Le monde hor­ri­fié par le mas­sacre

L’at­ten­tat a dé­clen­ché une vague d’émo­tion et d’hom­mages dans le monde en­tier

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Les au­to­ri­tés américaines fouillaient, hier, le pas­sé d’omar Ma­teen, l’au­teur du pire at­ten­tat sur le sol amé­ri­cain de­puis le 11-Sep­tembre, pour son­der la réa­li­té de ses liens avec le groupe État is­la­mique qui a re­ven­di­qué la tue­rie.

La po­lice fé­dé­rale (FBI) a iden­ti­fié, dès di­manche, Omar Sed­dique Ma­teen, âgé de 29 ans et né à New York, comme l’au­teur de l’at­taque qui a frap­pé le Pulse, boîte de nuit ho­mo­sexuelle en vogue à Or­lan­do (Flo­ride). L’at­taque a fait 49 morts, plus le ti­reur, et 53 bles­sés.

Les équipes du FBI, outre une en­quête ap­pro­fon­die sur le lieu de la tue­rie, ont éga­le­ment dé­ployé d’im­por­tants moyens en ef­fec­tifs pour fouiller le pas­sé d’omar Ma­teen.

Se­lon CNN, le tueur s’était ren­du en 2011 et 2012 en Ara­bie saou­dite et aux Émi­rats arabes unis pour y ef­fec­tuer des pè­le­ri­nages re­li­gieux. Bien que le mas­sacre ait été re­ven­di­qué par le groupe État is­la­mique, Ba­rack Oba­ma a af­fir­mé, hier, qu’il n’exis­tait pas à ce stade de « preuves claires » que l’at­taque ait été com­man­di­tée de l’étran­ger. « Il semble, a­t­il ajou­té, que le ti­reur ait été ins­pi­ré par di­verses sources d’in­for­ma­tions ex­tré­mistes sur in­ter­net. » Le chef du FBI a ex­pri­mé la même convic­tion.

Ache­vés à même le sol

Le tueur, em­ployé dans une so­cié­té de sé­cu­ri­té, a at­ta­qué le Pulse vers 2 heures du ma­tin di­manche, avec un fu­sil d’as­saut et une arme de poing. Après avoir abat­tu plu­sieurs per­son­ nes, il s’est re­tran­ché dans les toi­lettes avec des otages et a ap­pe­lé les ser­vices d’ur­gence pour re­ven­di­quer son « al­lé­geance » au groupe État is­la­mique.

Un des bles­sés, An­gel Co­lon Jr, a dé­crit à son père un agres­seur maître de lui­même, qui a agi avec mé­thode. « Il pas­sait de­vant chaque per­sonne au sol et lui ti­rait des­sus, pour être sûr qu’elle était morte », a ex­pli­qué, à la sor­tie de l’hô­pi­tal Or­lan­do Re­gio­nal Me­di­cal Cen­ter, An­gel Co­lon.

Le dé­rou­le­ment n’est pas sans rap­pe­ler ce­lui de l’at­ten­tat du Ba­ta­clan, à Pa­ris, le 13 no­vembre 2015, avec une prise d’ota­ ges conclue par un as­saut.

« Quand la si­tua­tion a sem­blé sta­bi­li­sée et que le sus­pect s’était bar­ri­ca­dé dans les toi­lettes, nos né­go­cia­teurs lui ont par­lé et il n’y a pas eu de tirs à ce mo­ment­là », a ex­pli­qué, hier, le chef de la po­lice John Mi­na, en dé­cri­vant un as­saillant calme quand il par­lait au té­lé­phone avec les forces de l’ordre.

« Mais il y a eu des conver­sa­tions à propos de vestes ex­plo­sives, à propos d’ex­plo­sifs pla­cés par­tout, ain­si que des dé­cla­ra­tions sur d’autres morts im­mi­nentes. C’est pour­quoi j’ai pris la dé­ci­sion » de me­ner l’as­saut, a­t­il ajou­té. « On sa­vait que c’était la bonne dé­ci­sion et on es­time avoir pu sau­ver beau­coup, beau­coup de vies. »

In­ter­ro­gé pour sa­voir si des vic­times ont pu être at­teintes par les balles de la po­lice, Paul Mi­na a dit que c’était à l’en­quête de le dé­ter­mi­ner : « Huit ou neuf de nos agents du SWAT (les uni­tés d’élite) ont ou­vert le feu. Ils étaient contre un mur et on leur ti­rait des­sus », a pré­ci­sé le chef de la po­lice.

In­di­gna­tion

Cette fu­sillade, la pire de l’his­toire des États­unis, a dé­clen­ché une vague d’émo­tion et d’hom­mages à tra­vers le mon­ de. Les di­ri­geants de nom­breux pays ont ex­pri­mé leur « so­li­da­ri­té », cer­tains s’adres­sant no­tam­ment à la com­mu­nau­té LGBT. Le pape Fran­çois a ex­pri­mé son « exé­cra­tion » face à la « haine in­sen­sée » du ti­reur.

Les au­to­ri­tés ont com­men­cé à dif­fu­ser les noms des morts, au fur et à me­sure de leur iden­ti­fi­ca­tion et seule­ment lorsque les proches ont pu être pré­ve­nus. Par­mi les vic­times – âgées de 19 à 50 ans – de nom­breux noms à conso­nance his­pa­nique.

Po­li­ti­sa­tion

Le can­di­dat ré­pu­bli­cain à la Mai­son­blanche, Do­nald Trump, a, lui, ra­pi­de­ment sem­blé dé­ter­mi­né à ex­ploi­ter cet at­ten­tat pour se for­ger une image d’homme à poigne. Il a no­tam­ment es­ti­mé que l’at­ten­tat va­li­dait sa pro­po­si­tion d’in­ter­dire aux mu­sul­mans d’en­trer sur le ter­ri­toire amé­ri­cain.

Son op­po­sante dé­mo­crate Hilla­ry Clin­ton a de son cô­té es­ti­mé que les États­unis de­vaient « s’at­ta­quer à ce pro­blème de l’au­to­ra­di­ca­li­sa­tion », af­fir­mant que si elle est élue elle met­tra da­van­tage de moyens et crée­ra « une équipe dé­diée pour dé­tec­ter et pré­ve­nir les at­taques de loups so­li­taires ».

Le dé­bat s’orien­tait éga­le­ment sur le su­jet ré­cur­rent du contrôle de la cir­cu­la­tion des armes aux États­unis. Pour Ba­rack Oba­ma, cette at­taque est « un nou­veau rap­pel de la fa­ci­li­té avec la­quelle quel­qu’un peut ob­te­nir une arme qui lui per­met de ti­rer sur des gens dans une école, un lieu de culte, une salle de ci­né­ma ou une boîte de nuit ». ■

PHO­TO AFP

WELLINGON. Les Néo-zé­lan­dais ont ren­du hom­mage aux vic­times de la tue­rie d’or­lande.

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