Guai­no, le dou­zième can­di­dat

L’ex­conseiller de Sar­ko­zy veut in­car­ner le gaul­lisme

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Se re­ven­di­quant du « gaul­lisme », Hen­ri Guai­no a ajou­té, hier, son nom à la longue liste des can­di­dats à la pri­maire de la droite. Il a d’ores et dé­jà pré­ve­nu qu’il se pré­sen­te­rait di­rec­te­ment à la pré­si­den­tielle de 2017 s’il échouait à réunir les par­rai­nages.

« Ce n’est plus une pri­maire, c’est une équipe de foot », iro­ni­sait dès le 15 fé­vrier le pre­mier se­cré­taire du PS Jean­ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis face à la plé­thore de can­di­da­tures à la pri­maire de la droite. Mais avec une dou­zième can­di­da­ture dé­cla­rée, sans comp­ter celle plus que pro­bable de Ni­co­las Sar­ko­zy, l’ef­fec­tif se rap­proche dé­sor­mais d’une équipe de rugby.

À quelques jours du 76e anniversaire de l’ap­pel du 18 juin, Hen­ri Guai­no a donc an­non­cé sa par­ti­ci­pa­tion à cet exer­cice in­édit pour la droite fran­çaise (20­27 no­vembre) dont pa­ra­doxa­le­ment il est un ad­ver­saire achar­né. La pri­maire, craint­il, « va faire un hold­up sur l’élec­tion pré­si­den­tielle » dont nul gaul­liste or­tho­doxe ne sau­rait contes­ter la pri­mau­té. Rai­son pour la­ quelle Hen­ri Guai­no concour­ra di­rec­te­ment à l’échéance reine s’il échoue à réunir le sou­tien, no­tam­ment, des vingt par­le­men­taires re­quis pour la pri­maire.

Le gaul­lisme « dis­pa­ru »

Car sur le fond, « il manque sur l’échi­quier po­li­tique cette fa­mille qui s’ap­pe­lait le gaul­lisme », ex­plique l’an­cien conseiller de Phi­lippe Se­guin puis de Charles Pas­qua, qui ré­di­gea de nom­breux dis­cours pour Ni­co­las Sar­ko­zy dont il fut le conseiller spé­cial à l’ély­sée (2007­2012).

« L’UMP avait pour centre le mou­ve­ment gaul­liste et le mou­ve­ment gaul­liste a dis­pa­ru ». Et ce « grand vide se comble par les ex­trêmes », a ana­ly­sé ce pour­fen­deur du « ré­gime des par­tis », par­ti­san d’un re­tour de « l’ordre » et de l’état et guère convain­cu par les pro­grammes très li­bé­raux de ses concur­rents de la pri­maire.

Cette an­nonce sur­prise d’hen­ri Guai­no lui per­met aus­si de cou­per l’herbe sous le pied à Mi­chèle Al­liot­ma­rie, qui pense sé­rieu­se­ment à se pré­sen­ter à la pri­maire, elle aus­si au nom du gaul­lisme. Ni­co­las Sar­ko­zy pous­se­rait même cette can­di­da­ture de l’an­cienne pré­si­dente du RPR, dont l’ini­mi­tié avec Alain Jup­pé est no­toire. Une ini­mi­tié qu’elle par­tage d’ailleurs avec… Hen­ri Guai­no.

En at­ten­dant, douze can­di­dats veulent être sur la ligne de dé­part : les deux an­ciens Pre­miers mi­nistres Alain Jup­pé et Fran­çois Fillon mais aus­si Bru­no Le Maire, JeanF­ran­çois Co­pé, Na­tha­lie Kos­cius­ko­mo­ri­zet, Her­vé Ma­ri­ton, Na­dine Mo­ra­no, Fré­dé­ric Le­febvre, Geof­froy Di­dier, Jacques Myard et le chef du Par­ti ch­ré­tien­dé­mo­crate Jean­fré­dé­ric Pois­son.

La can­di­da­ture de Ni­co­las Sar­ko­zy ne fait guère de doute. Mais l’an­cien pré­sident, qui a pro­non­cé la se­maine der­nière un dis­cours très dense sur l’iden­ti­té et la « ty­ran­nie des mi­no­ri­tés », n’a pas l’in­ten­tion d’ac­cé­lé­rer son calendrier, con­trai­re­ment à ce que sou­hai­te­rait une par­tie de ses ri­vaux. ■

PHO­TO AFP

HEN­RI GUAI­NO. S’il n’ob­tient pas les par­rai­nages, il veut se pré­sen­ter di­rec­te­ment à la pré­si­den­tielle.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.