lon, son jeu simple et juste. C’est un bon gar­çon, on est content de l’avoir avec nous. J’es­père qu’il conti­nue­ra à être aus­si bon avec nous toute la com­pé­ti­tion. »

« Gé­né­ro­si­té »

Autre té­moin pri­vi­lé­gié, Mous­sa Sis­so­ko (New­castle) a lui as­su­ré ne « pas être bluf­fé » par les pres­ta­tions de Kan­té, pour l’avoir sui­vi en An­gle­terre. « J’ai été im­pres­sion­né par sa sai­son. Là il est dans la conti­nui­té de ce qu’il a fait avec Lei­ces­ter. Ca prouve qu’il gagne en ma­tu­ri­té, en confiance, qu’il se sent bien. Ce n’est pas fa­cile d’ar­ri­ver en équipe de France et de faire de telles per­for­mances. »

Face aux louanges, Kan­té ne scille pas. Son sou­rire reste le même et ne tra­hit au­cun sen­ti­ ment d’auto­sa­tis­fac­tion dé­me­su­ré. Au sor­tir de son pre­mier match dans un tour­noi ma­jeur, l’an­cien Caen­nais se bor­nait ain­si à ré­su­mer avec dis­tance sa per­for­mance d’un : « je fais le maxi­mum. Au­jourd’hui ça s’est bien pas­sé mais il faut conti­nuer ».

Tout semble na­tu­rel chez Kan­té, « fluide » di­sait même Di­dier Des­champs après l’avoir ti­tu­la­ri­sé pour la pre­mière fois en sen­ti­nelle contre l’ecosse en ami­cal (3­0). Dire qu’il a dé­jà qua­si­ment fait ou­blier l’ab­sence de Las­sa­na Diar­ra, pour­tant ju­gée si pré­ju­di­ciable dès que le joueur de L’OM avait dé­cla­ré for­fait le 31 mai...

An­cien spé­cia­liste de ce pos­te­clé, Claude Ma­ke­lele a ex­pli­qué dans L’equipe la rai­son pre­mière de la réus­site de Kan­té : « La qua­li­té pre­mière d’une sen­ti­nelle, c’est la gé­né­ro­si­té. Et ça, tout le monde a pu le voir, il l’a ». ■

RÉ­VÉ­LA­TION. N’go­lo Kan­té est pas­sé de la 9e di­vi­sion à l’équipe de France.

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