Ma­teen : per­son­na­li­té confuse

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

L’amé­ri­cain d’ori­gine af­ghane, ré­vul­sé à la vue d’ho­mo­sexuels qui s’em­brassent et soup­çon­né d’avoir prê­té al­lé­geance au groupe État is­la­mique, est dé­crit par ses proches comme im­pul­sif et in­stable.

La po­lice fé­dé­rale l’avait in­ter­ro­gé à plu­sieurs re­prises, en 2013 et 2014, pour « d’éven­tuels liens avec des ter­ro­ristes ». Mais sans suite.

Sa fa­mille, elle, lui re­con­naît bien des tra­vers mais jure que son acte n’était en rien lié à la re­li­gion. Évo­quant un pas­sé mar­qué par les vio­lences conju­gales, son ex­com­pagne ne l’avait elle ja­mais en­ten­du sou­te­nir le ter­ro­risme.

Né à New York en 1986, le jeune homme dé­mé­nage par la suite avec sa fa­mille en Flo­ride, où il en­tre­prend des études de droit à l’uni­ver­si­té d’état In­dian Ri­ver.

En 2009, il se ma­rie à sa pre­mière femme, dont il di­vor­ce­ra en 2011. Il s’était re­ma­rié et était père d’un en­fant.

« Au dé­but, c’était quel­qu’un de nor­mal qui te­nait à sa fa­mille, ado­rait plai­san­ter. Ado­rait s’amu­ser. Mais quelques mois après que nous nous soyons ma­riés, j’ai vu qu’il était in­stable, bi­po­laire et qu’il s’éner­vait sans rai­son », a té­moi­gné son ex­femme, Si­to­ra Yu­su­fiy. Omar Sed­dique Ma­teen était mu­sul­man pra­ti­quant, se­lon elle mais as­sure ne l’avoir ja­mais en­ten­du faire l’apo­lo­gie du ter­ro­risme. « Il n’y avait ab­so­lu­ment au­cun signe » que ses amis soient des ra­di­caux lorsque le couple vi­vait à Fort Pierce, en Flo­ride, a­t­elle dit.

« Il vou­lait être po­li­cier alors il s’en­traî­nait avec ses amis qui étaient po­li­ciers et il avait un per­mis de port d’arme va­lide en Flo­ride », a­t­elle ajou­té.

Il a tra­vaillé comme gar­dien dans un éta­blis­se­ment pour dé­lin­quants ju­vé­niles, ce qui lui avait per­mis d’ob­te­nir le per­mis.

Son père, lui, plaide pour une ho­mo­pho­bie vis­cé­rale. « Nous étions dans le centre­ville de Mia­mi […]. Et il a vu deux hommes qui s’em­bras­saient de­vant les yeux de sa femme et son en­fant, et il est de­ve­nu très éner­vé », a confié Mir Sed­dique. « Ils s’em­bras­saient et se tou­chaient et il a dit : “Re­garde ça. De­vant mon fils, ils font ça” », a­t­il ajou­té. ■

AFP

TUEUR. Omar Sed­dique Ma­teen.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.