Un coup de barre li­bé­ral !

Le Sé­nat a en­ta­mé l’exa­men du texte qu’il veut re­ma­nier

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

À la veille d’une ma­ni­fes­ta­tion na­tio­nale contre le texte à Pa­ris, que la CGT pro­met « énorme », les sé­na­teurs ont en­tre­pris hier de li­bé­ra­li­ser le texte.

Les sé­na­teurs exa­mi­ne­ront jus­qu’au 24 juin le pro­jet de loi Tra­vail que le gou­ver­ne­ment avait fait adop­ter à l’as­sem­blée na­tio­nale via l’ar­ticle 49­3. Au Sé­nat, où cette arme consti­tu­tion­nelle ne peut pas être uti­li­sée, un vote so­len­nel est pro­gram­mé le 28 juin.

Le texte fe­ra en­suite l’ob­jet d’une com­mis­sion mixte pa­ri­taire As­sem­blée/sé­nat char­gée de trou­ver un ac­cord. En cas d’échec, at­ten­du, c’est l’as­sem­blée na­tio­nale qui au­ra le der­nier mot. Ma­nuel Valls y uti­li­se­ra très pro­ba­ble­ment à nou­veau le 49­3.

Prio­ri­tés de droite

Le Sé­nat va main­te­nir le prin­cipe contes­té d’in­ver­sion de la hié­rar­chie des normes, avec pri­mau­té de l’ac­cord d’en­tre­prise sur l’ac­cord de branche (ar­ticle 2) de­ve­nue le ca­ta­ly­seur des grèves et ma­ni­fes­ta­tions. Il veut éga­le­ment ré­ta­blir le pla­fon­ne­ment des in­dem­ni­tés de li­cen­cie­ment ou en­ core « faire sau­ter le ver­rou » des 35 heures.

Mo­bi­li­sa­tion na­tio­nale au­jourd’hui

À propos de la jour­née d’au­jourd’hui, le se­cré­taire gé­né­ral de la CGT, Phi­lippe Mar­ti­nez, a pré­ve­nu : à ceux qui « spé­culent » sur l’es­souf­fle­ment du mou­ve­ment so­cial, « nous al­lons faire la dé­mons­tra­tion » d’une mo­bi­li­sa­tion « comme nous n’en avons ja­mais connu » de­puis fé­vrier.

Le pré­fet de po­lice a dit at­tendre « plu­sieurs di­zaines de mil­liers de ma­ni­fes­tants, peut­être au­de­là de 50.000 ».

Phi­lippe Mar­ti­nez a aus­si ap­pe­lé le gou­ver­ne­ment à dis­cu­ter. « La po­si­tion de la CGT a évo­lué et c’est une bonne chose », a es­ti­mé la mi­nistre du Tra­vail, My­riam El Khom­ri. Rap­pe­lant qu’une ren­contre avec Phi­lippe Mar­ti­nez est pré­vue ven­dre­di, elle a ajou­té que « le préa­lable de la CGT était le re­trait du texte ». « Au­jourd’hui, ce n’est plus ce que dit Phi­lippe Mar­ti­nez, donc moi j’at­tends ven­dre­di. »

En plein Eu­ro de football, l’exé­cu­tif mise sur les dé­bats au Sé­nat pour faire bais­ser la ten­sion à gauche, voire res­ser­rer les rangs. Ma­nuel Valls dé­nonce une ré­écri­ture « ul­tra­li­bé­rale » du texte dans une « sur­en­chère » droi­tière, à dix mois de l’élec­tion pré­si­den­tielle.

Vieilles re­cettes

« La ver­sion adop­tée par la com­mis­sion des af­faires so­ciales du Sé­nat va nous of­frir l’op­por­tu­ni­té d’ex­po­ser avec la plus grande clar­té, de­vant les Fran­çais, deux concep­tions du monde du tra­vail et du dia­logue so­cial », a lan­cé dans l’hé­mi­cycle My­riam El Khom­ri.

Elle a aus­si ac­cu­sé la ma­jo­ri­té sé­na­to­riale d’avoir « re­je­té et lar­ge­ment rem­pla­cé » un pro­jet so­cial­dé­mo­crate mo­derne « par de vieilles re­cettes qu’à chaque dé­bat vous res­sor­tez sans les avoir néan­moins ja­mais pré­sen­tées lorsque vous étiez aux res­pon­sa­bi­li­tés ».

« Vous avez la ré­forme hon­teuse, nous avons la ré­forme re­ven­di­quée », lui a ré­pon­du l’un des co­rap­por­teurs, Jean­bap­tiste Le­moyne.

Fa­rouches op­po­sants au texte, les sé­na­teurs com­mu­nistes ont dé­po­sé 402 amen­de­ments sur un to­tal de 985, et deux mo­tions de re­jet. ■

PHO­TO AFP

MY­RIAM EL KHOM­RI. La mi­nistre a dé­non­cé les pos­tures de la droite se­lon qu’elle est ou pas au gou­ver­ne­ment.

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