« Plus qu’un match pour nous »

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 - Laurent Cal­mut Twit­ter : @lau­rent­cal­mut

L’im­por­tante com­mu­nau­té por­tu­gaise de l’ag­glo cler­mon­toise a mis les pe­tits plats dans les grands pour l’en­trée en lice du Por­tu­gal, hier soir. Ren­contres avant le coup d’en­voi, sur la route de Saint-étienne.

Ils sont par­tis en mi­lieu d’après­mi­di. Ma­quillés, ha­billés. Prêts pour la fête. De­puis Riom, à quelques ki­lo­mètres de Cler­mont­fer­rand, Nel­son a pris la route avec son père Er­nest, son oncle Joao, mais aus­si Da­vid et Va­len­tin, le frère et le cou­sin.

« Ils sont très fa­mille », sou­rit Mi­chel, le seul Fran­çais de la bande. Tel­le­ment fa­mille qu’ils n’ou­blient pas leur grand­père, Nel­son, dé­cé­dé il y a deux ans. « Il au­rait ai­mé vivre ça », sou­ligne son pe­tit­fils, qui porte fiè­re­ment le même pré­nom que son aïeul. « Il était Bré­si­lien, le foot c’était toute sa vie », évoque Er­nest.

Trois heures avant le coup d’en­voi de Por­tu­gal ­ Is­lande, les six sup­por­ters ori­gi­naires de Via­na do Cas­te­lo, dans le nord, font un ar­rêt sur l’aire de la Plaine du Fo­rez. Le stade Geof­froy­gui­chard n’est plus très loin, alors ils poussent la chan­son­nette. Ac­cor­déon et « râpe », pour un titre im­pro­vi­sé à la gloire de leur équipe. « En 2003, on était al­lé voir le match des U21, à Cler­mont. Il y avait dé­jà Cris­tia­no Ro­nal­do et Qua­res­ma. Cette fois, on ne pou­vait pas ra­ter une telle op­por­tu­ni­té. »

« On va tous pleu­rer pen­dant l’hymne »

La Se­lec­ção qui joue à une grosse heure de chez eux ? Im­man­quable. « On a nos places de­puis un mois, et on va es­sayer d’en avoir pour le match à Lyon (contre la Hon­grie, le 22 juin, ndlr), ex­plique Nel­son. Pour nous, c’est plus qu’un match de foot. Ça nous per­met de va­lo­ri­ser nos ra­cines. C’est quel­ que chose de convi­vial, et on va pou­voir re­pré­sen­ter notre pays ! »

Pour ça, ils se sont dé­jà pré­pa­rés pour le mo­ment fort de l’en­trée en lice des par­te­naires de Cris­tia­no Ro­nal­do. « Je suis sûr qu’on va tous pleu­rer pen­dant l’hymne na­tio­nal », ri­gole Va­len­tin. Er­nest, lui, sait que « A Por­tu­gue­sa » va lui « don­ner des fris­sons ».

Mi­chel chan­te­ra avec eux, comme San­dra, qui va vivre sa pre­mière dans un stade de foot. « Voir le Por­tu­gal, c’est la ce­rise sur le gâ­teau », ex­plique la de­moi­selle de Cé­ba­zat, ori­gi­naire éga­le­ment du nord du pays.

Sa­me­di pro­chain, elle a aus­si co­ché le deuxième ren­dez­vous de l’eu­ro, avec le match face à l’au­triche. La fa­mille, en­core : « Ce se­ra à la mai­son, il y au­ra pa­pa. J’ai même ache­té un maillot pour mon fils de 2 ans, Lean­dro ».

Ren­contre avec Bjar­ni

Hier, sur l’aire d’au­to­route, un homme est ve­nu sa­luer la joyeuse troupe. « Je suis Is­lan­dais, je peux vous fil­mer pen­dant que vous chan­tez ? » Un échange in­at­ten­du entre les Au­ver­gnats por­tu­gais et Bjar­ni, avant des « que le meilleur gagne » res­pec­tueux : « Je pense que vous al­lez l’em­por­ter, es­ti­mait alors l’homme du Nord. Mais nous fe­rons de notre mieux ». ■

FES­TIF. Sur l’aire de la Plaine du Fo­rez, sur l’a72, les Por­tu­gais par­tis de Riom ont mis l’am­biance tôt dans l’après-mi­di.

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