Mois­sannes : du sur­sis, des amendes, une re­laxe

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - C. Z.

Hier, le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Li­moges a ren­du son dé­li­bé­ré dans l’af­faire du centre édu­ca­tif fer­mé de Mois­sannes, où quatre édu­ca­teurs et le di­rec­teur étaient pour­sui­vis pour des vio­lences sur huit jeunes, de mai à juillet.

Le par­quet avait dé­ci­dé de pour­suivre sur cette pé­riode de trois mois qui cor­res­pond à la du­rée du stage de deux femmes, té­moins des faits in­cri­mi­nés, c’est­à­dire des gifles, des cris, des conten­tions, des en­traves. Leur rap­port avait conduit aux pour­suites pé­nales et à la fer­me­ture du centre en juillet.

Si le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique avait re­quis des peines as­sez im­por­tantes lors de l’au­dience du 13 mai, de six à dix­huit mois de pri­son avec sur­sis pour les édu­ca­teurs et de deux ans avec sur­sis pour le di­rec­teur, condam­nant fer­me­ment « la vio­lence éri­gée en sys­tème édu­ca­tif », le tri­bu­nal a fait preuve de plus de me­sure.

Il a no­tam­ment re­laxé la seule femme, pour­sui­vie pour une gifle sur un des mi­neurs, es­ti­mant son geste pro­por­tion­né par rap­port à l’agres­sion dont elle­même fai­sait l’ob­jet.

Deux des édu­ca­teurs ont été condam­nés à des peines d’amende avec sur­sis, à hau­teur de 800 eu­ros pour le pre­mier as­sor­ti d’une re­laxe des faits de vio­lences sur un mi­neur, et de 1.000 eu­ros pour le se­cond.

Le der­nier édu­ca­teur a quant à lui été condam­né à trois mois de pri­son avec sur­sis et à deux an­nées d’in­ter­dic­tion d’exer­cer une pro­fes­sion avec des mi­neurs. En­fin, le di­rec­teur, qui avait re­con­nu une grande fa­tigue et s’être lais­sé « dé­pas­ser », a éco­pé de six mois de pri­son avec sur­sis et d’une in­ter­dic­tion d’exer­cer une pro­fes­sion au­près de mi­neurs pen­dant trois ans.

Du cô­té des par­ties ci­viles, on se dit sou­la­gés que les vio­lences aient été re­con­nues. « Il était fon­da­men­tal que la règle de non­vio­lence sur les mi­neurs, y com­pris les mi­neurs dé­lin­quants, soit rap­pe­lée par la jus­tice », com­mente Me Ri­chard Dou­det, avo­cat de l’as­so­cia­tion Al­sea qui gé­rait le centre.

D’après nos in­for­ma­tions, le centre édu­ca­tif fer­mé de Mois­sannes de­vrait rou­vrir à l’au­tomne, avec une autre équipe. ■

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