L’as­so­cia­tion d’aide à do­mi­cile en dif­fi­cul­té fi­nan­cière

Le dé­fi­cit de l’as­so­cia­tion cor­ré­zienne d’aide à do­mi­cile L’ADAPAC s’élève à plus de 622.000 € en 2015

La Montagne (Brive) - - La Une - Dra­gan Pé­ro­vic dra­gan.per­ovic@cen­tre­france.com

Après un dé­fi­cit de 622.000 € en 2015 et une baisse d’ac­ti­vi­té d’en­vi­ron 9 % par mois de­puis le 1er fé­vrier 2016, L’ADAPAC a de­man­dé au tri­bu­nal de Brive une pro­cé­dure de sau­ve­garde.

Sur le pa­pier tout le monde s’ac­corde à dire que l’aide à do­mi­cile re­pré­sente un sec­teur so­cial et éco­no­mique es­sen­tiel. Avec ses 545 em­plois, l’as­so­cia­tion ADAPAC est un de ses pi­liers en Cor­rèze. Elle a fait un bi­lan de son ac­ti­vi­té de l’an­née écou­lée, hier à Tulle.

En 2015, le Dé­par­te­ment qui est le prin­ci­pal fi­nan­ceur de l’as­so­cia­tion, ap­pli­quait la prise en charge du ta­rif ho­raire de 18,71, alors que le coût réel des pres­ta­tions de L’ADAPAC s’éle­vait à plus de 20 €. Avec 600.000 heures tra­vaillées en 2015, cet écart a eu comme consé­quence lo­gique pour l’as­so­cia­tion un dé­fi­cit de plus de 622.000 €. En 2014, elle avait dé­jà consta­té un trou dans la caisse de plus de 400.000 €.

De­puis le 1er fé­vrier, le Conseil dé­par­te­men­tal a dé­ci­dé d’aug­men­ter la prise en charge de l’al­lo­ca­tion per­son­nelle d’au­to­no­mie (APA) à 20 €, mais, la prise en charge d’in­té­gra­li­té de cette somme est ré­ser­vée aux bé­né­fi­ciaires du mi­ni­mum vieillesse. Pour les autres, « un ti­cket mo­dé­ra­teur ho­raire » de 5 € a été ins­tau­ré. De­puis, L’ADAPAC a en­re­gis­tré une baisse de 5.500 heures tra­vaillées par mois (­ 9 %) « Dé­jà, la ta­ri­fi­ca­tion ne cou­vrait pas les charges. Main­te­nant, on double l’ef­fet, on ac­cé­lère le mou­ve­ment avec cette baisse des heures », ré­sume sa di­rec­trice Virginie Abate.

Pro­cé­dure de sau­ve­garde

À L’ADAPAC, on a l’im­pres­sion d’as­su­mer un contexte éco­no­mique et un cadre ju­ri­dique, sur le­quel l’as­so­cia­tion n’a que très peu d’em­prise.

« Il faut que nos fi­nan­ceurs nous disent ce qu’ils veulent faire de nous, qu’ils nous donnent une ligne de conduite claire, ren­ché­rit Jean­marc Brut, pré­sident de l’as­so­cia­tion de­puis 13 ans. Nous avons de­man­dé la mise en place d’une me­sure de sau­ve­garde, avec ob­jec­tif de per­du­rer, mais, pas à n’im­porte quel prix. Le tri­bu­nal de Brive de­man­de­ra donc à nos fi­nan­ceurs de prendre une po­si­tion claire. Un ju­ge­ment nous per­met­tant d’être pla­cé en pro­cé­dure de sau­ve­garde (*), de­vrait in­ter­ve­nir d’ici un mois. »

« On n’est pas en ces­sa­ tion de paie­ments. On voit cette dé­marche comme une me­sure de pro­tec­tion. C’est l’oc­ca­sion d’ou­vrir le dé­bat plus sé­rieu­se­ment, » com­plète Virginie Abate.

Al­ler au bout de la lo­gique

« Cha­cun est face à ses res­pon­sa­bi­li­tés. Au­jourd’hui, dans notre sec­teur, les en­tre­prises pri­vées s’en sortent mieux que le monde as­so­cia­tif, constate Jean­marc Brut. Nous sommes l’un des plus gros em­ployeurs du dé­par­te­ment. Qu’on nous donne le droit de bé­né­fi­cier du cré­dit d’im­pôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’em­ploi (CICE), ou des aides à l’em­bauche et on se­ra à l’équi­libre. J’ai tou­jours pous­sé vers une pro­fes­sion­na­li­sa­tion du mé­tier d’aide à do­mi­cile. Au­jourd’hui, on a un cadre lé­gal et ad­mi­nis­tra­tif très strict, une conven­tion col­lec­tive fa­vo­rable aux sa­la­riés. Consé­quence : nos charges sa­la­riales aug­mentent mé­ca­ni­que­ment tous les ans, mais les fi­nan­ce­ments ne suivent pas. » ■

(*) Le but de cette pro­cé­dure est de per­mettre une ré­or­ga­ni­sa­tion de l’en­tre­prise et donc as­su­rer sa pé­ren­ni­té, l’em­ploi et le paie­ment des créan­ciers..

Une mis­sion d’ap­pui lan­cée par l’état La Cor­rèze a da­van­tage re­cours à un sec­teur de l’aide à do­mi­cile que les autres dé­par­te­ments et elle a un taux de per­sonnes âgées de plus de 60 ans, bé­né­fi­ciaires de L’APA, su­pé­rieur de plus de 25 % à ceux des autres dé­par­te­ments. Compte te­nu des dif­fi­cul­tés que le sec­teur d’aide à do­mi­cile ren­contre en Cor­rèze, le gou­ver­ne­ment a dé­ci­dé, en concer­ta­tion avec le Conseil dé­par­te­men­tal et les Fé­dé­ra­tions du sec­teur de lan­cer une mis­sion d’ap­pui. Son ob­jec­tif : trou­ver un mo­dèle adap­té, ef­fi­cient et pé­renne pour les ser­vices d’aide à do­mi­cile.

PHOTO D‘ILLUS­TRA­TION : F. SALESSE

IM­PACT. En 2015, L’ADAPAC a en­re­gis­tré un dé­fi­cit de 622.000 €.

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