Des hoo­li­gans russes en garde à vue

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

La Rus­sie est dans le col­li­ma­teur : L’UEFA l’ex­clu­ra de l’eu­ro en cas de nou­vel in­ci­dent dans un stade et la jus­tice fran­çaise a pla­cé 43 de ses en­com­brants sup­por­ters en garde à vue hier après les vio­lences de ce week-end à Mar­seille.

Au­cun des hoo­li­gans russes en pre­mière ligne lors de rixes sur le Vieux­port n’avait été ar­rê­té sa­me­di. Mais, trois jours après, 43 sup­por­ters russes ont été pla­cés en garde à vue après un contrôle dans la ma­ti­née à Man­de­lieu­laNa­poule (Alpes­ma­ri­times). Ils y ré­si­daient après avoir as­sis­té à An­gle­ter­reRus­sie sa­me­di à Mar­seille, en marge du­quel ont eu lieu les af­fron­te­ments.

Tous se­ront en­ten­dus à Mar­seille et pour­ront être soit re­lâ­chés à l’is­sue de leur garde à vue, soit ex­pul­sés dans le cadre d’une pro­cé­dure ad­mi­nis­tra­tive, soit faire éven­tuel­le­ment l’ob­jet de pour­suites ju­di­ciaires. Le mi­nistre de l’in­té­rieur, Ber­nard Ca­ze­neuve, a évo­qué hier la né­ces­si­té d’« em­pê­cher ces hoo­li­gans de nuire ».

« Nous avons des in­dices suf­fi­sam­ment pré­cis sur la par­ti­ci­pa­tion d’au moins tante ins­tal­lée sur le lac. « Ça, c’était plu­tôt chiant comme à chaque fois qu’on vous filme. C’était plu­tôt em­mer­dant », raille l’agi­ta­teur non­cha­lant de la lit­té­ra­ture fran­çaise.

Pre­mière sur­prise et pas des moindres : n’en dé­plaise à cer­tains es­prits cha­grins, Mi­chel Houel­le­becq va bien ! « Il est éton­nam­ment en bonne san­té. Tout le monde sait qu’il ne mène pas une vie très saine », confie le doc­teur Per­schak à pro­pos de ce pa­tient hors norme qui re­con­naît fu­mer jus­qu’à quatre pa­quets de ci­ga­rettes par jour.

Pièce phare de la Bien­nale, Houel­le­becq dis­pose donc d’un sys­tème de dé­fense im­mu­ni­taire plu­tôt au point. Oui, mais et l’art dans tout ça ? À tra­vers ce nou­veau mode de com­mu­ni­ca­tion, l’écri­vain nous ra­conte quelque chose sur lui­même au­tre­ment que par des mots. Il uti­lise l’es­thé­tique de la médecine pour une ex­pé­ri­men­ta­tion toute houel­le­bec­quienne.

L’idée est née d’une ren­contre avec Ch­ris­tian Jan­kows­ki, ar­tiste et com­mis­saire de l’ex­po­si­tion. Après avoir es­sayé – en vain – de convaincre le Prix Gon­court d’écrire un texte pour le ca­ta­logue, il en­vi­sage de le faire par­ti­ci­per plus ac­ti­ve­ment, « en tant qu’ar­tiste ». Houel­le­becq fi­nit par ac­cep­ter en traî­nant les pieds : « For­cé­ment, voir son un cer­tain nombre d’entre eux aux vio­lences in­ac­cep­tables » sur­ve­nues à Mar­seille, a in­di­qué le pré­fet des Alpes­ma­ri­times.

La Rus­sie sanc­tion­née

Le contrôle, ef­fec­tué par la gen­dar­me­rie en co­or­di­na­tion avec la Di­vi­sion na­tio­nale de lutte contre le hoo­li­ga­nisme, n’a pas été sans en­combre : une tren­taine de sup­por­ters avait dans un pre­mier temps re­fu­sé de se sou­mettre aux contrôles et de des­cendre de leur car, ga­ré dans la cour de la ca­serne de gen­dar­me­rie de Man­de­lieu­la­na­poule, avant d’ob­tem­pé­rer.

Au­de­là de ces cas in­di­vi­duels, la Rus­sie, pays hôte du Mon­dial­2018, se trouve sous pres­sion à la veille de son pro­chain match, au­jourd’hui à Lille. L’UEFA, ins­tance su­prême du foot eu­ro­péen, a vou­lu frap­per un grand coup. La Rus­sie est consi­dé­rée comme sus­pen­due de la com­pé­ti­tion mais, en rai­son du sur­sis, peut conti­nuer à jouer. Elle se­ra en re­vanche dis­qua­li­fiée au moindre nou­vel in­ci­dent dans un stade im­pli­quant ses sup­por­ters à l’in­té­rieur d’une en­ceinte spor­tive. ■ corps comme ça, c’est tou­jours un peu dé­plai­sant ».

Pro­vo­ca­teur, scan­da­leux, la­co­nique, ex­cen­trique, mais aus­si fra­gile et écor­ché vif, Houel­le­becq dé­range et fas­cine. Plus d’un an après la po­lé­mique de Sou­mis­sion, le voi­ci ex­hi­bé, dé­cou­pé en mor­ceaux et pro­je­té sur les murs d’un musée suisse. Un pied de nez à la pos­té­ri­té.

La tête d’af­fiche de la Ma­ni­fes­ta sait à mer­veille en­dos­ser le rôle du « peintre de la vie mo­derne ». Pas­sé maître dans l’art de rendre compte des moeurs de son temps, des ten­sions his­to­riques, es­thé­tiques et so­ciales de l’es­pace qu’il tra­verse, l’au­teur montre mais ne dit pas. Plus contem­pla­teur que contemp­teur, l’homme du XIIIE ar­ron­diss­se­ment danse sur les ruines d’un monde à la dé­rive.

Houel­le­becq à Zu­rich, c’est l’art du réel. Au scal­pel. Sans fio­ri­tures. Ha­sard ou coïn­ci­dence, la Ma­ni­fes­ta se dé­roule cette an­née dans le ber­ceau du da­daïsme, un mou­ve­ment qui a re­mis en cause toutes les contraintes idéo­lo­giques, es­thé­tiques et po­li­tiques. Ir­res­pec­tueux et ex­tra­va­gants, les da­das af­fi­chaient un mé­pris to­tal en­vers les vieille­ries du pas­sé en pro­vo­quant et uti­li­sant de nou­veaux sup­ports. Houel­le­becq, le der­nier dada ?

PHOTO AFP

SUP­POR­TERS. À Nice, le centre de sur­veillance.

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