« Le sys­tème fonc­tionne à flux ten­du »

Une pre­mière jour­née de dé­bats sur la pro­blé­ma­tique des eaux sou­ter­raines en Limousin

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Phi­lippe Roch

Vincent Mard­hel, di­rec­teur du Bu­reau de Re­cherches Géo­lo­giques et Mi­nières (*) du Limousin, évoque le cas par­ti­cu­lier de la ré­gion et les en­jeux lo­caux. ■ Qu’est-ce qui vous a pous­sé à or­ga­ni­ser cette pre­mière jour­née thé­ma­tique (voir ci-contre) ? C’est un moyen de com­prendre quels sont les at­tentes et les be­soins dans le do­maine de l’eau. Mais avant, cha­cun doit avoir une in­for­ma­tion sur l’état des sa­voirs car ce­la est très hé­té­ro­gène en Limousin. Nous nous adres­sons à tous les ac­teurs lo­caux du do­maine de l’eau : col­lec­ti­vi­tés lo­cales, ser­vices de l’état…

« Nos res­sources en eau ne sont pas im­por­tantes, voire faibles »

■ Quelle est la par­ti­cu­la­ri­té du Lmou­sin ? Cette ap­pa­rence d’un Limousin tout vert est as­sez trom­peuse car nos res­sources en eau ne sont pas im­por­tantes, voire faibles. Gros­so mo­do, nous avons des bas­sins de faible ca­pa­ci­té qui se rem­plissent très vite. C’est lié à la géo­lo­gie du sous­sol : 93 % du socle limousin est com­po­sé de roches cris­tal­lines (gra­nit, gneiss…).

■ Une sé­che­resse n’est donc pas à ex­clure cet été mal­gré les fortes pluies qui sont tom­bées ces der­niers jours… Ces pluies n’ont pas re­joint le mi­lieu sou­ter­rain car il est dé­jà sa­tu­ré. Néan­moins, il a long­temps été ac­quis dans l’es­prit des ac­teurs de l’eau du Limousin que, s’il pleut toutes les quatre se­maines, il n’y a pas de pro­blème. Et c’est vrai ! Notre sys­tème fonc­tionne à flux ten­du. Ain­si, 2015 a été une an­née ex­cep­tion­nelle avec une longue pé­riode de sé­che­resse au cours de la­quelle cer­taines ré­serves ont été to­tale­ ment vi­dan­gées.

■ Qu’en est-il de la qua­li­té de l’eau ? Elle est bonne car il y a peu de pres­sion pol­luante liée à l’épan­dage de ni­trates dans les champs. A contra­rio, l’eau du Limousin est très pure, voire trop pure car elle n’est pas as­sez mi­né­ra­li­sée. Il n’y a pas du tout de dan­ger sur le plan sa­ni­taire mais ce n’est pas dans les normes.

■ Quelles sont les ré­flexions me­nées en lien avec l’agri­cul­ture, un thème im­por­tant de cette jour­née ? Il existe des res­sources al­ter­na­tives pour abreu­ver les ani­maux. Par exemple, via des ré­ser­voirs aqui­fères qui étaient né­gli­gés jus­qu’ici, car de faible ca­pa­ci­té. Un ou­vrage qui va sor­tir 25 litres par heure, c’est un tout pe­tit dé­bit. Mais si vous en met­tez quatre, vous pou­vez abreu­ver un trou­peau de bo­vins de 70 têtes, donc ça de­vient un en­jeu ! À l’ave­nir, on va se di­ri­ger vers une ges­tion de plus en plus fine des usages. ■

(*) Co or­ga­ni­sa­teur avec le Pôle en­vi­ron­ne­ment Limousin.

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